Electronique

MWC 2011 : A la recherche du modèle économique des apps…

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Le Mobile World Congress 2011 de Barcelone n'est pas seulement envahi par les tablettes. Il l'est aussi par les « apps » mobiles, ces fameux petits programmes que l'on installe sur son portable. Reste, pour ceux qui les créent, à trouver le bon modèle économique.

MWC 2011 : A la recherche du modèle économique des apps… © Theo W L Jones - C.C.

« Aujourd'hui, les développeurs informatiques pensent d'abord mobile », affirmait hier soir Eric Schmidt, président exécutif de Google. Mais pourront-ils en vivre ? Combien coûte leur développement ? Leur portage sur différentes plates-formes ? Combien rapportent-elles ? Des questions que se pose encore la toute jeune mais très prolixe industrie du logiciel mobile, venue en force au salon de Barcelone. Applications gratuites, payantes, vente de produits au sein de l'application, publicité, financement par un constructeur ou un éditeur, vente de licences... A chaque développeur, son modèle économique. Un petit tour dans les allées du Mobile World Congress de Barcelone le confirme.

Gratuite, payante, ou subventionnée ?

Apple est absent du Mobile World Congress, comme de tous les autres salons d’ailleurs. Mais sur le stand Android, véritable cour de récréation au milieu duquel trône entre autres un toboggan, ils sont plusieurs dizaines à présenter leurs jeux, leurs magazines mobiles et autres applications originales. Le français Withings par exemple, expose un pèse-personne relié à un smartphone pour suivre sa courbe de poids. L'application est gratuite car l'entreprise se rémunère sur la vente de ses équipements matériels. Il propose également ses données à des sociétés partenaires qui les exploitent dans d'autres apps.

Chez Mobiata, Flightrack, qui suit en temps réel l'état des vols dans le monde entier, coute 4,99 dollars, et le tableau d'affichage des vols dans un aéroport est vendu 3,99 dollars. Rachetée par le voyagiste en ligne Expedia, la société américaine est numéro trois des applications payantes de ce type. Chez CNN, le modèle payant n'est pas encore à l'ordre du jour et un utilisateur peut même télécharger gratuitement vidéos et articles. Le géant de la télévision américaine a des apps pour iPhone, iPad, Android et bientôt pour Honeycomb (Android pour tablette). « Nous sommes rémunérés par la publicité, mais nous étudions tous les modèles, explique le responsable du développement mobile. L'app payante une fois, l'abonnement, la vente de produit dans l'app comme pour les jeux, etc. »

Certains peuvent aussi simplement développer pour autrui et vendre leur prestation. C'est le cas de MXData, qui conçoit des environnements de consultation du trafic routier pour des opérateurs de transport, par exemple. Enfin, Les plus aventureux, qui osent développer sur des plate-fromes émergentes, voire confidentielles, peuvent négocier leur audace comme l’a fait de KO Gmbh, qui édite des applications bureautiques sur Meego. Il est rémunéré directement par Intel, pour développer ses produits!

A télécharger ou déjà intégrée ?

Et puis, il y a ceux qui ont pensé à tout, comme Touchtype. Alex Nixon, développeur dans cette start-up anglaise, raconte. « Nous nous servons de notre application mobile de clavier intuitif, qui devine ce que vous allez taper, pour promouvoir notre technologie de langage de prédiction. C'est quasiment un outil marketing. » L'application Android rapporte 70% de ses ventes, le reste revenant à Google. La version payante à 2 dollars avec deux semaines d'essai gratuit a été téléchargée à 170 000 exemplaires (sur un total de 700 000 téléchargements). Mais Touchtype est aussi préchargé sur les smartphones d'INQ et devrait s'intégrer à l'offre de certains opérateurs télécoms. « De nombreux constructeurs de tablettes et de smartphones nous ont aussi contacté cette semaine », ajoute fièrement Alex Nixon.  Enfin, la jeune firme vend aussi sa technologie de langage de prédiction sous forme de licence à ceux qui souhaitent l'exploiter. « Elle est écrite en C++ et très facile à porter d'une plate-forme à l'autre. » Pas de clavier Touchtype pour iOS, néanmoins. Techniquement difficile, une telle modification est prohibée par Apple! Google, lui, a réclamé à la jeune pousse une version Honeycomb pour le lancement de l'OS au MWC...

A chaque OS ses développeurs

Par manque de recul, il est difficile de savoir combien coûte le développement d'une app, en particulier à destination de différents OS, différents smartphones, différentes tablettes. La plupart des développeurs réutilisent une partie de leur travail pour passer d'une plate-forme à l'autre, mais rarement le code. Chacun dispose d'équipes de développement distinctes pour Android, iOS, BlackberryOS, Windows Phone, etc.

Une mention spéciale à RIM et Google, dont le support technique personnalisé semble très apprécié. D'un smartphone à une tablette Android, pas de problème. L'OS est le même, seul la taille de l'écran change. Certains, comme l'équipe de développement de CNN ont néanmoins peaufiné des fonctions spécifiques pour la version pour la tablette Xoom de Motorola qu'ils préparent. «Xoom dispose d'une caméra, raconte le responsable de l'équipe de développement mobile de CNN. Aussi, nous avons créé un module qui permet à tous de tourner un petit sujet et de l'envoyer à la rédaction. » Seul Apple pose finalement  vraiment problème. « Pour passer de l'iPhone à l'iPad, il faut en revanche reprendre un développement spécifique », précise en revanche Michael Pardo, développeur Android chez Mobiata.

Reste à passer sous les fourches caudines des différents « app stores », ces magasins d'applications en ligne où l'utilisateur va faire son marché. Une formalité chez Google. La validation est quasi-immédiate. Le processus est ouvert et rapide. Revers de la médaille, la validation technique est à la charge du développeur même si les utilisateurs peuvent noter les apps. Chez Apple, il faut attendre. Entre deux jours et près de trois semaines parfois, de l'avis unanime. Une fois l'approbation reçue, le fonctionnement sur l'iPhone ou l'iPad est néanmoins garantie par les équipes du géant Californien.

Emmanuelle Delsol

 

PlayBook de RIM prêts pour les apps pro

Pour ses « apps pro », le britannique TotalMobile vient juste de plonger dans le monde du BlackBerry. Spécialisé dans le développement sur équipements mobiles pour entreprise, souvent durcis, Motorola et Intermec depuis les années 90, ce développeur met au point des systèmes de surveillance de bâtiment, de supervision de maintenance d'équipements, etc. « Nous avons rencontré les équipes techniques de RIM il y a neuf mois, raconte Iain MacLachlan, directeur du business développement pour le Royaume-Uni, et nous sommes là avec des applications pour le tout nouveau Playbook, qui sortiront début mai. »   La société dispose d'offres sur Windows Phone, Android et désormais Blackberry. Pas d'iPhone, ni d'iPad, peu réclamés par ses clients.

« Pour développer, nous faisons l'inverse des développeurs grand public, raconte Iain MacLachlan. Nous étudions les besoins du marché et nous regardons quel type d'applications doit être développé. Une fois que nous les avons écrites, elles sont plutôt statiques, contrairement à leurs homologues grand public, mais nous leur ajoutons régulièrement de nouvelles fonctions. »
TotalMobile vend ses applications en mode SaaS (une forme de location) et au travers d'un réseau de partenaires. Point besoin de passer par les « stores » (magasins d'applications en ligne) des éditeurs d'OS. « Nos distributeurs envoient un lien à nos clients vers le site de téléchargement du module client pour smartphone ou tablette. » Chez Google, on confirme qu'un développement interne à une entreprise peut être téléchargé directement par ce biais. Chez Apple, pas question.

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