Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Auto

[Mondial de l’Auto] Les stratégies électriques de Renault et PSA pour faire baisser leurs émissions de CO2

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Analyse Les deux constructeurs français Renault et PSA  privilégient des technologies différentes, l'hybride ou le 100% électrique, pour faire baisser les émissions de CO2 de leurs flottes. 

[Mondial de l’Auto] Les stratégies électriques de Renault et PSA pour faire baisser leurs émissions de CO2
PSA comme Renault misent sur l'hybride pour satisfaire les futures exigences de réduction d'émissions de leurs flottes.
© Mondial de l'auto

Au Mondial de l’Automobile – qui a ouvert ses portes au public ce jeudi 4 octobre – leurs stands se font face : Renault d’un côté, et les marques Peugeot, DS et Citroën de l’autre. L’occasion pour les deux constructeurs automobiles français de rappeler leurs visions respectives du chemin à prendre pour répondre aux objectifs de réduction des émissions polluantes.

Et ce, alors que le calendrier se fait sans cesse plus pressant. Par le biais d’un vote organisé le 3 octobre, le Parlement européen a confirmé qu’il souhaitait parvenir à une réduction de 40% des émissions de CO2 d’ici 2030. Un coup dur pour l’industrie automobile, même si les négociations doivent encore s’ouvrir avec le Conseil de l’Union européenne le 10 octobre. Via l’Association européenne des constructeurs d’automobiles (ACEA), les fabricants plaident en effet pour un objectif moindre, autour d’une vingtaine de pourcents.

Interrogé au Mondial sur cette évolution à attendre des règles, le président du directoire du groupe PSA, Carlos Tavares, s’est félicité le 2 octobre du "soutien du gouvernement allemand à la proposition de la Commission européenne". Celle-ci vise certes à atteindre une baisse de "30%, mais la position est responsable et non démagogique", a assené le patron du groupe français, qui assure actuellement la présidence tournante de l’ACEA. Et de s’inquiéter en particulier du risque d’une "mobilité non-abordable" compte tenu des investissements requis pour électrifier les véhicules.

Renault se met à l’hybride

Car si une chose ne fait guère plus de doute, c’est que l’électrique apparaît comme incontournable pour continuer à vendre des véhicules en Europe – et dans d’autres régions très offensives sur les questions de pollution… comme la Chine. "La révolution électrique a déjà eu lieu, quand nous avons lancé nos premiers véhicules il y a une dizaine d’années", a d’ailleurs lancé crânement Carlos Ghosn, le PDG de Renault, lors d’une conférence le 1er octobre en amont du Mondial.

Surfant sur son implication précoce dans le véhicule 100% électrique, Renault a présenté un nouveau modèle en marge du salon, baptisé K-ZE, et destiné au marché chinois. Le véhicule est doté des technologies existantes chez Renault, et repose sur la plateforme spécifiquement électrique développée à l’échelle de l’Alliance avec Nissan – et désormais Mistubishi. Mais surtout, le constructeur au Losange a profité de l’événement pour annoncer un revirement vis-à-vis de la technologie hybride, un créneau sur lequel il est absent. Plus pour longtemps, puisque le constructeur va décliner dès 2020 sa Clio en hybride et Captur et Mégane en version hybride-rechargeable.

Dans ce cadre, Renault a développé une solution qui lui permet de réduire l’espace nécessaire à l’hybridation en regroupant ses deux machines électriques et son moteur thermique à l’avant. Pour sa Clio, le constructeur attend des gains sur les émissions de l’ordre de "40% en cycle urbain et aux alentours d’une vingtaine de pourcents en mode périurbain", souligne un ingénieur.

PSA veut électrifier 100% de sa gamme d’ici 2025

L’hybride, c’est la solution privilégiée par PSA, qui devrait proposer dans un deuxième temps seulement des voitures fonctionnant uniquement sur batteries – les Peugeot iOn et Citroën C-Zéro étant des Mitsubishi rebadgées. "L’hybride rechargeable permet un usage quasiment idéal. Il est possible de réaliser ses domiciles domicile travail en pur électrique et le consommateur n’est pas limité pour effectuer des trajets plus longs", défend Gilles Le Borgne, directeur qualité et ingénierie de PSA.

A la différence de Renault, le groupe au Lion compte sur la modularité de ses deux plateformes, CMP et EMP2, capables de recevoir différentes motorisations, pour atteindre ses objectifs d’une gamme 100% électrifiée d’ici 2025. Gilles Le Borgne précise que les composants pour moteurs électriques devraient être dans un premier temps achetés Continental et assemblés sur le site de Trémery". La coentreprise entre le constructeur et l’entreprise Nidec devrait prendre le pas à partir de 2022.

La DS3 Crossback devrait être la première voiture 100% électrique chez PSA. Une technologie face à laquelle Carlos Tavares fait montre de prudence: "Nous croyons à l’électrique puisque cela nous a été demandé", a lancé, acerbe, le responsable lors d’une conférence de presse du 2 octobre. "Il s’agit d’une très bonne technologie à condition de traiter de l’objet de mobilité, la voiture, mais aussi de la fourniture d’électrique propre, de l’empreinte carbone de la fourniture des batteries, de l’extraction des matières premières rares nécessaires à leur fonctionne et de leur recyclage".

Un "champion européen de la batterie"

Mais s’il y a un point sur lequel les deux dirigeants s’accordent concernant le véhicule 100% électrique, c’est la nécessité de développer des solutions à la concurrence asiatique dans l’activité des batteries. "Il est urgentissime d’avoir un champion européen de la batterie, qui représente 40% du coût total de fabrication d’un véhicule électrique", a insisté Carlos Tavares.

PSA comme Renault jugent toutefois que l’initiative n’aura du sens que dans le cadre de la seconde génération de batteries. "Vers 2028 ou 2030", estime Carlos Tavares, qui semble croire au potentiel des batteries solides, jugées plus stables que leur équivalent actuel au lithium-ion, et permettant d’accroître l’autonomie tout en réduisant le temps de charge nécessaire.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle