Moins de nucléaire, moins de gaz, plus de charbon

La production électrique française en 2012 a été stable par rapport à 2011. Mais tandis que la part du nucléaire et du gaz a reculé, les énergies renouvelables affichent une belle montée en puissance… ainsi que le charbon.

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Moins de nucléaire, moins de gaz, plus de charbon

RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, a publié, ce mardi 22 janvier, le bilan électrique 2012 de la France. La production d’électricité française est restée quasi-stable entre 2011 et 2012, passant de 543 à 541,4 térawattheures (TWh), soit - 0,3%. Ce chiffre ne reflète pas les variations fortes entre les différentes sources de production. Parmi celles-ci, c’est la progression du charbon qui saute aux yeux. La production d’électricité à partir de cette source a grimpé de 35 % par rapport à 2011 pour atteindre 18,1 TWh. Une progression d’autant plus surprenante que les autres sources fossiles sont sur le recul (-23,7 % pour le gaz et -13,2 % pour le fioul).

Cette place prépondérante du charbon est multifactorielle. D’une part, lors de l’exceptionnelle vague de froid de février 2012, le charbon a été largement appelé sur le réseau pour répondre aux pics de consommation - notamment lors du record du 8 février, à 102 100 MW. D’autre part, à l’instar de l’ensemble de l’Europe, cette évolution démontre la compétitivité du charbon, bien meilleure que celle du gaz. Cet effet est notamment dû au fait que la production de charbon nord-américaine, chassée de son territoire par les gaz de schiste, se déverse à bon prix sur le Vieux Continent. Conséquence, les émissions de CO2 du secteur énergétique ont grimpé de 7,3 %.

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Pour ce qui est des énergies décarbonnées, le profil est également variable. La production nucléaire a diminué de 3,8 % par rapport à 2011, à 404,9 TWh. Une baisse liée à une baisse de disponibilité des réacteurs au cœur de l’été à cause de multiples arrêts de maintenance. Le gestionnaire du réseau de transport estime toutefois que le parc de réacteurs est en ordre pour affronter les fortes demandes de l’hiver. Les énergies renouvelables, quant à elles, marquent un record. Elles ont contribué à la production française à hauteur de 16,4 %. En premier lieu, l’hydraulique a retrouvé des niveaux normaux (63,8 TWh) après une année 2011 extrêmement basse (50,3 TWh). Par ailleurs, la production éolienne a progressé de 23,1 % à 14,9 TWh et le photovoltaïque de 66,7 % à 4 TWh.

Les exportations d’électricité sont à la baisse. Elles passent de 56 TWh en 2011 à 44 TWh en 2012. La France demeure exportatrice vers tous ses voisins, à l’exception de l’Allemagne. La France a importé au final 8,7 TWh d’électricité de son voisin d’outre-Rhin. Ce bilan s’explique, d’une part, par la faiblesse des coûts de production en Allemagne à partir du charbon. Cette électricité bon marché est plus rentable à certains moments que de production sur le territoire national. D’autre part, cela vient de la puissance du parc d’énergies renouvelables allemand. Les productions sont parfois très élevées et le réseau a l’obligation d’acheter toute la production éolienne et solaire. Quand la production est excessive, l’Allemagne paie ses voisins, dont la France, pour y exporter des électrons. "Ces kilowattheures subventionnés par la population allemande sont parfois exportés à un coût négatif. C’est une difficulté du marché européen qu’il faudra régler", juge Dominique Maillard, président de RTE.

Ludovic Dupin

La consommation industrielle recule

La consommation d’électricité en France a augmenté de 2,1% par rapport à 2011, à 489,5 TWh, essentiellement en raison des températures plus basses de 2012. Si les particuliers et les professionnels voient leur consommation croître de 2,4 % par rapport à 2011, en revanche, l’industrie montre des signes d’essoufflement. Sous l’effet de la conjoncture économique, la consommation de la grande industrie a diminué de 4 %, et celle des PMI de 1 %. L’Uniden (Union des industries utilisatrices d'énergie), qui représente 70 % des industriels grands consommateurs d’électricité, alerte : "Ces chiffres ne traduisent malheureusement pas l’amélioration de l’efficacité énergétique, déjà très élevée chez les électro-intensifs compte tenu des impératifs de compétitivité, mais l’inquiétante érosion de ce que l’on considérait il y a peu comme la compétitivité électrique française."

 

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