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L'Usine Maroc

"Mon projet pour relancer l'offshoring marocain" selon Mohammed Chakib Rifi, président de l'Apebi

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Publié le

Alors que le gouvernement marocain prépare la nouvelle version de sa stratégie numérique 2014-2020, L'Usine Nouvelle a demandé à Mohammed Chakib Rifi, le tout nouveau président de la Fédération marocaine des technologies de l'information, des télécommunications et de l'offshoring (Apebi) de faire le point sur son secteur à la lumière notamment du jugement très critique que la Cour des comptes a livré sur la version antérieure du plan.  Pour rappel, l'Apebi fédère les activités "Information Technology Outsourcing" ou ITO de l'offshoring. Celles relatives à la relation client soit le Business process outsourcing (BPO), ou externalisation d'une partie de l'activité de l'entreprise dépendent d'autres fédérations. Dans ce secteur on retrouve notamment des implantations au Maroc de grandes sociétés comme IBM, Atos ou Cap Gemini.

Mon projet pour relancer l'offshoring marocain selon Mohammed Chakib Rifi, président de l'Apebi
Mohammed Chakib Rifi, le tout nouveau président de la Fédération marocaine des technologies de l'information, des télécommunications et de l'offshoring (Apebi)
© apebi

Sommaire du dossier

Les entreprises citées

L'Usine Nouvelle : Vous venez d'être nommé à la présidence de l'Apebi. Quelle est la feuille de route qui vous a été assignée pour 2015 ?

Mohammed Chakib Rifi : Vite résumée en 3 objectifs principaux, il s'agit de préparer les ambitions de l'APEBI à l'horizon 2020 en concertation avec nos membres, préparer le contrat programme d'accompagnement des entreprises vers l'export et la création d'une dynamique constructive de l'ensemble de nos sous-secteurs.

Le rapport de la Cour des comptes publié en septembre a sévèrement épinglé le plan Numeric 2013. Qu'en pensez-vous ?

C'est un rapport qui se veut critique. Même trop critique selon moi et les entreprises du secteur car des choses positives ont été réalisées dans le cadre de ce plan. On ne peut pas le nier. Le secteur a enregistré un taux de croissance à deux chiffres entre 2008 et 2011. Néanmoins, il est clair que nous sommes bien en deçà des objectifs notamment en ce qui concerne la gouvernance du secteur, les projets E-gov ou  l'informatisation des PME. Nous devons en tirer les leçons nécessaires pour aller de l'avant.

Quels sont les facteurs qui à votre avis ont contribué à cette situation ?

Nous avons connu deux changements de gouvernement en 3 ans. Cela a sensiblement affecté les projets étatiques notamment ceux de Maroc numeric 2013. Rappelez-vous, le projet a été initié par le gouvernement Driss Jettou (aujourd'hui, président de la cour des comptes NDLR) et il y a eu par la suite la réflexion menée par Salaheddine Mezouar. Lui a succédé Ahmed Reda Chami dans le gouvernement Abbas El Fassi. Il y a eu enfin Abdelkader Amara et Moulay Hafid ElAlamy sous les gouvernements Benkirane I et II. Le Maroc est passé aussi par une phase où il fallait une priorisation différente des objectifs. De plus, le secteur des TIC est transverse. Il dépend de plusieurs départements ministériels. Ce qui complique les choses.

Dans quel sens ?

Quand on parle de l'informatisation du secteur public, cela demande l'implication de plusieurs départements : ministère de l'intérieur, celui de la modernisation du secteur public, celui des finances et celui de notre tutelle de l'Industrie, du commerce et de l'économie numérique (MICEN). Le mode de gestion du numérique en commission interministérielle a réellement montré ses limites.

La formation est un point capital en matière de TIC, existe-t-il un déficit à ce niveau au Maroc ?

Je ne le pense pas, du moins dans l'absolu. Le Maroc forme aujourd'hui 10 000 ingénieurs par an. Nous avons plusieurs écoles qui mettent sur le marché des ingénieurs de haut niveau. La destination Maroc est une référence dans la région euro-méditerranéenne. De nombreuses entreprises du CAC 40 y ont délocalisé une partie de leur ITO (Information technology outsourcing NDLR). Ce sont des signes qui ne trompent pas.

Mais, le chiffre d'affaires réalisé dans l'offshoring n'a pas progressé en 2013. Pourquoi ?

Le secteur, dans sa globalité, a enregistré une stagnation inquiétante en 2013.  L'offshoring reste malgré tout un maillon fort du Maroc et nous considérons cette stagnation comme une correction naturelle de la courbe de croissance enregistrée ces dernières années. Pour analyser cette baisse d'activité, une étude intéressante a été lancée par le ministère de tutelle qui a mis en exergue un bilan d'étape et les recommandations pour les prochaines années.

Comment comptez-vous relancer ce secteur ?

Notre approche du marché compte cibler les entreprises européennes du middle market comme je vous l'ai dit qui ont un intérêt capital à délocaliser une partie de leur activité ITO-BPO. Nous nous concertons avec notre ministère de tutelle sur un plan d'action en ce sens. Aussi, notre offre compte s'élargir pour cibler de nouveaux marchés.

Comment se positionne le Maroc par rapport à la concurrence d'autres pays comme la Tunisie ou l'Espagne ?

Toutes les études montrent que le Maroc dispose aujourd'hui de la meilleure offre dans la région en terme de  "package" offert aux offshoreurs.

Qu'entendez-vous par là ?

Notre offre s'articule autour de sept critères de sélection à savoir la proximité, le coût de la main d'œuvre, la disponibilité des ressources humaines, l'environnement politique et économique, la stabilité politique, les infrastructures, les subventions gouvernementales et la protection des données privées.

Comment se situe le Maroc par rapport à ces critères notamment sur les coûts salariaux alors que le SMIG a été revalorisé de 10% sur un an ?

Sur le critère du coût de la main d'œuvre, nous ne sommes pas les moins chers. La Pologne est plus chère que nous mais nous sommes plus chers que la Roumanie, l'Inde et la Tunisie. Nous sommes plutôt bien placés pour les critères de proximité, disponibilité de la main d'œuvre, stabilité politique, infrastructures et les subventions gouvernementales. Concernant la protection des données, le Maroc se situe dans les moyennes internationales.

En matière d'équipement, vous dépendez en partie des tarifs que vous consentent les opérateurs téléphoniques. Lors des assises de l'industrie en avril, il leur a été demandé de revoir leurs tarifs à la baisse notamment de 25% sur certaines liaisons. L'ont-ils fait ?

Les opérateurs ont respecté leur engagement suite à la signature des conventions signées devant sa majesté en début d'année. Certains sont même allés au-delà du fait de la situation concurrentielle. Il était de leur intérêt de conquérir un maximum de contrats.

Propos recueillis par Nasser DJAMA

 

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