Mon moteur est vivant

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Parmi les compétences « most wanted » de demain chez les constructeurs et les énergéticiens, celles de biologistes chevronnés tiennent le haut du pavé. Outre l'idée poétique de mettre du vent en bouteille pour rouler à l'air comprimé, en substitut des énergies fossiles, les innovations nous promettent qu'avaler des kilomètres de bitume sera aussi bucolique que de mettre des champignons dans une pile à combustible.

Qui a dit que la biodiversité était déconnectée des enjeux industriels ? Si l'on se préoccupe de la croissance des algues, de champignons génétiquement modifiés, d'eucalyptus, de miscanthus et de jatropha pour alimenter nos autos, il va falloir être très conscients des mutations du milieu naturel que cela peut engendrer. Même une fois la question du conflit avec les cultures alimentaires résolu, grâce aux biocarburants de deuxième génération, la biomasse pose question.

A Versailles par exemple, le projet de l'Inra réalise des essais de culture de Miscanthus. Objectif : profiter à l'avenir des terres médiocres comme les berges des fleuves, où l'on ne peut de toute façon pas planter de cultures alimentaires, pour y faire pousser ces plantes qui nourriront nos réservoirs de carburant. A l'image du projet Futurol soutenu par des grands comme Total présents sur le mondial, les nombreuses expériences actuelles sur la biomasse de deuxième génération ont ainsi lieu à échelle réduite. Noble dessein. Mais quid une fois le cap de la production massive passé ?

« Le risque le plus grave est que ce sont des nouvelles cultures dont on ne connaît pas encore les bioagresseurs. A l'échelle de centaines d'hectares, ces nouvelles cultures causeront fatalement l'apparition d'insectes et de bactéries inconnus sous ces latitudes. C'est le problème de la gestion des terres agricoles et des terres forestières», rappelle Paul Colonna, chercheur de l'Inra.

A la différence du photovoltaïque, indifférent aux écosystèmes, l'arrivée de nouvelles espèces végétales et de nouveaux systèmes de culture vont modifier monde. Il n'y a pas de solution neutre, et rien n'est plus fragile que le vivant.

Ana Lutzky

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