Moisson de contrats et partenariats pour Sarkozy au Kazakhstan

Le président de la République a accompagné le nouveau partenariat stratégique franco-kazakh par une série de contrats et partenariats industriels. Principaux bénéficiaires : Total et GDF Suez, Areva, EADS Astrium, Alstom et Vinci.

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Moisson de contrats et partenariats pour Sarkozy au Kazakhstan

La visite de quelques heures de Nicolas Sarkozy au Kazakhstan a suscité la signature de vingt-quatre accords, selon l’Elysée. Soit un montant total d’environ 6 milliards de dollars, dixit le président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev. « C'est une nouvelle page qui s'écrit dans l'histoire des relations entre la France et le Kazakhstan (...) c'est un partenariat que nous avons signé pour longtemps », a déclaré le président français.


Total et GDF Suez acquièrent 25 % d’un champ gazier pour 1 Md$
Les deux groupes français rachètent un quart des parts du champ gazier russo-kazakh de Khvalinskoye à la société publique kazakhe KazMunaïGaz (KMG). Le montant de la transaction, qui devra être concrétisée aux termes de négociations exclusives, est estimé à 1 milliard de dollars. Total détiendra 17 % et GDF Suez 8 % de ce champ situé à 25 mètres de profondeur dans la mer Caspienne, à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan. Celui-ci sera opéré par le groupe russe Loukoïl, qui détient 50 % de la licence d’exploration. Le dernier quart étant conservé par KMG. Selon le directeur général de Total, Christophe de Margerie, le champ de Khvalinskoye devrait générer 8 à 9 milliards de mètres cubes de gaz par an et ne devrait pas être opérationnel avant 2016. A travers une participation dans le gisement pétrolier de Kashagan (Mer Caspienne), Total est présent au Kazakhstan depuis 1992. En revanche, il s’agit du premier projet de GDF Suez dans l’exploration-production russe. En mer Caspienne, le groupe a récemment acquis 20 % dans la licence d’Absheron en Azerbaïdjan.


Areva sécurise ses approvisionnements en uranium
Le champion français du nucléaire a signé avec l'opérateur national du Kazakhstan un accord prévoyant la création d’une coentreprise, nommée Ifastar, pour le marché du combustible nucléaire. Dans le prolongement de l’accord signé en septembre dernier, cet engagement renforce le partenariat des deux groupes dans l’amont du cycle. Leur production d’uranium cumulée est la plus importante au monde.
Basée à Paris et détenue à 51 % par Areva et à 49 % par Kazatomprom, Ifastar aura une double vocation :
- réaliser une étude de marché pour la fourniture d’offres intégrées de combustible aux électriciens asiatiques. Celle-ci comprendra l’ensemble des prestations de l’amont du cycle et combinera les ressources en uranium de Kazatomprom et la technologie d'Areva.
- réaliser une étude technico-économique pour la construction d’une ligne de fabrication de combustible d'une capacité de 400 tonnes d'uranium par an. Cette ligne serait implantée sur le site de l’usine métallurgique d’Ulba, exploitée par Kazatomprom à Ust-Kamenogorsk.
En fonction du résultat de ces analyses, et après décision des partenaires, Ifastar serait chargée de la commercialisation des produits issus de cette ligne et la fabrication du combustible se ferait alors au travers d’une autre coentreprise de fabrication, détenue par Kazatoprom à hauteur de 51 % et par Areva à hauteur de 49 %.


EADS Astrium : deux satellites d’observation de la Terre pour 220 M€
La filiale Espace du groupe européen EADS va fournir à la société nationale KGS (Kazakhstan Gharysh Sapary) deux satellites d’observation de la Terre. Un contrat d’une valeur de 220 millions d’euros. Les applications civiles concernent aussi bien la surveillance des ressources naturelles et agricoles que la fourniture de données cartographiques et le soutien aux opérations de secours en cas de catastrophes naturelles. D’une résolution au sol de 7 mètres et fourni par la filiale britannique d’Astrium SSTL, le premier satellite sera lancé depuis le cosmodrome russe de Baïkonour (situé au Kazakhstan). D’une résolution au sol de 1 m et fabriqué par Astrium France, le second satellite sera mis en orbite à partir du centre spatial européen de Kourou, en Guyane française. Le segment sol (contrôle et réception des données d’imagerie) sera construit à Astana. Paris estime les besoins futurs du Kazakhstan à une douzaine de satellites d’observation de la Terre, soit près d’un milliard d’euros.
EADS Astrium et KGS ont également posé les actes fondateurs d’une société commune destinée à construire un centre d’assemblage, d’intégration et de test (AIT) de satellites, dans la banlieue de la capitale kazakhe. La joint-venture serait également responsable de la gestion du centre et de la mise en œuvre du programme spatial de l’Etat Kazakh.
Par ailleurs, la France et le Kazakhstan ont signé un accord de coopération spatiale, qui vise à développer des applications comme la télémédecine, l’enseignement à distance, la protection de l’environnement et la métrologie.


Alstom : moteurs d’aiguillages et tramway d’Astana en perspectives
Le président d’Alstom, Patrick Kron, a signé un premier accord avec les chemins de fer kazakhs KTZ (Kazakhstan Temir Zholy) dans la signalisation. Une coentreprise devrait être créée pour produire localement des moteurs d’aiguillages capables de fonctionner jusqu’à - 40 °C, afin de répondre aux besoins de la région. En test pour douze mois, deux prototypes ont déjà été installés par l’industriel français sur le réseau ferroviaire kazakh. Les deux partenaires définiront ultérieurement les modalités du transfert de la production et de l’assemblage vers le Kazakhstan.
Patrick Kron a également conclu avec le maire d’Astana un mémorandum de coopération portant sur une étude de faisabilité d’un tramway dans la capitale kazakhe. L’étude comprend à la fois les travaux publics nécessaires et les aspects électromécaniques (matériel roulant, voies, caténaires, électrification et systèmes). Alstom propose une version de son tramway Citadis adaptée aux contraintes climatiques locales.
Dans les deux cas, « nous sommes encore très en amont dans le processus », a précisé un porte-parole du spécialiste des infrastructures ferroviaires et énergétiques.


Construction d’un oléoduc pour Vinci
Un consortium d’entreprises françaises, dirigé par la filiale du groupe Vinci Spie-Capag, a paraphé un protocole d’accord pour la construction et la pose d’un oléoduc reliant le champ pétrolier géant offshore de Kashagan (en mer Caspienne) à Bakou (en Azerbaïdjan), en contournant la Russie. Le texte prévoit des négociations exclusives pendant une durée d’un an. Un contrat estimé à 2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard reviendrait aux sociétés tricolores. Selon l’Elysée, la région de Dunkerque (Nord) bénéficierait de 1 000 postes durables, avec des pics entre 3 000 et 4 000 emplois sur courte période. Outre Spie, le consortium comprend Manesmann-France, Europipe, GTS et Arcelor-Mittal.


Ana Lutzky & Matthieu Maury

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