Nanobiotix : une introduction en Bourse test pour la nanomédecine

La société parisienne Nanobiotix tente de s’introduire sur Nyse Euronext. Mais elle devra convaincre les investisseurs de l’efficacité de ses nanoparticules, censées démultiplier l’effet d’une radiothérapie.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Nanobiotix : une introduction en Bourse test pour la nanomédecine

Nanobiotix parviendra-t-il à convaincre les investisseurs du potentiel de la nanomédecine ? Cette jeune société parisienne ambitionne de faire son entrée sur Nyse Euronext le 23 octobre en levant 9 à 11 millions d’euros, avec un prix d’action compris entre 5,04 et 6,16 euros. Si elle y parvient, ce serait la démonstration que ses traitements en devenir - des nanoparticules destinées à amplifier l’effet de la radiothérapie contre les cancers - semblent viables.

Ce qui n’est pas gagné d’avance. Car si Nanobiotix estime que le marché mondial de la nanomédecine devrait atteindre 170 milliards de dollars en 2015 (contre 2,7 milliards en 2007 selon une étude du Leem), les industriels et fonds d’investissement étaient jusqu’alors assez frileux à se lancer sur ce segment (lire l'enquête réalisée par L'Usine Nouvelle en février 2011).

Lancer un premier produit en 2017

Cela n’a pas empêché Nanobiotix d’avancer vite. Cofondée en 2003 par Laurent Lévy à l’issue d’une thèse sur les nanosemi-conducteurs réalisée aux Etats-Unis, la société a déjà levé 27 millions d’euros auprès de capitaux-risqueurs. Et s’est trouvé cet été un partenaire industriel, le taiwainais PharmaEngine, pour financer le développement et la commercialisation de son premier produit en Asie-Pacifique, en échange de 57 millions de dollars.

Avec son introduction en Bourse, Nanobiotix espère pouvoir financer des essais chez l’homme, afin d’amener lui-même son produit sur le marché européen en 2017, où il bénéficie du statut avantageux de "dispositif médical". Mais il faudra trouver un partenaire pour les Etats-Unis, qui demanderont des études complémentaires pour ce traitement qu’elles considèrent comme un médicament.

Multiplier par neuf l’effet de la radiothérapie

La technologie du Français vise à limiter les doses de la radiothérapie, un traitement utilisé dans 50% à 60% des traitements de cancers qui permet de tuer les cellules cancéreuses par rayons X, mais peine à irradier une tumeur sans irradier partiellement les tissus sains environnants. Injectées dans la tumeur juste avant l’intervention, les nanoparticules de Nanobiotix joueraient le rôle d’amplificateur des rayons X, en multipliant localement par neuf la dose de radiothérapie dans la cellule.

"C’est simplement un phénomène de réfraction, assure le docteur Jean-Michel Vannetzel, membre du comité d'experts de Nanobiotix. L’agent physique qu’on injecte dans a cellule va agir comme un petit miroir, pour reproduire l’effet de la radiothérapie. On est dans un monde totalement différent du médicament, avec un nanomatériau inerte, qui n’interagit pas avec l’organisme et n’est pas toxique." L’entreprise a développé des processus chimiques pour faire fabriquer des nanocristaux "à des coûts acceptables" par un sous-traitant du Sud de la France. En quatre étapes : la synthèse des nanoparticules, le revêtement, le remplissage et la stérilisation.

La Bourse sera-t-elle à la hauteur des ambitions de Nanobiotix ? Alors qu’elle est encore loin d’être rentable, la société mise beaucoup sur le premier de ses trois produits en développement. Elle cible un million de patients entre les Etats-Unis, le Japon et cinq grands pays européens, et 2 millions en incluant les grands pays émergents, soit un "marché potentiel de plusieurs milliards de dollars pour les premières indications".

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes... Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS