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L'Usine Auto

[Mondial de l'Auto] La voiture électrique, c'est bon pour le CO2, moins pour les marges

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Publié le , mis à jour le 01/10/2018 À 07H35

Le Mondial de l'automobile, qui ouvre ses portes cette semaine à Paris, sera l'antichambre d'une vague sans précédent de modèles électrifiés, sur laquelle comptent surfer les constructeurs pour atteindre des objectifs de CO2 de plus en plus stricts mais qui grignoteront leurs marges.

[Mondial de l'Auto] La voiture électrique, c'est bon pour le CO2, moins pour les marges
Le Mondial de l'automobile ouvre ses portes mardi 2 octobre à Paris. /Photo d'archives Mondial 2014/REUTERS/Benoit Tessier
© Benoit Tessier

La 120e édition de la grand-messe de la Porte de Versailles, rebaptisée Paris Motor Show pour prendre des accents plus internationaux, ouvre ses portes à la presse mardi 2 octobre, et au public jeudi 4 octobre.

Renault ouvrira le bal dès lundi avec une soirée intitulée "La révolution électrique". Le groupe au losange, qui fait figure avec Nissan de précurseur pour cette technologie, lutte pour conserver son avance. Il compte doubler sa gamme actuelle de quatre véhicules d'ici 2022, afin de résister à l'offensive des autres constructeurs qui s'apprêtent à déployer une vaste offre électrique au cours des prochaines années.

PSA présentera la DS3 Crossback e-Tense 100% électrique et le concept-car Peugeot e-Legend, réinvention spectaculaire du célèbre coupé 504, mais là aussi en mode tout électrique. Les Allemands organisent quant à eux la contre-attaque face à Tesla, notamment avec la première présentation publique de l'imposant SUV électrique de Mercedes, l'EQC.

Seulement 1,2% des nouvelles immatriculations en 2018

L'électrique, qui n'a encore pesé que 1,2% des immatriculations de voitures neuves en France sur les huit premiers mois de 2018, ne permettra pas à lui seul de ramener à 95 grammes les émissions moyennes de CO2 en 2021, l'objectif fixé par l'Union européenne.

Les constructeurs déploient donc aussi des hybrides rechargeables, dotés d'un moteur électrique qui permet de prendre en ville le relais de la motorisation thermique.

Seront ainsi présentés le DS7 Crossback e-Tense, un concept car Citroën préfigurant la version hybride du C5 Aircross, ainsi que le très attendu Audi Q8 e-tron dans la famille des hybrides légers 48 volts, une technologie qui permet de ramener les émissions de CO2 de l'essence au niveau de celles du diesel, tombé en disgrâce.

"Il existe déjà des modèles électriques commercialisés, mais cette fois nous aurons en plus de l'hybride rechargeable qui entre dans sa phase de définition finale et qui va commencer à sortir en 2019 et 2020", souligne François Roudier, porte-parole du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). "Ces technologies ont quitté la direction technique pour entrer dans le marketing, et l'édition 2018 du Mondial marque à ce titre vraiment une rupture."

Plusieurs virages serrés à négocier

En coulisse toutefois, les dirigeants sont plus nerveux. Un véhicule électrique ou hybride reste aujourd'hui plus cher à produire que son équivalent thermique, et une accélération des volumes et des effets d'échelle sont indispensables pour que cette révolution devienne rentable. "La profitabilité de l'industrie va s'en trouver impactée, commente Rebecca Lindland, directrice senior chez Kelley Blue Book, une société de recherche sur l'automobile et de valorisation des véhicules. "Ce n'est pas la demande qui justifie les investissements, tout cela est une histoire de régulation."

Cette équation est d'autant plus délicate que les constructeurs doivent déjà négocier plusieurs virages en enfilade avec l'entrée en vigueur du WLTP - les nouvelles normes d'homologation plus strictes qui s'appliquent depuis le 1er septembre - et l'engouement croissant des automobilistes pour les SUV, alors que ces modèles émettent plus de CO2 qu'une berline à cause d'une silhouette moins aérodynamique.

Dans ce contexte, les constructeurs français militent auprès du gouvernement pour le maintien l'an prochain du bonus de 6.000 euros pour l'achat d'une voiture électrique, et l'introduction d'une prime pour les hybrides.

Sur huit mois, les modèles hybrides ont représenté 4,5% des immatriculations de voitures neuves dans l'Hexagone - mais seulement une niche de 0,64% pour les versions rechargeables - contre 54% pour les moteurs essence classiques, et 40,2% pour le diesel. "Aujourd'hui, l'essor du véhicule électrique - ou électrifié - ne peut se faire sans incitations financières fortes et durables", estime l'Observatoire Cetelem de l'automobile dans une étude publiée à quelques jours du Mondial.

Une fois les volumes au rendez-vous, les constructeurs pourraient en revanche toucher le jackpot, un moteur électrique nécessitant en effet jusqu'à 20 fois moins de pièces détachées qu'un moteur traditionnel. Eric Feunteun, directeur du programme véhicule électrique de Renault, a estimé récemment que ceux-ci pourraient peser jusqu'à 10% des ventes totales du groupe d'ici 2022.

Une cavalerie de 715 chevaux

Le Mondial de l'auto aura encore son lot de motorisations "classiques", logées dans des carrosseries de rêve: les visiteurs pourront admirer une Alpine A110 bodybuildée de plus de 300 chevaux, une sportive Ligier de 330 chevaux, ou encore mieux: 550 chevaux sous le capot de la version GTS du SUV Levante de Maserati, voire 715 chevaux pour la "brute en costume" d'Aston Martin, la DBS Superleggera.

Alors que la présence de l'automobile dans les centres-villes est de plus en plus controversée, le salon organise également une grande parade de véhicules anciens sur les Champs-Elysées pour retracer plus d'un siècle d'aventure automobile ... 15 jours seulement après la journée parisienne sans voitures.

Mais les organisateurs du plus gros salon du monde par la fréquentation - 1,7 million de visiteurs pour l'édition précédente - se disent conscients de l'enjeu.

Pour s'ouvrir à de nouveaux publics, le Mondial accueille dès lundi un cycle de conférences sur les grandes tendances et l'innovation dans le cadre du Mondial.tech, réplique miniature du CES de Las Vegas, le grand salon américain de l'innovation technologique pour l'électronique grand public.

Il héberge aussi, à côté du mondial de l'auto, le mondial de la moto et un mondial de la mobilité consacré aux nouveaux modes de déplacement et d'usage des véhicules.

"Nous sommes dans un schéma d'une société qui voit la mobilité différemment, d'une manière plus complexe, multi-modale", résume François Roudier, avant d'ajouter: "Avec quand même toujours l'automobile au centre."

Avec Reuters (Gilles Guillaume et Laurence Frost, Edité par Jean-Michel Bélot)

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2 commentaires

Nom profil

09/10/2018 - 10h26 -

tout à fait d´accord avec le commentaire précèdent. Le lynchage du diesel a été tellement efficace que plus personne ne nous parle de la pollution aux particules émise par la biomasse (chaudières, cheminées…) , le transport maritime , ferroviaire, travaux publiques qui sont à moitié, voire responsable des 3/4 des émissions dans certaines régions.
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Nom profil

02/10/2018 - 13h55 -

La voiture électrique est un bel attrape-nigaud: certes elle produit moins de CO2 là où elle utilisée. En revanche, ce qu'on ne cesse de dire et que personne ne veut entendre, c'est qu'avant même ses premiers tours de roues (sortie de fabrication), elle a déjà pollué comme une voiture essence (ou même diesel) qui a roulé 120000 à 140000 km... La faute à la fabrication de la batterie qui émet beaucoup de GES et de polluants qui touchent les sols et les eaux. Bis repetita avec le recyclage qui s'avère être lui aussi nettement moins vertueux pour l'environnement que tout ce qui tourne autour du véhicule thermique. Finalement, on déplace un problème de chez nous vers les autres, là où les batteries sont produites et démantelées. Drôle de façon de laver plus blanc que blanc...
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