N'oublions pas l'Afrique

La petite entreprise, moteur du continent

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L'économie africaine risque de stagner en 2003, pâtissant notamment des séquelles de la guerre en Irak. Le continent subit ce qui se passe ailleurs : déjà la guerre au Kosovo avait brutalement tari l'aide. Les Africains avaient alors compris que cette aide était précaire, toujours captée par d'autres en cas d'arbitrage. Pourtant, le développement économique et humain de l'Afrique reste un sujet brûlant. Le prochain sommet du G 8, en juin à Evian, y sera consacré via le Nepad (nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique), qui depuis 2001 propose une approche nouvelle des rapports Nord-Sud. Un de ses postulats est que le développement passera par le secteur privé. C'est une opportunité à saisir.Aujourd'hui coexistent en Afrique au moins trois secteurs privés : les filiales des multinationales, le secteur dit informel et des PME qui jouent le jeu de la légalité.
Ce troisième secteur est, comme partout, le plus porteur d'avenir : il respecte le droit et contribue durablement au développement, comme au Nord. Ce qui distingue ces entreprises n'est pas tant leur taille - beaucoup de filiales de grands groupes ont une taille de PME - que leur confrontation quotidienne au risque, de nature vitale, comme le vivent les PME du Nord. Il faut aujourd'hui favoriser cette initiative privée africaine, en profitant du nouveau contexte : une nouvelle génération d'entrepreneurs, nés après les Indépendances, dynamiques, compétents et intègres, a émergé dans presque toute l'Afrique. S'y ajoute la chance historique offerte par les nouvelles technologies internet et GSM, véritable révolution pour les entrepreneurs africains, pour leur accès à des partenaires, voisins ou étrangers.Inciter, par ailleurs, les entrepreneurs à rejoindre le secteur formel est urgent, la coercition n'y réussira pas : les conditionnalités d'accès aux marchés publics et à ceux des multinationales (Accor, Total ou Bolloré, notamment, ont de plus en plus pour leurs fournisseurs africains des exigences élevées en matière de droit social et fiscal ainsi que d'environnement) peuvent y contribuer, comme aussi le bénéfice de nouvelles modalités d'accompagnement.
Ainsi, Afrique Initiatives pratique un " capitalisme humanitaire "- capitaliste, car ses actionnaires sont des entreprises et son apport est du capital (pas du prêt, et encore moins des subventions) ; mais humanitaire, car le premier critère de décision est l'impact sur le développement humain. Afrique Initiatives appuie parfois d'autres formes de partenariat : ainsi, le compagnonnage, pratique ancestrale, inspire déjà des jumelages, " compagnonnages industriels ", entre PME du Nord et du Sud. Les deux parties y gagnent : elles partagent expériences, succès et échecs ; elles en tirent des innovations, parfois de nouveaux marchés. Entreprise et Développement fédère ce compagnonnage. De son côté, Afrique Formation et Participations relie des PME françaises à des homologues africaines, en capital notamment : de multiples voies existent, il n'y a plus qu'à les emprunter.
François Jay, directeur général d'Afrique Initiatives, société de capital-risque investissant dans les PME locales.

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