Moscovici recadre Montebourg à propos d'éventuelles ventes des participations de l'Etat

Dans un entretien au Wall Street Journal le 5 avril, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait déclaré que le gouvernement réfléchissait à un changement des participations de l'Etat dans les grandes entreprises.

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Moscovici recadre Montebourg à propos d'éventuelles ventes des participations de l'Etat

Le ministère de l'Economie Pierre Moscovici a tempéré le 15 avril les déclarations d'Arnaud Montebourg sur d'éventuelles ventes de participations de l'Etat dans EDF et GDF Suez. Il a tout de même rappelé que des cessions visant à investir dans des entreprises à fort potentiel étaient possibles.

Evoquant sans les citer expressément EDF et GDF Suez, deux anciens monopoles publics dont l'Etat détient respectivement 84,4% et 36,7% du capital, le ministre du Redressement productif a notamment déclaré dimanche : "Dans certaines entreprises, on a par exemple 36% de participation. On peut passer à 33%, qu'est-ce que ça change ?"

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Interrogée sur ces déclarations, une source proche du ministre Pierre Moscovici a d'abord précisé que "la compétence en termes de gestion des actifs, de cessions, d'acquisitions est une compétence du ministre des Finances".

"Il ne faut pas tirer de la déclaration d'Arnaud Montebourg l'existence d'un plan de quelque nature que ce soit dans lequel l'Etat cèderait je ne sais quoi pour financer je ne sais quoi. C'est possible, mais il n'y a rien de particulier", a-t-elle ajouté.

La source a souligné qu'il n'y avait "pas d'interdit particulier" sur les cessions de participations en général "si l'Etat considère qu'il y a des actifs qui ne sont pas stratégiques qui peuvent être cédés et bien valorisés pour financer de façon avisée des investissements utiles pour l'économie".

Elle a ajouté que c'est exactement ce que l'Etat a fait en cédant 3,12% du capital de l'équipementier aéronautique Safran, notamment pour financer un renforcement des fonds propres de la Banque publique d'investissement (BPI).

Une autre source gouvernementale avait récemment déclaré qu'"il y a des choses qui ne sont pas indispensables de garder en patrimoine et des choses qui sont discutables, qu'il faut regarder parce qu'il y a un intérêt stratégique".

"Par exemple dans l'énergie, on est propriétaire très élevé. Même si nous vendons 1% ça ne changerait pas les choses", avait-elle ajouté.

RÉUNION le 16 avril AVEC GDF SUEZ

Le directeur général de la BPI, Nicolas Dufourcq, a déclaré à Reuters que "nous allons investir dans 1 000 entreprises cette année. Nous prévoyons d'investir 2 milliards d'euros en 2013".

Créée fin 2012, la BPI, dont l'Etat et la Caisse des dépôts sont actionnaires à 50%-50%, regroupe les dispositifs publics de financement et de garantie bancaires et ceux d'intervention en fonds propres dont le Fonds stratégique d'investissement (FSI).

Le portefeuille de participations du FSI a vocation à tourner pour que le produit des cessions puisse être réinvesti dans des entreprises à fort potentiel, a-t-on indiqué de source proche de la BPI.

Interrogée sur la nature de la rencontre prévue mardi matin entre le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et la ministre de l'Energie, Delphine Batho, la source proche du ministre de l'Economie a répondu : "C'est une réunion comme les ministres en tiennent avec tous les présidents dans grandes entreprises à participation publique."

"Ces réunions passent en revue l'ensemble des enjeux stratégiques des entreprises en question."

GDF Suez n'a pas souhaité s'exprimer sur l'ordre du jour de cette réunion.

Cette source a par ailleurs souligné qu'envisager des cessions de participations pour rétablir les finances publiques n'avait guère de sens puisque le produit des cessions ne pouvait être comptabilisé dans la réduction du déficit.

Aux cours actuels, l'Etat pourrait récupérer environ 3 milliards d'euros en vendant 10% d'EDF et 1,2 milliard en vendant 3% de GDF.

Vers 12h25, les actions EDF et GDF Suez gagnaient respectivement environ 0,6% et 0,2%, alors que des annonces de possibles cessions d'actions entraînent habituellement des baisses de cours.

"Avec un Etat à 75%, EDF continuerait d'être gérée de la même façon, avec les mêmes contraintes. La seule chose que ça change pour l'Etat, c'est qu'il recevra environ 180 millions d'euros de dividende en moins", a dit un analyste basé à Paris.

"A court terme, l'arbitrage est facile : il vaut mieux avoir 3 milliards que 180 millions. Mais le timing n'est pas forcément pertinent, d'autant que l'Etat est censé avoir une vision de long terme : avec 180 millions de dividende en moins par an, le produit de cession est atteint au bout de 16-17 ans... A l'échelle de l'Etat, c'est rien", a ajouté l'analyste.

(avec Reuters)

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