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L'Usine Aéro

"Mon but sera d'élargir la communauté spatiale", Jean-Yves Le Gall, nouveau président de l'International Astronautical Federation

Hassan Meddah

Publié le

Le président du CNES, Jean-Yves Le Gall, a officiellement pris ses fonctions de président de l'International Astronautical Federation (IAF) à l’occasion de son congrès annuel qui s’est tenu du 26 au 30 septembre à Guadalajara, au Mexique. Dans sa volonté d’ouverture, l'IAF vient d'accueillir parmi ses nouveaux membres des acteurs du New Space comme SpaceX ou des agences spatiales récemment créées comme celle des Emirats Arabes Unis (UAESA).

Mon but sera d'élargir la communauté spatiale, Jean-Yves Le Gall, nouveau président de l'International Astronautical Federation
Jean-Yves Le Gall nouveau président de l'International Astronautical Federation
© Guittet Pascal

L’Usine Nouvelle - Vous prenez la présidence de l'IAF. Que représente cette fédération au sein du secteur spatial?

Jean-Yves Le Gall- L’IAF a pour vocation de réunir l'ensemble de la communauté spatiale : les agences nationales, les chercheurs, les universitaires, les industriels... A Guadalajara, exactement 5.217 experts des technologies spatiales sont venus du monde entier pour échanger et préparer les programmes spatiaux du futur. C'est de l'IAF que sortent les idées de ce qui fera l'espace dans 5, 10 ou 15 ans. Son rendez-vous annuel, l'IAC (International Astronautical Congress) est l'un des temps forts du secteur. Notre communauté s'élargit. Nous comptons actuellement 325 membres provenant de 66 pays, contre 226 en 2012. Lors de cette édition, des acteurs du New Space comme certains l'appellent, nous ont rejoint. Et notez que c'est à l’IAC que la NASA, Elon Musk et Lockheed Martin ont présenté leurs projets de coloniser Mars.

Justement l'IAF n'incarne-t-elle pas un Old Space versus un New Space incarné par Elon Musk et les nouveaux entrants du secteur spatial?

Je ne crois qu'il faille opposer deux espaces. Il faut aussi corriger des idées fausses. Les acteurs traditionnels de l'espace seraient des dinosaures voués à disparaître et ceux du New Space des start-up parties de zéro. C'est une vision trop simpliste. SpaceX n'est pas une start-up. Cette société s'est développée aussi rapidement car elle a récupéré les moteurs Merlin développées durant des années par la NASA pour des milliards de dollars. Blue Origin qui opère le lanceur New Shepard s'appuie sur une décennie de travail réalisée en coopération avec Lockheed Martin et Boeing.

Certes, ces nouveaux acteurs appliquent au spatial les progrès des nouvelles technologies avec des méthodes venues d'ailleurs. Entre un objet spatial développé dans les années 80 et le même objet développé aujourd'hui, c'est le jour et la nuit. C’est le résultat de l’innovation qui permet de récupérer des étages de lanceurs ou d’envisager des projets de constellations de plusieurs centaines de satellites. La différence entre le New Space et l’espace plus classique, c'est que le New Space n'a peur de rien et essaye tout, même si parfois il y a des échecs. Ils n'y a aucun tabou technologique.

Durant ces trois prochaines années, quelles seront les priorités de votre mandat?

En tant que nouveau président, j'ai proposé un programme baptisé l'agenda 3G pour Geography, Gender et Generation (géographie, parité, jeunesse, ndlr). L'IAF doit élargir sa géographie et s'ouvrir à de nouveaux membres. Il y a dix ans, c’était un club restreint entre l'Europe, les Etats-Unis, la Russie... L'Inde, la Chine, les émergents sont depuis venus. Je me suis battu pour faire rentrer les acteurs du New Space. On ne peut pas dire aujourd'hui qu'on représente la communauté spatiale dans son ensemble, s'ils ne sont pas avec nous. Nous attirons aussi les pays émergents comme les Emirats Arabes Unis qui affichent de grandes ambitions spatiales et qui pour la première fois, ont un stand à l’IAC. Je milite aussi pour l'arrivée des acteurs des services, comme les opérateurs de télécommunications ou d'observation de la Terre. L'IAF doit s'imposer comme le lieu de réflexion mondial où l'on pense à l'avenir du spatial.

Je tiens aussi rajeunir et féminiser nos instances. Jusqu’à un passé récent, notre bureau qui est notre instance exécutive, ne comptait qu’une ou deux femmes. C'est trop peu. Par ailleurs, je veux aussi faire monter des jeunes et leur donner un accès plus rapide aux responsabilités.

Pourquoi cette volonté d'ouverture à tout crin?

Il faut à la fois connaître ce qui se passe ailleurs et faire connaître nos idées au-delà du sérail spatial. L'objectif c'est également de passer d'une démarche top-down à une démarche bottom-up. Le cas des constellations est très révélateur à ce sujet. Il y a 20 ans, c'était des projets dont les promoteurs étaient les industriels du spatial. Et ensuite, il fallait  trouver des clients intéressés par cette infrastructure spatiale pensée par des ingénieurs. Cela a donné lieu à des projets (Iridium, Globalstar, Teledesic...) dont la plupart ont connu des faillites retentissantes. Les nouveaux projets de constellation qui existent aujourd'hui sont très différents, pensés dès l'origine avec un objectif business. Les initiateurs des nouveaux grands projets de constellations sont les utilisateurs, comme Google qui rêve de connecter le monde grâce à ses satellites. On a changé de paradigme. Les acteurs du spatial doivent le prendre en compte.

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