Molycorp en faillite : le marché des terres rares reste trop petit pour le nombre d’acteurs

La société minière américaine Molycorp, l’une des deux seules à produire des terres rares en dehors de Chine avec Lynas en Australie, est en faillite. Son sauvetage passe par une restructuration de sa dette qui s’annonce compliquée, au vu des perspectives du marché.

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Molycorp en faillite : le marché des terres rares reste trop petit pour le nombre d’acteurs

Après 13 trimestres consécutifs de pertes, le producteur américain de terres rares Molycorp s’est placé le 25 juin 2015 sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Cette procédure de redressement judiciaire, qui lui laisse un délai pour restructurer sa dette de 1,7 milliard de dollars, concerne ses activités étatsuniennes et canadiennes à l’exception de sa co-entreprise Molycorp Rare Metals (Oklahoma), ainsi que ses bureaux situés au Luxembourg et à la Barbade.

Les unités de production situées en Asie (Chine, Corée du Sud, Japon et Thaïlande) et en Europe (Allemagne et Estonie), rentables, ne sont pas concernées par cette procédure. Les centres de R&D de Singapour et d’Abingdon au Royaume-Uni non plus. La plus importante usine européenne de Molycorp est Silmet, l’unité estonienne spécialisée dans les métaux rares. Elle produit du niobium, du tantale, du néodyme en lingots, ainsi que des oxydes, poudres et solutions. Victime d’un grave incendie le 9 juin, elle a perdu une ligne de production mais son atelier reste actif.

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Pour l’instant, un accord a été trouvé avec les principaux détenteurs de la dette senior de Molycorp (JHL Capital Group, JMB Capital Partners et QTV Financial LP) sur un refinancement de 225 millions de dollars. Molycorp espère sortir de la procédure de faillite avec une dette restructurée avant la fin de l’année 2015.

Victime de la bulle des terres rares

Dans les années 1970/80, les Etats-Unis étaient le premier producteur de concentrés de terres rares. A partir des années 1990, ils ne répondent déjà plus qu’à 40% de la demande. Et lorsqu’en 2010, après une croissance forcenée de sa production, la Chine resserre ses quotas d’exportation, le monde réalise que le pays a conquis un quasi-monopole sur ces métaux critiques, utilisés dans un grand nombre de nouvelles technologies (écrans, batteries…) et dans les énergies renouvelables (aimants permanents). La politique de relance de la production américaine est décidée au cœur de la bulle gonflée par la panique provoquée par la prise de conscience du monopole chinois.

Un contexte de marché difficile

Depuis, les cours des terres rares n’ont cessé de chuter, malgré les inquiétudes récurrentes des industries consommatrices. Et Molycorp a enchaîné les difficultés techniques et commerciales. Son action, qui valait 75 dollars en 2011, est tombée à quelques cents. Et la société a accumulé une dette de 1,7 milliard de dollars, alors qu’elle perdait 99% de sa valeur boursière. Comme le prévoit la procédure de sauvegarde, Molycorp sera retirée de la cote au New York Stock Exchange dans les 9 jours calendaires suivant la mise sous protection, soit avant le 4 juillet. L’australienne Lynas, bien que générant un cash-flow positif, a également pâti du contexte de marché et vu la valeur de ses actions fléchir.

Le marché des terres rares, bien que très diversifié, reste un tout petit marché en termes de volume (5 milliards de dollars), et ne peut comporter qu’un très petit nombre d’acteurs en raison de coûts de production importants. Actuellement, même les mines chinoises peinent à équilibrer leur activité.

Myrtille Delamarche

Myrtille Delamarche Rédactrice en chef matières, climat et transition énergétique, chef de projet Indices & Cotations

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