[Mondial de l’Auto] La CGT Renault s’interroge sur l’avenir du groupe en France

Le syndicat CGT s'inquiète des conséquences de la stratégie 100% électrique du groupe et des effets du positionnement récent sur l'hybride sur la production et l'ingénierie de Renault en France.

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[Mondial de l’Auto] La CGT Renault s’interroge sur l’avenir du groupe en France
La CGT Renault estime que Renault a connu une baisse nette de 6 500 emplois depuis 2013, malgré les embauches réalisées sur la période.

"Que restera-t-il de Renault et de la filière automobile en France ?" Réunis sous les spots du stand du groupe français au Mondial de l’Automobile – qui se déroule jusqu’au 14 octobre Porte de Versailles à Paris –, des représentants de la CGT ont fait part de leurs inquiétudes jeudi 11 octobre concernant l’avenir de l’activité industrielle et d’ingénierie du constructeur dans l’Hexagone.

"Malgré les embauches, plus de 6 500 salariés n’ont pas été remplacés depuis 2013", insiste Fabien Gâche, le délégué central du syndicat, deuxième organisation chez Renault. "Les prestataires représentent un tiers des salariés du Technocentre (le centre de recherche de Renault installé dans les Yvelines, ndlr)", calcule-t-on à la CGT. Le syndicat pointe aussi une croissance "des emplois précaires, tels que les intérimaires et les CDD" dans les usines Renault.

"Sur certaines lignes de montage, la proportion d’intérimaires atteint parfois jusqu’à 80%", déplore Fabien Gâche. Un sujet identifié par le groupe, qui s’est engagé dans son accord social Cap 2020 à "réduire d’au moins 50% le nombre de contrats d’intérim liés à des surcroîts temporaires d’activité par rapport à fin 2016 (à volume de production équivalent)".

Interrogations autour du tout électrique

Pour comprendre cette évolution des effectifs, il faut regarder du côté du mouvement de délocalisation à l’œuvre chez Renault, explique la CGT. "La France ne produit plus que 19% de véhicules particuliers Renault sur la production totale européenne, Turquie comprise, lorsqu’elle en produisait 53% en 2004", déplore le syndicat dans un tract distribué le 11 octobre.

Dans le même temps, il s’inquiète de l’impact de la stratégie tout électrique de Renault. En juin, le groupe a annoncé investir un milliard d’euros en France pour la production de voitures électriques. Une nouvelle plateforme électrique de l’Alliance doit notamment être introduite sur le site de Douai (Nord), afin de faire de l’usine un "deuxième site de production Renault de véhicules électriques". Les volumes devraient également grimper à Flins (Yvelines) et Cléon (Seine-Maritime).

"On ne peut pas s’arrêter à une technologie", balaie Fabien Gâche. Et ce, d’autant que l’impact de la technologie sur l’emploi ne sera pas le même que celui du thermique, met en avant le responsable de la CGT. "Pour cinq salariés dans la production d’un moteur thermique, il n’en faut qu’un sur les lignes de production de moteurs électriques", illustre le délégué central.

Miser sur l’hybride

Le syndicat plaide au contraire pour une diversification des pistes, et notamment l’hybride. Un sujet sur lequel Renault s’est longtemps montré absent… jusqu’au Mondial de l’Automobile, où le constructeur a annoncé début octobre son intention de proposer dès 2020 une déclinaison hybride de la Clio, ainsi que des versions hybrides rechargeables des Captur et Megane.

Mais pas sûr que cette solution profite aux forces de production dans l’Hexagone, déplore la CGT. "Les moteurs hybrides pourraient être produits en Espagne ou en Turquie", explique-t-on chez l’organisation syndicale. La CGT pointe également du doigt l’annonce récente de la coentreprise entre Renault et l’acteur turc Oyak sur le sujet.

Début octobre, la coentreprise a indiqué investir 100 millions d'euros dans une usine de moulage d’aluminium en vue de sa future offre hybride. Un choix déploré par la CGT, qui met en parallèle cette décision avec le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) annoncé au sein de la Fonderie du Poitou à Ingrandes-sur-Vienne (Vienne), spécialiste de la production de carters en aluminium et dont "70% de la production" est destinée à Renault.

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