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[Muses industrielles] Célébration, ou le film chant du cygne d'Yves Saint Laurent

Christophe Bys

Publié le

Célébration est un documentaire tourné à la fin de la vie professionnelle d'Yves Saint Laurent. Le couturier et l'homme d'affaires, Pierre Bergé, font tourner la maison loin des bruits du monde. Par la qualité de sa mise en scène, le documentaire révèle la vie d'une maison au-delà des apparences. 

[Muses industrielles] Célébration, ou le film chant du cygne d'Yves Saint Laurent
Derrière l'artiste, l'homme d'affaires. Duo génial et couple toxique.
© Olivier Meyrou

A voir Célébration, le film d'Olivier Meyrou, la vie d'Yves Saint Laurent semble illustrer la célèbre formule de Madame de Staël "la gloire est le deuil éclatant du bonheur". Le réalisateur a eu accès aux coulisses de la maison durant plusieurs mois, alors que le célèbre créateur de mode semble de plus en plus absent à lui-même. Tourné avec l'accord de Pierre Bergé, la sortie du documentaire sera finalement retardée, avant que le tycoon français ne l'autorise avant sa mort. Ce que l'on voit sur l'écran durant une heure et demie est à proprement parler fascinant. D'abord parce que le cinéaste a visiblement eu le droit de tout filmer, mais aussi parce qu'il sait montrer et monter un film documentaire. 

Le bonheur des petites mains

Un Saint-Laurent crépusculaire aux allures de fantôme semble davantage hanter le film qu'autre chose. S'exprimant difficilement, donnant l'impression d'être en permanence en équilibre précaire, le couturier n'en cesse pas moins de passer du temps dans ses studios de création, toujours impeccablement habillé, une cigarette à la main dont la cendre s'allonge... A cet égard la scène d'ouverture, où, en gros plan, on voit une main dessiner une silhouette et caler en dit plus que des pages et des pages sur la création. 

Si tout cela tient, c'est vraisemblablement l'oeuvre de l'ex-amant associé, Pierre Bergé, toujours en coulisses, metteur en scène de la grandeur de la maison Saint Laurent, organisant les honneurs et veillant au fonctionnement quotidien. C'est aussi le travail de celles qu'on appelle les petites mains. Olivier Meyrou sait repérer des personnages et les deux anciennes ouvrières qui viennent revisiter les locaux de la maison de couture devenus déserts et égrenant leurs souvenirs offrent une respiration au film et un contrepoint humoristique salutaires. De même la scène où Pierre Bergé s'en prend à la financiarisation du secteur du luxe, soutenant une pétition de la CGT haute-couture, est un moment baroque.

La jeune fille et la mort 

Et puis il y a les oeuvres qu'on voit, ces robes du Maître, conservées comme les trésors qu'elles sont dans les sous-sols de la maison. Et les mannequins. Il faut avoir vu le regard d'Yves Saint Laurent s'allumer quand une de ses modèles adorés revient pour un défilé hommage. Ou voir le même s'enthousiasmer à l'arrivée d'une Laetitia Casta resplendissante. Entre le vieux Monsieur et la toute jeune fille existe une sorte d'amitié qui crève l'écran et fait disparaître les fantômes. La Casta est une bien jolie sorcière. 

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