Monique Elgrichi : "faire exister une marque marocaine dans le contexte d'une économie ouverte est très difficile"

Membre du jury de la 5ème édition des "Morocco Awards" qui s'est tenue à Rabat fin décembre, visant à promouvoir les marques marocaines, Monique Elgrichi directrice de l'agence de communication globale Mosaïk donne à L'Usine Nouvelle son sentiment sur la notion de marque au Maroc.

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Monique Elgrichi :
Monique Elgrichi, DG de l'agence de communication globale Mosaik

Les marques marocaines à l'honneur. La cinquième édition des "Morocco Awards", tenue à Rabat le 20 décembre visait comme les précédentes à promouvoir les marques marocaines. Pour cette manifestation suscitée voilà 5 ans par Ahmed Reda Chami, alors ministre de l'industrie et du commerce, le titulaire actuel du poste Moulay Hafid Elalamy présidait la cérémonie de remise de prix de l'édition 2013 (voir palmarès à la fin de cet article).

En écho à ces prix, L'Usine Nouvelle Maroc a demandé à Monique Elgrichi, membre du jury et directrice générale de l'agence en communication globale casablancaise Mosaïk son sentiment sur la prise en compte de la notion de marque par les entreprises au Maroc.

L'Usine Nouvelle : les Morocco Awards visent à promouvoir les marques marocaines. Ce concept de marque est-il suffisamment intégré aujourd'hui par les entreprises au Maroc?

Monique Elgrichi : Tout va très bien pour les grandes entreprises marocaines comme Inwi qui a été justement récompensé par le jury cette année. Cette marque rivalise avec les plus grandes en utilisant déjà les techniques de communication les plus récentes pour percer sur son marché. Mais à vrai dire pour la grande masse des entreprises marocaines, cela dépend beaucoup du profil de l'entrepreneur et de sa formation. C'est cette sensibilité qui détermine le fait pour un chef d'entreprise d'accepter d'investir dans le marketing et d'utiliser des moyens de communication comme la publicité pour vendre un produit ou un service. Souvent encore, il faut persuader que la marque est le plus grand capital qu'une entreprise puisse posséder.

L'Usine Nouvelle : Qu'avez-vous retenu de votre participation aux Morocco Awards en tant que membre du jury ?

Le jury a eu à donner son avis sur 64 candidatures. C'est déjà en soi un succès pour le marketing au Maroc. L'existence même de cette manifestation et la diversité des secteurs récompensés, de la literie avec Dolidol jusqu'au conserves de poissons avec Titus montrent bien que dans ce pays la notion de marque perce et qu'elle concerne tous les secteurs. Ecoutez, aujourd'hui, il est essentiel d'y avoir recours pour réussir sur un marché marocain très internationalisé reflet d'une économie ouverte. Avec leurs forces et leurs moyens financiers, les grandes marques internationales de type Coca-Cola, Samsung, Nike ou Zara dominent naturellement le marché.

Comment qualifierez-vous le marché de la communication de marque au Maroc aujourd'hui ?

Comme je l'ai précisé, au Maroc nous avons une économie où les grandes marques occidentales sont très présentes. Un pays est fort s'il a de belles marques. Mais faire exister une marque marocaine dans le contexte d'un marché ouvert reste extrêmement difficile, en dépit de quelques exemples positifs.

Pour s'imposer, il faut bien sûr avoir un bon produit mais aussi un bon positionnement marketing. Vous ne percerez pas en vendant du couscous ou de la farine en vrac. Votre produit doit avoir une valeur ajoutée certaine pour se faire remarquer. Quant au marché de la communication, l'existence de 850 agences au Maroc prouve l'existence d'un marché qui se développe en densité et diversité. Mais la concurrence est rude !

Propos recueillis par Nasser Djama

LE PALMARES DES MOROCCO AWARDS
Composé de 6 membres, le jury représentant aussi bien les pouvoirs publics, le secteur privé, le monde associatif que des indépendants a dû départager 64 marques dans les secteurs de la production, du commerce et des services pour attribuer 8 trophées. Le président du Jury était Amine Benkirane, patron de l'enseigne Kitea.

Trophée de la marque de fabrique : Dolidol (literie ameublement)

Trophée de la marque de commerce et distribution : Bigdil (distribution)

Trophée de la marque de service : Hmizate.ma (service de bons de réductions)

Prix du meilleur design de marque : Inwi (opérateur télécom)

Prix du meilleur design produit  : Myriam Mourabit (créatrice designer)

Prix de la marque de tradition : Zaman D'or (couscous et produits du terroir)

Prix OMPIC de la marque qui se développe à l'international : Titus (conserves de poisson)

Prix du public : Dolidol (literie ameublement)

 

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