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L'Usine Aéro

[Muses industrielles] First Man, la conquête de la Lune entre danger et percée technologique

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Vidéo Comment un petit satellite observé aux jumelles est-il devenu un sol concret sous le pied de l'être humain ? Le premier pas sur la Lune, une date historique aujourd'hui mais surtout une aventure folle lorsqu'elle est menée dans les années 1960, quelques décennies après les premiers vols en avion. Sorti le 17 octobre, le film “First Man : Le Premier Homme sur la Lune” de Damien Chazelle retrace cette expédition à travers les yeux de Neil Armstrong. Un film plus contemporain qu'il n'y paraît sur le culte de la réussite.

[Muses industrielles] First Man, la conquête de la Lune entre danger et percée technologique
Sorti le 17 octobre, le film “First Man : Le Premier Homme sur la Lune” de Damien Chazelle retrace cette expédition à travers les yeux de Neil Armstrong.
© Copyright Universal Pictures International France

Le hasard fait bien des choses. Le mercredi 17 octobre, moins d’une semaine après la défaillance d’une fusée Soyouz et l'atterrissage en urgence de deux astronautes, le film “First Man : Le Premier Homme sur la Lune” est sorti en salles. Réalisé par le franco-américain Damien Chazelle, le long-métrage est une fidèle description de l’exploration spatiale, entre danger et percée technologique.

Le spectateur a beau connaître l’issue du film - le premier pas posé sur la Lune le 20 juillet 1969 - plus rien ne paraît certain lorsque First Man dépeint les débuts de la conquête spatiale. Interprété par Ryan Gosling, le taciturne Neil Armstrong (1930-2012) progresse lentement vers notre satellite à coup de tests hasardeux et de missions se soldant par des semi-échecs.

First Man se concentre ainsi sur trois missions. Il s’ouvre en 1962, avec un vol haletant à bord de l’avion fusée expérimental North American X-15. En 1966, Neil Armstrong et David Scott embarquent à bord de Gemini 8. Il s’agit du premier vol spatial pour Armstrong qui doit également réaliser pour la première fois l’amarrage de deux engins spatiaux, réussite nécessaire au bon déroulement de la future expédition lunaire. Bien évidemment, le film finit sur Apollo 11, conclusion en apothéose de ce parcours du combattant vers la Lune.

(Neil Armstrong en 1960, à côté de l’avion fusée expérimental North American X-15.)

L'histoire de sacrifices humains

Mâchoires serrées, mains plaquées contre les hublots, évanouissements… Le film décrit de façon saisissante ces premiers astronautes qui s’accrochent dans les accélérations et les rotations pour répondre à des questions de vie ou de mort.

First Man est aussi l’histoire de sacrifices humains. Le film débute par le décès de la fille de Neil Armstrong, à l’âge de deux ans. En 1966, Elliott See et Charlie Bassett perdent la vie en entraînement lors d’un accident d’avion. En 1967, trois autres astronautes, dont le charismatique Ed White (interprété par Jason Clarke), meurent dans un incendie à bord du vaisseau Apollo 1, lors d’une répétition au sol.

Même s’il est très fidèle, le long-métrage ne repose pas entièrement sur sa valeur de documentaire : les ellipses sont nombreuses, les explications font parfois défaut et une bonne partie est consacrée aux déboires familiaux du protagoniste. Il a l’avantage en revanche de se pencher sur la psychologie d’un Neil Armstrong endeuillé, peu avenant devant les journalistes voire incertain à la veille du décollage vers la Lune. En 2011, un an avant sa mort, il confiait d’ailleurs lors d’un entretien : “Je pensais que nous avions 90% de chances de retourner sains et saufs sur Terre à l'issue de ce vol mais seulement 50% de chances de nous poser”.

Armstrong se pose sur la Lune avec 20 secondes de carburant restant

Après Whiplash et la comédie musicale La La Land, le nouveau film de Damien Chazelle peut paraître un intrus. Il y a pourtant bien une ligne continue entre ses trois films : celle de personnages obsédés par le succès, poussés à bout et qui finissent par réussir avec une pointe d’amertume. Là-dessus, First Man a le mérite de ne pas verser dans l’odyssée américaine.

(En 1968, lors d'un entraînement, Neil Armstrong s'éjecte du Lunar Landing Research Vehicle pour échapper au crash. L'engin servait à simuler l'atterrissage sur la Lune. Crédit : NASA)

La scène sur la Lune n’en est pas moins magnifique. Après s’être posé sur l’astre avec 20 secondes de carburant restant, Neil Armstrong scrute la mer de la Tranquillité. Damien Chazelle assume de ne pas avoir filmé le fameux planter du drapeau américain au profit de l’escapade solitaire de l’astronaute au bord d’un cratère. Silence total, gros plans sur la poussière de Lune et la combinaison d’Armstrong. Le cinéphile dégustera ces longues minutes contemplatives dans l'espace.

(L'empreinte du pas sur la Lune de Buzz Aldrin, pilote du module lunaire lors de la mission Apollo 11. Crédit : NASA / Buzz Aldrin.)

Damien Chazelle, First Man : Le Premier Homme sur la Lune, 2018.

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