Quotidien des Usines

Moins de casse, mais de nouveaux risques

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Dossier Avec une croissance économique de l'ordre de 3 %, les entreprises contraintes au dépôt de bilan sont beaucoup moins nombreuses. Mais, entre fusions-acquisitions, survalorisation boursière et folie Internet, les sociétés marchent sur des oeufs. Attention,

Moins de casse, mais de nouveaux risques

Sommaire du dossier

La " nouvelle économie " chasse l'ancienne. Gare aux " cartons " ! Lainière de Roubaix en France, Philip Holzmann en Allemagne. A elles seules, ces deux entreprises " fin de siècle " - par son activité pour la première, par son actionnariat pour la seconde -, résument le bilan des faillites en 1999. L'année dernière, la plupart des sociétés qui sont tombées représentent, comme le disent les experts avec cynisme, " des dossiers prévus ou tout du moins attendus " : le groupe de chaudronnerie BSL Industries, le négociant de machines-outils Nauder - " une affaire malade depuis longtemps " -, les Mines de Salsigne, Paul Mausner dans l'habillement, les transporteurs routiers Aubry et Resano (voir page 48). Clientèles vieillissantes, activités de plus en plus " Made out France ", pertes financières récurrentes, impréparation de la succession du " pater familias "..., classique ! A plus ou moins longue échéance, l'issue était fatale. Au-delà de ces " morts annoncées ", la sinistralité est en forte décrue, signe que la plupart des entreprises françaises ont su s'adapter à la nouvelle donne économique mondiale. Pas question pour autant de crier victoire ! Pour la première fois depuis 1990, les dépôts de bilan sont retombés sous la barre des 50 000, à 48 527 faillites, selon le récent bilan annuel d'Euler-Sfac. Par rapport à 1998, déjà un bon cru, la baisse atteint 11 %. Et, contrairement à l'an dernier, marqué par la banqueroute de la Russie et la crise des pays asiatiques, l'horizon de l'économie mondiale est plus dégagé. Dans l'Hexagone, le moral des ménages, les investissements et les carnets de commandes des entreprises sont au bon fixe. Pas question pour autant de crier victoire ! " Nous sommes à un niveau au-dessous duquel nous ne descendrons pas. C'est le niveau d'étiage ", affirme Philippe Chalmin, conseiller économique chez Euler-Sfac. D'autant que, comme le souligne la dernière enquête trimestrielle de Dun & Bradstreet, les ravages causés par les intempéries de la fin de l'année pourraient provoquer une recrudescence des défaillances dans les prochains mois. " Les banques accepteront une année de perte, mais pas deux ", prévient Thierry Millon, chargé d'études chez Dun & Bradstreet. La remontée du prix des matières premières, pétrole en tête, pourrait également fragiliser un certain nombre d'industriels dans les biens d'équipement et de consommation, incapables de répercuter la hausse sur leurs clients. Des filières surexposées Surtout, le taux de défaillances reste 2,2 fois supérieur à celui des années 80. Ces dix dernières années, 581 451 entreprises ont déposé le bilan, alors que, dans le même temps, le nombre de nouvelles entreprises particulièrement vulnérables les trois premières années a diminué. Certes, dans l'industrie, les défaillances reculent. Mais beaucoup moins vite que dans les autres secteurs : - 7 % en 1999, contre - 11 % pour le commerce, - 10 % pour le B-TP, - 10 % pour les services aux entreprises, - 8 % pour les transports. Certaines filières restent particulièrement fragiles, comme celle de la viande, toujours victime des effets de la crise de la " vache folle ", du poulet à la dioxine et des surproductions porcines. Touché plus tardivement, le textile-chaussures continue, lui, de subir les effets de la crise asiatique. Avec, en amont, la liquidation judiciaire des Etablissements Jean Valette en novembre (105 millions de francs de chiffre d'affaires). L'aval souffre également : faillites du fabricant de mode enfantine Albert (443 millions de francs de chiffre d'affaires) et du chausseur Sacair (699 millions de francs de chiffre d'affaires), démantelé à la suite de plusieurs plans de cession. La perspective des trente-cinq heures et le remboursement des aides du plan Borotra à partir du 1er avril ne devraient guère arranger les choses. Concurrencée par les sud-coréens, la chaudronnerie connaît les mêmes difficultés ! Une défaillance remarquée, celle du numéro 1 français, BSL Industries. Le commerce de gros de produits alimentaires comme celui de biens industriels ne sont pas mieux lotis : une vingtaine de faillites de sociétés de plus de 100 millions de francs de chiffre d'affaires, en particulier celles de Sodialim-Clemente et du groupe Jean Wavrant dans l'alimentaire, de Theta Scan dans l'informatique... Sans compter le plus gros dérapage de l'année, celui du négociant d'huile d'olive Frahuil à Marseille (1,4 milliard de francs de chiffre d'affaires), liquidé moins d'un mois après sa cessation de paiements. C'est que, pris en étau entre les puissantes centrales d'achat des géants de la grande distribution et des industriels qui intègrent de plus en plus l'aval, et menacés par Internet, les grossistes ont de plus en plus de mal à prendre leurs marques. A méditer, la persistance des gros " cartons ". Les faillites de sociétés de plus de 100 millions de francs de chiffre d'affaires restent élevées. Un peu moins nombreuses qu'en 1998 (77, contre 83), ces grosses défaillances n'en sont pas moins plus lourdes de conséquences : les deux premières, Frahuil et Cerplex, dépassent le milliard de francs de chiffre d'affaires, et huit sont des entreprises de plus de 500 millions de francs de chiffre d'affaires. Soit, selon Euler-Sfac, un volume d'affaires de 19 milliards de francs, en hausse de près de 20 %, et un effectif de 14 000 salariés. Des défaillances de rupture Signe des temps, ces sociétés ne tombent pas forcément sous le couperet de la conjoncture économique, mais sont victimes de la recomposition de leur environnement. Evoluant sur un marché en progression, Frahuil a subi un désengagement des banques espagnoles, en pleine recomposition stratégique. " Nous allons vers des défaillances de rupture : de grosses PME pourront décliner si elles se trompent de stratégie ; à l'inverse, des petits, s'ils ont bien visé, feront un carton ", avance William Nahum, président de l'Ordre des experts-comptables d'Ile-de-France. Pour preuve : aux Etats-Unis, la croissance économique la plus longue du pays en temps de paix n'empêche pas une sinistralité élevée. C'est que, dans une économie désormais mondialisée, les entreprises évoluent sur un sable de plus en plus mouvant. Un mouvement qui n'est pas près de s'arrêter avec l'explosion des fusions-acquisitions de grands groupes. Et leurs conséquences sur leur environnement : remise en cause de partenariats, rationalisation du nombre des fournisseurs, pression accrue sur les prix... C'est l'une des raisons des déboires de BSL Industries, victime du gel des investissements des grands pétroliers, en pleine fusion, et du retard de règlement de certains d'entre eux. " Nous allons continuer de voir de grosses défaillances. Ce ne sont pas les petites sociétés qui sont inquiétées par les fusions-acquisitions, mais des entreprises moyennes qui avaient déjà un pied à l'international et qui vont se retrouver en compétition avec de nouveaux groupes ", estime Thierry Millon, de Dun & Bradstreet. Subir la loi de la mondialisation D'autant que la surenchère entre raiders contribue à l'envolée du prix des " cibles ", contraignant les PME en mal de taille critique à payer au prix fort leur croissance externe. Au risque d'être étouffées au moindre retournement de leur marché. De quoi rappeler les opérations à effet de levier (LBO) du début des années 90 que l'on retrouve aujourd'hui au tapis, comme le fabricant de papier diazo lyonnais Photogay, acheté en 1991 par le groupe Unic SA et aujourd'hui liquidé. Idem pour le chausseur Gep-La Fourmi, en redressement judiciaire depuis l'automne, et qui n'a jamais su digérer l'achat de La Fourmi en 1995. De plus en plus souvent contrôlées par des actionnaires étrangers, les entreprises françaises subissent également la loi de la mondialisation. Le fabricant de fenêtres en PVC Fermoba (750 millions de francs de chiffre d'affaires) a ainsi été " lâché " par Kömmerling, sa maison mère allemande, en proie aux difficultés financières. Tout comme Cerplex, filiale française de l'américain Cerplex Group, vraisemblablement " sacrifiée " au recentrage de ce dernier sur ses marchés anglo-saxons. Les grosses faillites de 1998 étaient majoritairement des entreprises familiales. En 1999, la moitié sont des sociétés à capitaux étrangers. " Leurs groupes réorganisent leurs sites de production comme nous restructurons les nôtres à l'étranger ", analyse Thierry Millon, de Dun & Bradstreet. Le moindre faux pas peut tourner à la catastrophe Plus internationales et médiatiquement exposées, les entreprises ont aussi de moins en moins le droit à l'erreur. Pollution, empoisonnement accidentel, développement durable..., l'opinion publique, les médias et les Pouvoirs publics sont de plus en plus sensibles à ces questions. Le moindre faux pas a vite fait de tourner à la catastrophe. TotalFina en fait les frais avec l'" Erika ". Après le décès de consommateurs de rillettes contaminées par la listéria et vraisemblablement fabriquées par Coudray, filiale du groupe Paul Prédault, ce sont tous les fabricants qui sont déstabilisés : le marché s'est effondré de près de 50 % depuis janvier. Face à ces risques, la taille n'y fait rien. Car, à l'heure d'Internet, la prime n'est plus au mastodonte, mais au plus rapide et au plus créatif. En témoignent les Alibaboo et autres Yahoo ! développés en dehors des grandes entreprises traditionnelles par de jeunes " hippies ". Obéissant à leurs propres " business-models ", ces nouveaux barbares bousculent les schémas économiques et court-circuitent les intermédiaires. Qui aurait imaginé le mariage d'AOL, créée en 1985, avec Time Warner ? Le jeu ne fait que commencer, avec son lot de gagnants et de perdants... Le consommateur redouble de vigilance Rillettes à la listéria, oeufs à la salmonelle, poulets à la dioxine... Quelques lots contaminés suffisent à créer la défiance des consommateurs. Et à jeter l'opprobre sur toute une filière. Que l'on soit un géant comme Coca-Cola ou une PME comme le fabricant de rillettes Coudray (groupe Paul Prédault), nul ne peut s'affranchir du risque zéro. Les mégafusions affectent les fournisseurs Des fusions-acquisitions en hausse de 40 % en Europe l'année dernière : après les Etats-Unis, l'Europe est à son tour saisie par la " mégamania ". Passés sous silence dans les dossiers d'analyse, ces mariages (ci-dessus, celui de Carrefour et Promodès) ne sont pas sans conséquence sur leur environnement : rationalisation des fournisseurs, remise à plat des partenariats, voire augmentation des délais de paiement en cas de refonte des systèmes de reporting. La valorisation des actifs tourne à la bulle spéculative La valorisation boursière de Bouygues Telecom multipliée par cinq en six mois, des abonnés des différents réseaux de téléphonie mobile évalués entre 65 000 et 80 000 francs, selon les analystes, malgré leur volatilité croissante... Rattrapant les tarifs américains, la valeur des actifs des entreprises - cotées ou non - explose (ci-dessus, une salle de marché). Spéculation boursière, abondance de capitaux et engouement pour la " Net économie " expliquent ce phénomène. L'e-business bouscule les positions acquises " A partir d'aujourd'hui, celle qui fut la première start-up va retrouver son esprit de start-up. " La dernière campagne publicitaire de Hewlett-Packard (ci-desssus) est à l'image du désarroi des grands groupes face à la déferlante des start-up Internet. Obéissant à leurs propres " business models ", ces nouveaux barbares court-circuitent les intermédiaires et bousculent les situations acquises. La prévention fait des progrès Gep-La Fourmi, Meccano... Avant d'être placées en redressement judiciaire, toutes ces sociétés avaient fait l'objet d'un mandat ad hoc. Malgré l'échec de ces dossiers déjà fortement compromis, la prévention des entreprises en difficulté, telle qu'elle est prévue par la loi de 1984 et renforcée par celle de 1994 - nomination d'un mandataire ad hoc ou conciliateur -, progresse. Selon les premiers résultats de l'étude de Deloitte & Touche Corporate Finance réalisée en mars dernier et portant sur les ouvertures de procédures collectives en 1998 auprès de 136 tribunaux de commerce (33 143 entreprises), 53 % des conciliations prononcées ont ainsi débouché sur un accord entre l'entreprise et ses différents partenaires (banques, administrations...). C'est d'ailleurs dans les tribunaux ayant mis en place une cellule de prévention que les chances de réussite sont le plus élevées. Au total, 580 mandats ad hoc et 218 conciliations ont été recensés en 1998. Ces procédures représentant une part croissante des solutions de restructuration des sociétés les plus importantes. EXTERNALISATION DE FILIALES : ATTENTION, UN PRÉCÉDENT À HAUTS RISQUES ! Le dossier CMS va-t-il créer un précédent pour les grands groupes en mal d'externalisation ? Plus de trois mois après la liquidation judiciaire de son ancien établissement de chaudronnerie du Havre, Alstom s'est engagé à verser près de 30 millions de francs à ses 177 ex-salariés dans le cadre d'un plan d'accompagnement social et 4,5 millions de francs au mandataire liquidateur au titre des créanciers. Une première. Les faits remontent à 1992. A l'époque, GEC-Alstom cède CMS à BSL Industries, un groupe de chaudronnerie constitué à coups de reprise d'activités de grands groupes. Moyennant la reprise du personnel, Alstom garantit à BSL Industries un volume de travail jusqu'en septembre 2000 et l'octroi d'aides financières. Une pratique largement répandue dans les grands groupes. Alstom règle ainsi proprement un problème social délicat, le repreneur s'assurant des activités à bon compte tout en ayant le temps de trouver de nouveaux débouchés. " C'est une sanction de notre approche du droit social. C'est tellement long et contraignant de fermer un site que l'on préfère passer le problème à d'autres ", analyse un consultant du département restructurations d'un grand cabinet de conseil. L'ennui, c'est que, dans le cas d'Alstom, les choses se gâtent en octobre avec le dépôt de bilan de BSL Industries et la liquidation judiciaire de CMS. Les salariés de CMS attaquent alors Alstom, toujours lié à BSL par des contrats commerciaux, en référé devant les prud'hommes. Ces derniers leur donnent gain de cause, estimant que le fabricant de matériels roulants reste responsable de ses ex-salariés. En janvier dernier, les parties ont finalement trouvé un terrain d'entente et signé un protocole d'accord, Alstom acceptant de " verser les sommes correspondant à l'apurement de ses engagements ". De quoi faire réfléchir bon nombre de grands groupes. " Si les grandes entreprises ne peuvent plus gérer leurs problèmes sociaux de façon intelligente, on risque d'en voir certaines déposer le bilan de leurs filiales ", avance ce consultant. LA DIFFICILE RÉFORME DE LA JUSTICE COMMERCIALE Après l'échec de la révision constitutionnelle du Conseil supérieur de la magistrature, la réforme de la justice commerciale prend elle aussi du retard. Présentée en octobre 1998 par Elisabeth Guigou et Dominique Strauss-Kahn au lendemain de la révélation de nombre d'" affaires ", ce vaste chantier doit permettre de moderniser et de donner plus de transparence à la justice rendue aux entreprises. Concernés au premier chef, les tribunaux de commerce devaient initialement faire l'objet d'un projet de loi présenté en Conseil des ministres avant fin 1999. Il est toujours en attente. La " concertation " a en effet mal tourné. Elle s'est terminée par la démission en force des juges consulaires lors des audiences solennelles de rentrée des tribunaux : 735 démissions individuelles, selon la Conférence générale des tribunaux de commerce ; 397 selon la Chancellerie. Trente-cinq tribunaux de commerce ont même démissionné collectivement (Poitiers, Chartres, Reims, Avignon, Carcassonne...), renvoyant les affaires devant les tribunaux de grande instance. Les juges consulaires refusent notamment que la présidence des formations de jugement commerciales soit confiée à des magistrats professionnels pour les gros litiges (procédures collectives, contentieux). Deux autres volets de la réforme devraient entrer en vigueur " ce trimestre " : l'achèvement de la carte judiciaire après la suppression d'un premier volant de trente-six tribunaux de commerce depuis le 1er janvier et une loi réformant la profession d'administrateur judiciaire et de mandataire liquidateur. Restera ensuite la révision des lois de 1984 et de 1985 sur le traitement des entreprises en difficulté. LES CAUSES DES PLUS GROSSES FAILLITES EN 1999 Les huit plus grosses défaillances de 1999, en chiffres d'affaires consolidés Retrait des banques FRAHUIL (négoce d'huile d'olive) 1,474 milliard de francs de CA (1997) RJ* Juin 1999 LJ** Octobre 1999. Difficultés financières de la maison mère CERPLEX (réparation et reconditionnement d'équipements informatiques et électroniques) 1,048 milliard de francs de CA (1997) RJ* Juillet 1999 LJ** Octobre 1999. Course à la taille et erreurs de gestion BSL INDUSTRIES (chaudronnerie) 831 millions de francs de CA (1998) RJ* Septembre 1999. Liquidation de CMS et de CVS. Marché vieillissant et management insuffisant GROUPE NAUDER (commerce de gros de machines-outils et de machines agricoles) 771 millions de francs de CA (1998) RJ* Septembre 1999. Désengagement de la maison mère et course à la part de marché GROUPE FERMOBA (fabrication et installation de fenêtres en PVC) 750 millions de francs de CA (1998) RJ* Décembre 1999. Concurrence asiatique et délocalisation mal maîtrisée GROUPE SACAIR (fabrication de chaussures) 699 millions de francs de CA (1997) RJ* Janvier 1999 Reprises de Sacair, Dely et Sofadis par les italiens Gallo et Marcello, de Rivabel par ses cadres, de Sodeco par JB Martin, de Dresco par Eram. Défection des fonds de pension anglo-saxons actionnaires KONTRON INSTRUMENTS (fabrication de matériel médical) 605 millions de francs de CA (1998) RJ* Janvier 1999. Cession de la principale activité à un fonds mené par Charterhouse. Déclin du papier diazo et croissance externe trop ambitieuse UNIC SA (Regma et Photogay Technologies ; production de papiers spéciaux et négoce de matériels pour bureaux d'études) 505 millions de francs de CA (1997) RJ* Janvier 1999. Liquidation de Photogay Technologies. * RJ : Règlement judiciaire ** LJ : Liquidation judiciaire Source : Euler-SFAC - " L'Usine Nouvelle "

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