Monde : L'Allemagne n'accélérera pas en 1995

L'effort d'équipement s'intensifie outre-Rhin, mais les exportations, l'autre pilier de l'expansion, vont souffrir de la perte de compétitivité des produits germaniques.

Partager

La croissance ouest-allemande ne dépassera sans doute pas en 1995 les 2,5% atteints en 1994, et ralentira même en 1996. Le redémarrage de l'investissement est en cours, mais la revalorisation du deutsche Mark et des salaires, si elle donne un peu de grain à moudre aux consommateurs, sera surtout un frein aux exportations, jusqu'ici principal moteur de la reprise. Le moral des chefs d'entreprise a cessé de s'améliorer depuis le début de l'année outre-Rhin, comme dans le reste de l'Europe, montre l'indicateur de la Commission de Bruxelles. Les industriels restent certes optimistes: les carnets de commandes sont bien garnis, les capacités de production tournent à haut régime, si bien qu'ils augmentent leurs dépenses d'équipement. Mais ils craignent pour leur compétitivité. Les augmentations salariales atteindront au moins 4% en 1995 et 1996. Les coûts salariaux, qui ont diminué de 6% en 1994, pourraient ainsi recommencer à augmenter dès cette année. De plus, le deutsche Mark s'est apprécié de 8% par rapport aux monnaies des vingt principaux partenaires de l'Allemagne depuis le début de l'année. Si les parités se gèlent autour des niveaux actuels, les ventes à l'étranger pourraient commencer à fléchir dès la fin de l'été. D'autant que la concurrence des firmes américaines va devenir plus pressante: la demande intérieure va s'essouffler outre-Alantique, et elles chercheront de nouveaux débouchés au-dehors. Les secteurs de la chimie, de la mécanique, de l'automobile ou de l'électrotechnique, déjà malmenés par les concurrences scandinave ou italienne, prévoient déjà une érosion de leurs parts de marché. Seules consolations: les concurrents japonais souffrent davantage encore de la cherté du yen. En outre, le supplément de salaire et la diminution du coût des produits importés donnera un coup de pouce à la consommation, mais il sera modeste. Dommage pour nous: compte tenu de l'appréciation relative du franc face au dollar et aux monnaies d'Europe du Sud, nous ne sommes pas les mieux placés pour profiter de l'érosion de la compétitivité de notre premier partenaire commercial! E.L.







NOS PRÉVISIONS 1994-1995

PIB accroissement en volume et en %


1994 1995

OCDE 2,8 2,7

Etats-Unis 4,0 3,0

Japon 0,6 2,0

Allemagne(Ouest) 2,5 2,5

Italie 2,4 3,0

Royaume-uni 3,8 3,0

Espagne 2,0 2,7

Pays-Bas 2,2 2,7

Suisse 2,1 2,3

Belgique 2,0 2,5

Union Européenne 2,7 2,7

L'économie américaine commence à ralentir un peu. Mais le resserrement monétaire est appelé à se poursuivre pour soutenir le dollar, si bien qu'une récession est à craindre début 1996. En Europe, l'investissement se ranime, et les exportations continueront de tirer, mais le coup de fouet donné par l'arrêt du déstockage disparaît.

Prix à la consommation accroissement annuel en %

1994 1995

OCDE 2,3 2,5

Etats-Unis 2,6 3,2

Japon 0,6 0,8

Allemagne(Ouest) 3,0 2,2

Italie 3,9 4,0

Royaume-uni 2,5 3,3

Espagne 4,7 4,9

Pays-Bas 2,2 2,7

Suisse 0,9 2,5

Belgique 2,4 2,3

Union Européenne 2,8 2,9

L'inflation ne s'emballera pas aux Etats-Unis. Les tensions sur les capacités de production restent vives, mais les gains de productivité sont importants et la pression concurentielle forte. En revanche, l'accélération se fait déjà sentir outre-Manche: le coût des produits intermédiaires s'emballe, et les hausses de tarifs chez les producteurs commencent à se répercuter sur les prix de détail.

l'activité se calmera un peu

Le boom de la production industrielle va se modérer. Les commandes de l'étranger continueront d'augmenter, mais moins vite qu'en 1994. Celles de l'intérieur resteront ésitantes.

Le chômage baissera lentement

Les entreprises embaucheront encore cette année, mais à un rythme moindre que l'an passé. La cherté du deutsche Mark et les fortes hausses de salaires les inciteront à privilégier la productivité.

la désinflation n'est pas terminée

La hausse des prix va continuer de ralentir. L'expansion monétaire freine brutalement, les loyers et les services augmentent plus sagement, et la hausse du deutsche Mark limite l'inflation importée.

l'excédent commercial se réduira légèrement

Le commerce extérieur finira par pâtir de l'envolée du deutsche Mark face à toutes les monnaies sauf le yen. Elle contribuera à freiner les exportations, moins compétitives, et stimulera les importations.

USINE NOUVELLE N°2496

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS