MONDEVERS UN ATTERRISSAGE BRUTAL AUX ÉTATS-UNIS

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VERS UN ATTERRISSAGE BRUTAL AUX ÉTATS-UNIS



La remontée des taux d'intérêt va alimenter la déflation financière, qui risque d'étouffer la capacité de dépense des consommateurs.



L'économie américaine est en train d'amorcer un ralentissement en douceur. Mais, en fait, c'est la probabilité d'un freinage brutal et d'un dérapage dans la récession qui s'accroît. La croissance a avoisiné 4,5% en rythme annuel au quatrième trimestre grâce au dynamisme persistant de la consommation et de l'investissement, portant la croissance du PIB à 4% sur l'ensemble de 1994. Et, pour satisfaire la demande, les entreprises font tourner à plus de 85% leurs capacités de production, un niveau très proche du pic de 1989. Certes, les créations d'emplois sont un peu moins nombreuses depuis janvier. Et les ventes de fin d'année ont été décevantes, y compris dans l'automobile. D'autres secteurs sensibles au relèvement des taux d'intérêt sont à la peine, comme l'immobilier ou l'ameublement. Enfin, les entreprises augmentent leurs stocks, ce qui pèsera sur l'expansion future. Une sensible baisse de régime ne semble toutefois pas imminente. Les consommateurs recourent toujours massivement au crédit pour dépenser. Les entreprises continuent d'emprunter pour restocker, embaucher et investir. Après le tour de vis donné début février, la Réserve fédérale continuera donc d'augmenter ses taux d'intérêt, qui ont déjà doublé depuis un an à 6%. Le renchérissement du loyer de l'argent finira par freiner la boulimie de crédits des Américains... et tarir la demande. Les ménages, qui n'ont jamais été aussi endettés et n'ont jamais autant investi à long terme, sont pris dans un étau. Leur dette augmente; la chute des obligations et des placements "exotiques", sur lesquels se sont rués les "mutual funds" auxquels ils avaient confié leurs économies, diminue leur richesse. Le moment viendra inévitablement où les Américains ne pourront plus dépenser autant et devront redonner la priorité au désendettement. Face à l'affaiblissement de la demande, l'alourdissement des stocks pourrait alors faire basculer l'économie dans la récession... en 1996. E.L.







PRÉVISIONS 1995

PIB
(accroissement en volume et en %)

1994 1995

OCDE 2,8% 2,7 %

Etats-Unis 4,0% 3,0 %

Japon 0,8% 1,5 %

Allemagne(Ouest) 2,5% 2,7 %

Italie 2,5% 3,0 %

Royaume-Uni 3,8% 3,0 %

Espagne 2,0% 2,7 %

Pays-Bas 2,0% 2,8 %

Suisse 2,0% 2,3 %

Belgique 2,0% 2,5 %

Union Européenne 2,7% 2,8%

L'expansion fléchira en cours d'année aux Etats-Unis, mais restera soutenue en moyenne annuelle.

L'Europe accélérera peu. L'investissement redémarre, et les exportations seront toujours bien orientées, mais le coup de fouet donné par l'arrêt du déstockage va disparaître, et la consommation demeurera faible.



Prix à la consommation (accroissement annuel en %)

1994 1995

OCDE 2,3% 2,5 %

Etats-Unis 2,6% 3,2 %

Japon 0,6 % 0,8 %

Allemagne(Ouest) 3,0% 2,2 %

Italie 3,9% 4,0 %

Royaume-Uni 2,5% 3,3 %

Espagne 4,7% 4,9 %

Pays-Bas 2,8% 2,5 %

Suisse 0,9% 2,5 %

Belgique 2,4% 2,3 %

Union Européenne 2,8% 2,9%

L'inflation ne dérapera pas aux Etats-Unis. L'accélération risque d'être plus forte outre-Manche. La désinflation est terminée en Italie, où la lire renchérit les importations, et en Espagne, où la TVA augmente. Mais elle continue en Allemagne, où l'expansion monétaire, les coûts salariaux et les loyers sont bien orientés.

USINE NOUVELLE N°2492

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