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[Muses industrielles] La forteresse imprenable ou le roman de la naissance de la culture geek

Christophe Bys

Publié le

Premier roman de Jason Rekulak, un éditeur des Etats-Unis, La forteresse impossible relate les désarrois d'un adolescent passionné par le code informatique. Avec deux amis, il part à la recherche d'un Playboy révélant les charmes d'une starlette locale. Un roman drôle et tendre qui évoque sans nostalgie pleurnicharde les années 80, où coder était quasiment une forme de rebellion. Le roman n'a qu'un défaut : il est trop court. 

[Muses industrielles] La forteresse imprenable ou le roman de la naissance de la culture geek
Un Commodore 64
© Bill Bertram CC

Voilà un roman qui devrait convenir à un public de 17 à 97 ans. Que vous soyez un geek Y curieux de savoir comment c’était avant (avant Internet, quand un ordinateur personnel avait moins de mémoire que le dernier des smartphones actuels ou presque), que vous soyez un bientôt quiqua nostalgique des 80ies et de leur bon goût discutable, ou encore que vous soyez alors passé complètement à côté de la naissance de la culture geek, la forteresse impossible a tout pour vous plaire.

Des pieds nicklés et un Playboy

Car si le développement d’un jeu informatique sur un Commodore 64 est au coeur de l’intrigue (en cliquant ICI vous pourrez jouer au jeu évoqué dans le livre), le premier roman de Jason Rekulak est à la fois drôle, âpre et tendre, comme, seule l’est l’adolescence.

Soit un trio de garçons de 14 ans  dans les Etats-Unis de Reagan qui apprennent que la star locale fait la Une de Playboy (pour les plus jeunes qui liraient ces lignes, Playboy est ce qu’on appelait un magazine de charme qui faisait régulièrement des coups en publiant des photos de stars populaires, dans le roman il s’agit de la co présentatrice de la Roue de la Fortune. Pour bien comprendre, à l’époque il n’y avait pas de pornographie atteignable en trois clics) et qui veulent coûte que coûte se procurer le dit magazine. Billy, le narrateur du roman, et ses deux potes partent donc à la recherche de la meilleure stratégie pour récupérer le magazine que vend le peu aimable marchand de journaux local.

Le commodore 64,  madeleine de Proust de la génération Y

Parallèlement Billy s’amuse à coder dans son coin, une activité qu’à l’époque personne ne prend au sérieux, ni sa mère, ni le proviseur du collège. Il est vrai que son titre de gloire est d’avoir créé un jeu de poker déshabilleur virtuel qui chavire les hormones des jeunes pubères (quand on connaît la résolution graphique des écrans alors, on ose imaginer.. mais l’auteur est bon et offre une jolie image de ce que cela pouvait donner).

Adolescence, frustration sexuelle et plans bancals sont au programme des cousins américains de pieds nicklés. D’autant que l’amour va venir mettre le bazar dans cette situation de départ déjà peu stable. Bill (toujours lui) découvre lors d’une première tentative de vol du magazine convoité que la fille du marchand de journaux code elle aussi. Mieux, elle lui apprend la tenue prochaine d’une rencontre de développeurs où, Flechter Mulligan, la star des stars remettra le premier prix, un ordinateur avec une capacité de mémoire exceptionnelle pour l’époque.

Des rebondissements qui relancent l'intrigue

En bon romancier, Jason Rekulak réussit à mêler toutes ces intrigues, créant des revirements le plus souvent inattendus qui relancent l’intérêt pour le roman qui se dévore malheureusement trop vite. Entre les plans pour voler le magazine, la nécessité de trouver un moyen de bien coder la forteresse imprenable, le jeu de Bill qui doit apprendre le langage machine et les sentiments qui brouillent le peu de lucidité du narrateur, rien ne se passe comme on s’y attendait.

Plus fondamentalement, et comme le note la quatrième de couverture, qui, pour une fois, ne ment pas, ce roman est  une véritable “lettre d’amour aux années 1980, aux geeks et à tous les “inadaptés” de la terre”. Retrouvant l’énergie de l’adolescence, Jason Rekulak nous émeut et nous amuse et nous propose un voyage dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Celui où les jeunes  amateurs d’informatique étaient raillés par leur pair, où ce qu’on appellera plus tard la culture geek frémissait. C’est drôle, intelligent et sensible, que demander de plus ? Une adaptation en série ou en film ? 

 
 
 
 
La Forteresse impossible de Jason Rekulak (traduction Héloïse Esquié), Actes Sud
 
Sur le site de l'éditeur, on peut lire les premières pages de ce roman 

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