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Moteur à injection directe : PSA sort le " common rail " en grande série

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Pour développer son nouveau moteur à injection directe avec " common rail ", PSA a dû nouer un partenariat avec l'équipementier allemand Bosch, qui détient pour l'instant l'exclusivité de cette technologie.

La Citroën Xantia et la Peugeot 406 seront à nouveau en vedette au Mondial de l'automobile. Plus particulièrement leur tout nouveau moteur HDI à injection directe des versions diesel. Les deux berlines du groupe PSA sont en effet les premières françaises équipées du " common rail ", la technique à injection directe qui va devenir une référence dans ce segment. Pour en arriver là, en juin 1995, le constructeur a composé une équipe projet composée d'ingénieurs de PSA et de Bosch, avec un objectif : sortir les premiers moteurs en série à l'automne de 1998. PSA n'avait pas le choix, puisque l'équipementier allemand est en effet aujourd'hui le seul à maîtriser cette technique du " common rail ". Celle-ci, en intercalant un petit réservoir à pression entre la pompe et les injecteurs, permet d'élever les pressions d'injection (aux alentours de 1 500 bars, contre 900 à 1 200 bars pour les autres systèmes). D'où un meilleur dosage du carburant et une baisse du bruit du moteur. Bosch a, sur ce terrain au moins, deux ans d'avance sur Siemens Automotive et Lucas Varity, ses deux grands concurrents.


Devancé par Mercedes et Fiat

" Nous savions pertinemment que c'était ambitieux, puisque d'autres constructeurs annonçaient des lancements de cette technologie au même moment que nous, voire avant ", se souvient Daniel Marteau, directeur de projet " moteurs Diesel " chez PSA. Avec le risque que Bosch ne puisse pas fournir tout le monde. PSA, grand spécialiste du diesel, n'a ainsi pu éviter d'être devancé, fin 1997, par Mercedes, et surtout par Fiat, premier à commercialiser un common rail sur ses nouvelles Alfa 156. Mais ce n'est que justice pour l'italien, puisque ce sont des ingénieurs du groupe turinois qui avaient initialement mis au point ce procédé. Persuadée que cette innovation ne parviendrait pas à faire passer à ses moteurs les futures normes d'antipollution dictées par la Commission européenne, la direction de Fiat avait décidé de céder ses brevets à l'équipementier Bosch, laissant à un spécialiste le soin de poursuivre les recherches. La gestion électronique de ces nouveaux systèmes est si spécifique qu'elle échappe aux constructeurs et est devenue une affaire de spécialistes.

Objectif : 2 000 moteurs par jour pour l'été 1999

" Nous ne voulions pas forcément être les premiers à sortir ce moteur, mais que Bosch puisse nous fournir selon un plan de charge très ambitieux ", justifie aujourd'hui Daniel Marteau. Avec l'espoir d'éviter les délais de livraison auxquels a dû faire face le constructeur italien. Aujourd'hui, il semble que PSA soit en train de remporter son pari. A Trémery (Moselle), l'usine qui produit et assemble le fameux moteur HDI est en pleine surchauffe. Pas moins de 650 intérimaires ont déjà été embauchés pour des missions de trois à six mois, pour tenir le rythme de production annoncé, 400 moteurs par jour. " Pour l'instant, nous sommes dans les clous ", constate un salarié. Mais les objectifs sont ambitieux : 700 moteurs par jour à la fin de l'année, 1 600 en mars 1999 et 2 000 pour l'été. Car la concurrence est déjà là. Volkswagen, dont la production de véhicules diesel vient de rattraper celle de PSA, est aujourd'hui sur les talons du français, avec ses Golf et Audi Common rail. Le common rail, une innovation de plus que tout le monde veut aujourd'hui rapidement.

Les étapes :

- Début des années 90 :

Fiat vend ses brevets sur la technologie du " common rail " à l'équipementier allemand Bosch.

- Fin 1997 :

Début de commercialisation des premières Alfa Romeo 156 équipées, pour la première fois, d'un moteur à injection directe common rail.

- Fin 1998 :

Début de la commercialisation de la Peugeot 406 et de la Citroën Xantia.

Six histoires d'innovations

Une brillante idée qui musarde chez un constructeur avant d'émerger chez un équipementier, un concept qui attend le succès commercial pour être adopté par toutes les marques... Les innovations empruntent des chemins sinueux, avant d'atteindre le grand public. La naissance d'équipements, comme le régulateur de vitesse, ou d'une forme de vente différente, comme pour la Smart ; la propagation d'une architecture, comme celle du monospace ; la diffusion d'équipements, comme les ailes en plastique, le " common rail " ou les aides à la navigation... Des histoires qui illustrent les nouvelles règles du jeu entre équipementiers et constructeurs.
 

 

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