Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Mystères chinois

,

Publié le

Le rythme de la croissance ne cesse de flancher. À en juger par l'agitation de la banque centrale, l'affaire est sérieuse. Quelle est l'ampleur de cette « fatigue » ? C'est là le mystère.

Les entreprises citées

Sur les deux rives de l'Atlantique, la période estivale voit en général l'actualité économique s'assoupir. Pas en 2011. L'été avait été celui d'un accès de crise de l'euro et de la dégradation de la note souveraine américaine. Deux nouvelles qui préfiguraient le coup d'arrêt à une reprise alors en marche. En Chine, les congés d'été sont inconnus et cette période ne signifie rien sinon une chaleur étouffante à Shanghai ou à Canton. Cet été, pourtant, s'y annonce crucial et marqué d'un double mystère. Le premier tient à l'économie. Jusqu'au printemps, la Chine semblait échapper à la déprime mondiale. C'est fini. Les entreprises occidentales comme les autres regrettent le temps des bonnes affaires. Avec un bond du PIB de 8,1% au premier trimestre, la croissance y ravirait tout leader européen, mais son rythme ne cesse de flancher. À en juger par l'agitation de la banque centrale, l'affaire est sérieuse. Le 5 juillet, celle-ci a baissé ses taux de 0,25%. La deuxième fois en un mois ! Depuis Noël 2010, Pékin menait à l'inverse une politique monétaire restrictive. Sa priorité était de juguler l'inflation et la flambée immobilière. Désormais, c'est le ralentissement qui l'effraie. Quelle est l'ampleur de cette « fatigue » ? C'est là le mystère dans un pays où un haut responsable lâchât, un jour, à des diplomates, que les statistiques y étaient de « fabrication humaine ».

Le second mystère est, lui, politique. À Pékin se prépare un barnum : le 18e congrès du parti prévu en octobre. Cette assemblée pompeuse ne sera que la chambre d'enregistrement de tractations menées au sein de l'élite du parti. L'enjeu ? Le choix du futur comité permanent du bureau politique. De ce cénacle, qui détient la réalité du pouvoir, doivent notamment sortir les futurs Président et Premier ministre avant leur entrée en fonction en mars 2013. Jusqu'au printemps, l'affaire était entendue au moins pour ces deux postes promis dans l'ordre à Xi Jinping et Li Keqiang (le fan de statistiques, c'était lui). Cette transition vers la « cinquième génération » prévue pour durer dix ans devait s'exécuter avec le brio d'un exercice de calligraphie, mais a dérapé au printemps avec l'affaire Bo Xilai. La disgrâce de l'ex-homme fort de Chongqing a déstabilisé les équilibres à la tête du parti. De cette « boîte noire », on sait peu sinon que les luttes de clans personnelles ou idéologiques (modernistes contre conservateurs) y font rage. Avec pour enjeu la mue sociale, économique et aussi politique de l'Empire. La dernière grande vague de succession à Pékin remonte à 2002. La Chine était alors la sixième puissance mondiale, derrière la France. Elle est désormais la deuxième. Et ses mystères ne peuvent plus nous laisser indifférents.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle