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Quotidien des Usines

Montceau sur les rails des engins mobiles

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Publié le

Enquête L’ancienne cité minière de Saône-et-Loire réinvente son industrie grâce à Mécateamcluster. Ce pôle d’activités est dédié à la rénovation, la maintenance et la construction d’engins mobiles.

Montceau sur les rails des engins mobiles

Les entreprises citées

15 millions

C’est, en euros, le chiffre d’affaires visé par Mécateam sur le marché de la rénovation et de la maintenance des engins ferroviaires (120 millions par an). Le cluster veut créer 150 emplois directs.
C’est un signe qui ne trompe pas ! Le Syndicat des entrepreneurs de travaux de voies ferrées de France (SETVF) apprécie dorénavant de réunir son conseil d’administration à Montceau-les-Mines. Cette ville de Saône-et-Loire accueille Mécateamcluster, une grappe de 60 entreprises et 70 adhérents, labellisée en janvier 2011, fédérée autour de la création d’une plate-forme de rénovation, de maintenance et de construction d’engins mobiles pour le rail, la route et les grands travaux. "Le cluster Mécateam offre une réponse claire sur ce marché de sous-traitance très éclaté et en manque de synergies", explique Philippe Achour, le responsable du département des marchés chez SNCF Infra. "En mutualisant les métiers que nous recherchons, la plate-forme de services apportera une solution globale pour éviter les empilages de marges d’une multitude de prestataires", précise son collègue Patrice Hautbois, à la tête du département engins et outillages de SNCF Infra et dont le parc compte 1 250 unités.

Avec le soutien des élus

Le programme d’investissements, en partie confié au maître d’œuvre lyonnais Babylone Avenue, spécialisé en architecture industrielle, associé à l’antenne viennoise de l’ingénieriste Ingérop, s’élève à 25 millions d’euros. Il porte sur la restructuration du site logistique ferroviaire et fluvial des Houillères, d’une superficie de 6,7 hectares avec 12 kilomètres de voies ferrées embranchées au réseau national. Trois bâtiments verront le jour à partir de juin 2014 : une double halle de maintenance, un atelier de peinture et un centre tertiaire avec bureaux à louer et institut de formation. Le premier, d’une surface de 7 000 mètres carrés, disposera de quatre voies ferrées, d’autant de ponts roulants de 20 tonnes chacun, et de fosses. L’atelier de peinture, d’une longueur de 300 mètres en légère déclivité, permettra d’accueillir des trains entiers. "Il s’agit de l’une des rares reconversions en France d’une ancienne industrie en une nouvelle", se félicite Jean-Claude Lagrange, le président de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau.

L’élu socialiste soutient depuis l’origine cette initiative portée par Didier Stainmesse, le directeur général du concepteur et constructeur d’engins mobiles Novium [lire ci-contre]. La collectivité territoriale alloue 7 millions d’euros, avec l’appui du conseil régional de Bourgogne (1,4 million) et de l’Union européenne (2 millions) pour réaliser les premiers aménagements. Jusqu’à 6,8 millions d’euros, au titre des investissements d’avenir, pourraient abonder cette enveloppe, le dossier étant éligible depuis plus d’un an.

Une fois mise en service, tout début 2015, la plate-forme sera gérée au niveau du foncier par une société d’économie mixte. Son exploitation reviendra à des entreprises, organisées par type d’activité et locataires des bâtiments. Indépendamment des savoir-faire en ingénierie ou en réalisation industrielle qui seront proposés aux constructeurs de voies ferrées, la grappe d’entreprises tient à son offre de formation. Depuis septembre 2012, quatre cursus bénéficient d’une coloration ferroviaire et la première promotion de 32 élèves, baptisée Eiffel, a été parrainée par Xavier Ouin, le directeur de la production industrielle chez SNCF Infra. Il s’agit du bac pro en maintenance des équipements industriels (maintenance des installations oléohydrauliques et pneumatiques), dispensée au lycée Théodore Monod de Blanzy, du BTS électronique du lycée Henri Parriat de Montceau-les-Mines et de la licence professionnelle mécatronique proposée à l’IUT du Creusot.

Une forte demande locale

La formation continue n’a pas été oubliée. Ainsi depuis mars, le centre de gestion des techniques d’ingénierie et de formation (GTIF) assure sur le site des stages et des sessions de perfectionnement aux métiers du ferroviaire.

Mécateamcluster, qui devrait rapidement trouver sa vitesse de croisière, ambitionne d’atteindre un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros et de créer 150 emplois directs. "Je n’ai aucun dépôt de maintenance embranché et, dès que la plate-forme sera opérationnelle, je lui confierai mes engins", assure Jean-Luc Trottin, le directeur d’Eiffage Rail, qui réalise un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros et compte 200 collaborateurs. "Nous travaillerons avec la plate-forme pour nos besoins en rénovation et en maintenance d’engins, mais j’attends le meilleur coût et la meilleure qualité", prévient Fabrice Blanc, le directeur du matériel, délégué aux travaux ferroviaires chez Eurovia Vinci dont le volant d’affaires atteint 400 millions d’euros dans le secteur ferroviaire et qui fait travailler 2 000 salariés avec 290 engins.

"Je suis plus qu’intéressé par ce point d’ancrage central car je collabore déjà avec des entreprises rattachées au cluster", confie pour sa part Jean-Paul Bouvot, conseiller du président de TSO (groupe NGE), qui réalise avec 800 personnes, un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros et dispose de 300 engins. Les industriels locaux concernés ne s’y trompent pas. Sur 470 rendez-vous d’affaires demandés lors de la convention d’affaires de Mécateamcluster, qui a eu lieu le 26 septembre à Montceau-les-Mines, seuls 342 ont pu être acceptés, faute d’espace et de temps. 

"Nous fonctionnons sur le modèle du partenariat"

Didier Stainmesse,président de Mécateamcluster, directeur général de Novium (groupe Inicia), qui compte 35 salariés et affiche un chiffre d’affaires de 6,5 millions d’euros

Comment est née l’idée de ce pôle sur les engins mobiles ?

Fils et petit-fils de mineur, j’aime ma région et je souhaite qu’elle se développe. Je connais très bien le marché des engins mobiles, car Novium est spécialisée dans ce domaine. Nous collaborons avec de nombreuses PME dont les compétences sont complémentaires dans le cadre d’un tel projet. Il suffisait de mettre en musique l’ensemble.

A-t-il été difficile d’obtenir les financements ?

Nous fonctionnons sur le modèle d’un partenariat public-privé. Élus, agence de développement et entreprises ont crédibilisé le projet auprès des donneurs d’ordres ferroviaires, puis nous nous sommes réparti les tâches pour le montage des dossiers juridiques et l’octroi de subventions. Michel Berthelier nous accompagne aussi comme consultant. Ce professeur et conseil en stratégie nous a permis de conclure un accord avec le pôle de compétitivité mondial I-Trans, implanté dans le Nord – Pas-de-Calais et spécialisé dans les transports terrestres durables et la logistique.

Quelles retombées attendez-vous ?

Outre la création d’emplois, nous devrions atteindre la centaine d’adhérents afin d’étoffer nos savoir-faire à la réalisation d’engins ferroviaires ou de travaux publics et de grands travaux d’infrastructures. 

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