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[Muses industrielles] 123 data à l'espace EDF, ou quand la data devient la glaise de l'artiste 2.0

Christophe Bys ,

Publié le , mis à jour le

L'espace Fondation EDF réunit une importante sélection d'oeuvres ayant pour point commun d'avoir pour matière première les datas et leur représentation. Qu'elles soient poétiques, surprenantes, éducatives ou encore amusantes, les pièces réunies par David Bihanic, le commissaire de l'exposition valent un détour du côté du VIIe arrondissement.  

[Muses industrielles] 123 data à l'espace EDF, ou quand la data devient la glaise de l'artiste 2.0
Les carrés rouges se meuvent grâce aux bras articulés et reproduisent en direct le mouvement d'une vague du Pacifique.
© photo C. BYS

La fondation EDF continue l’exploration des liens entre le monde numérique et la création artistique avec l’exposition 1 2 3 data, visible jusqu’au 6 octobre (*)(ne trainez pas trop car si vous vous y rendez, vous risquez d'avoir envie d'y retourner tant les contenus sont riches). Comme son nom l’indique il s’agit cette fois de mettre en avant des œuvres qui utilisent, d’une manière ou d’une autre, les datas comme matière première, pour les sublimer ou les transformer, ou pour donner à voir la représentation du monde que contiennent toutes ces données. Il faut féliciter le travail du commissaire de l’exposition David Bihanic, maître de conférences à Paris I, tant il a réussi à réunir des œuvres très différentes sur cette thématique, qui montre toute la richesse des créations autour des datas.

Nature réinterprétée

Dès l’entrée, vous devriez être fasciné par la sculpture "vivante" de l’américain David Bowen. Cet artiste a utilisé les données transmises en direct par une balise dans l’océan Pacifique, dont on ignore la localisation exacte, pour reproduire à des milliers de kilomètres de là, le mouvement de la vague. Réalise sous la forme d’un assemblage de carrés de plastique rouge animé par un moteur, l’œuvre dégage une poésie apaisante et renouvelle la réflexion sur le lien entre la carte et le territoire. Dans le même ordre d’idées, l’œuvre de Refik Anadol Wind of Istanbul, restitue l’ampleur et la direction des vents grâce à un logiciel.

Comme souvent dans ce lieu d’expositions, on trouve aussi de nombreuses œuvres avec lesquelles le public peut interagir. C’est sûrement un des aspects les plus passionnants des œuvres numériques que de transformer le rapport entre le public et l’œuvre, en donnant au visiteur la possibilité de participer à la création. C’est ce que propose l’œuvre du collectif espagnol Data Domestic Streamers, qui offre aux visiteurs de répondre à une sorte de QCM (questionnaire à choix multiples) en utilisant une ficelle de couleurs. A la fin de l’exposition, les différentes réponses produiront une sorte de tableau et révèlera quelques-uns des préférences des visiteurs. Idem avec l’installation plus importante techniquement qui propose de naviguer parmi les dizaines de milliers de photos de Paris présentes sur l’application Instagram. Vertige assuré devant les pages et les pages de photos de la Tour Eiffel, icône parfaite de la ville.

Le casino Las datas des données personnelles, fausse attraction révélant le business de la data, amusera petits et grands avec ses machines à sous alimentées par des jetons attribués selon le nombre d’informations que le visiteur voudra bien donner au croupier présent. Et comme dans le vrai monde numérique, le cadeau obtenu en cas de jackpot incitera chacun à se demander si le jeu en valait vraiment la chandelle. Toujours est-il que cette approche ludique de la question des données se révèlera peut-être plus efficace que les discours alarmistes tenus par certains. Humour toujours avec le travail d’artistes belges qui s’amusent à représenter des données de façon détournée, en utilisant produits alimentaires ou mini cercueils pour exposer les causes de décès les plus courantes.

La dataviz en vedette

Le premier étage de l’espace EDF offre une série de dataviz, illustrant tous les potentiels de l’exploitation intelligente des données. C’est très riche et rien que cet âge demanderait plusieurs heures pour qui voudrait s’y plonger complètement. On découvre ainsi une peinture murale résumant la manière dont les réseaux sociaux transforment les données en argent. Ou des ordinateurs sur lesquels on peut aussi bien consulter une mise en forme de multiples données : on y découvre aussi bien ce qu’ont fait des personnalités à un âge donné (le visiteur est invité à entrer son âge et à se comparer….) que le nombre d’arbres sur terre ou encore la situation des migrants. Tous ceux qui ont rêvé devant des atlas mettant en scène des données géographiques retrouveront ce plaisir.

Avant de repartir, n’oubliez pas de descendre au sous-sol, où vous trouverez notamment une étonnante installation d’un jeune artiste allemand, Kim Albrecht : Artificial Senses. Présenté sous la forme d’un quintet d’appareils mobiles, il visualise les échanges physiques entre les différents appareils. De cette façon, il révèle la façon dont nos smartphones perçoivent et voient le monde qui les entoure. "Objets inanimés avez-vous une âme" s’interrogeait le poète Lamartine. Près de deux siècles plus tard, on ose imaginer quel serait son étonnement s’il poussait la porte de l’espace EDF, à deux pas du Bon Marché.

 

(*) exposition 1 2 3 data du 4 mai au 6 octobre 2018 Fondation Groupe EDF 6 rue Récamier Paris VIIe, Entrée libre du mardi au dimanche de 12 h à  19 h (sauf jours fériés) 

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