Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Agro

Multiplicateurs de semences: l'agriculture qui monte, qui monte...

Franck Stassi ,

Publié le , mis à jour le 19/06/2015 À 16H14

Reportage La France est le premier producteur européen de semences. Pour le rester, elle impose à ses 18 000 agriculteurs-multiplicateurs de semences un grand nombre de règles. Ce qui ne les empêche pas d'être plus nombreux chaque année, à l'inverse de la tendance dans le secteur.

Multiplicateurs de semences: l'agriculture qui monte, qui monte...
Thomas Bourgeois, agriculteur à Léglantiers (Oise)

Assurer la qualité de la production et s’enquérir de la traçabilité de celle-ci, tels sont les deux objectifs fixés aux 18 000 agriculteurs-multiplicateurs de semences français. Leur production est régie par un règlement technique. Des contrôles sont notamment organisés par le Service officiel de contrôle et de certification (Soc), un organisme certificateur lié au Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) et chargé d’appliquer les règlements du ministère de l’Agriculture. La France est le premier producteur européen de semences.

"Les contrats passés avec les établissements producteurs de semences sont renvoyés au Gnis et sont suivis de la visite d’un inspecteur du Soc, qui effectue un contrôle dans les champs et récupère un échantillon", explique Thomas Bourgeois, exploitant à Léglantiers (Oise) et vice-président Céréales et protéagineux de la Fédération nationale des agriculteurs-multiplicateurs de semences. 40% de son exploitation, d’une superficie totale de 248 hectares, est allouée aux semences de blé, d’orge, d’avoine et de lin, dans le cadre de contrats annuels passés avec le semencier allemand Saaten Union. Les entreprises réalisent également des inspections.

Une activité plus contraignante que la culture de consommation...

La pureté variétale, la pureté spécifique des semences (notamment liée à l’absence de mauvaises herbes) et la qualité germinative de la production sont au cœur de ces contrôles. Sur le terrain, l’agriculteur-multiplicateur doit veiller à isoler ces cultures, ainsi qu’à la bonne conservation des grains. "La multiplication de semences est contraignante, dans la mesure où nous devons notamment disposer une bande de séparation d’au moins 10 mètres par rapport à la partie dédiée à la consommation. La largeur de cette bande peut progresser selon les espèces. De plus, nous ne pouvons pas, par exemple, faire suivre deux mêmes variétés de blé à un endroit donné", précise-t-il.

Un certificat officiel a pour objectif de tracer les semences dans l’ensemble de la filière. "L’étiquette du Soc est obligatoire sur chaque emballage", abonde Thomas Bourgeois, exemple à l’appui. La variété, l’origine, l’établissement producteur, la date d’échantillonnage, l’analyse de certification et le numéro de l’usine y figurent.

Au-delà de ces obligations, Thomas Bourgeois est soumis, dans le cadre de son activité semencière, aux mêmes contraintes que pour les cultures dédiées à la consommation : "toute la difficulté, c’est que le grain est vivant", rappelle-t-il. Il effectue donc, dans ses deux corps de ferme, un stockage à plat et ventilé, en essayant de faire descendre la température des tas par paliers. L’objectif est d’éviter la condensation. Dans les champs, il doit être vigilant quant à la fusariose et à l’ergot. "Il faut faire attention à la fusariose en fin de cycle, car elle peut entraver les capacités germinatives, qui sont contrôlées. Elle survient sous un temps humide et chaud, idéal pour le développement de la maladie", explique l’exploitant.

...mais aussi plus rémunératrice

Les contraintes liées à la multiplication de semences sont compensées par une prime comprise, dans le cas de Thomas Bourgeois, entre 40 et 60 euros selon les céréales : "c’est un choix intéressant pour un jeune qui souhaiterait s’installer". A rebours du nombre total d’agriculteurs (450 000 exploitants), le nombre d’agriculteurs-multiplicateurs progresse d’année en année (+7,5% entre 2010 et 2015). Les surfaces cultivées sont également orientées à la hausse (+20,7% sur les cinq dernières années en blé tendre ou +26,7% en orge, par exemple).

Franck Stassi

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Notre sélection : Les écoles d'ingénieurs, vivier préféré de l'industrie

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle