Moscovici tente de rassurer les chinois sur le nucléaire

Lors de son voyage en Chine qui s’est achevé le 8 janvier, le ministre français de l’Economie et des Finances a tenté d’apaiser les relations avec les autorités chinoises. Ces dernières n’ont pas apprécié le débat français sur les transferts de technologies nucléaires… transferts pourtant indispensables pour entrer sur ce marché.

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Moscovici tente de rassurer les chinois sur le nucléaire

Selon "Le Monde", le voyage en Chine que vient d’achever Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie et des Finances, n’a pas uniquement servi à vanter la compétitivité française pour attirer des investisseurs. Le ministre a aussi eu à cœur de rassurer les Chinois après le déchaînement médiatique dénonçant des transferts de technologies nucléaires d’EDF vers ses partenaires asiatiques. Les autorités chinoises ont peu goûté d’être soupçonnées de quasiment voler des technologies étrangères.

Pour mémoire, la France a ouvert deux enquêtes, l’une de l’Inspection générale des finances (IGF) et l’autre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), sur les relations franco-chinoises en matière de nucléaire civil. Les enquêteurs s’intéressent plus particulièrement à des négociations menées entre EDF et le chinois Guangdong Nuclear Power Corporation (CGNPC) en 2011.

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Elles auraient été en défaveur des intérêts français selon l’Agence des Participations de l’Etat (APE). François Barouin, dernier ministre de l’Economie de l’ère Sarkozy, avait d’ailleurs mis fin à ce pré-accord et avait exigé de reprendre les négociations en y intégrant Areva. En octobre 2012, EDF, CGNPC et Areva ont signé un accord pour construire un réacteur commun de 1 000 MW. Un projet qui inquiète les syndicats d’Areva alors que le constructeur français possède dans ses cartons un réacteur de même puissance, l’Atmea.

La Chine incontournable

La France veut protéger ses technologies mais le problème est que la Chine est incontournable pour le nucléaire français. Le premier marché mondial va construire 150 unités d’ici à 2035, soit 50 % de la capacité mondiale. La France, présente dans le pays depuis 1983, n’en est pas à son premier transfert de savoir-faire comme l’explique "L’Usine Nouvelle" dans son édition du 10 janvier 2013.

En 1995, la technologie de deuxième génération a été partagée avec les chinois pour construire ses CPR-1000. En 2007, le gain de la construction de deux réacteurs EPR à Taishan ne s’est pas fait sans dévoiler une partie de la technologie d’Areva. A terme, les Chinois construiront leurs réacteurs nucléaires seuls, de la même manière que leurs avions civils ou les trains à grande vitesse. D’ici là, il reste des marchés à conquérir dans l’ex-Empire du milieu. Or, selon les informations du "Monde", EDF affirme que le débat français ne favorise pas les intérêts commerciaux tricolores.

Au second plan de cette crise franco-chinoise se joue l’avenir du PDG d’EDF, Henri Proglio. Le précédent gouvernement avait nommé EDF "chef de file de l’équipe de France du nucléaire" afin de mettre fin à la guerre entre EDF et Areva. Le nouveau gouvernement n’est, quant à lui, pas disposé à laisser les coudées franches au patron d’EDF, dont le mandat doit se terminer fin 2014. Le nom de Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, est déjà annoncé mais ce dernier a démenti. Visiblement, rien n’est encore décidé. Selon "Le Monde", Henri Proglio aurait reçu des garanties de Matignon pour finir son mandat chez EDF.

Ludovic Dupin

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