Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Maroc

Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa Bank : "Pas de crise immobilière globale au Maroc"

, ,

Publié le

Le PDG d'Attijariwafa Bank, première banque du Maroc reconnait certaines difficultés que rencontrent les PME en matière d'investissement sans pour autant être alarmiste. Il explique le niveau du crédit, livre sa perception du marché de l'immobilier et reste optimiste quant à l'évolution du royaume en terme de climat des affaires.

Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa Bank : Pas de crise immobilière globale au Maroc
Mohamed El Kettani, PDG d'Attijariwafa Bank, première banque du Maroc
© dr

L'Usine Nouvelle a rencontré Mohamed El Kettani, patron d'Attijariwafa a l'occasion du récent forum France Maroc à Paris fin mai. Entretien express sur le secteur du crédit et de l'immobilier ou encore le climat des affaires.

 

 

L'Usine Nouvelle : Les TPE et PME se plaignent souvent de la difficulté d'accès au crédit bancaire. Avez-vous l'impression que les banques marocaines font le nécessaire pour soutenir l'activité des entreprises?

Mohamed El Kettani : L'une des missions du secteur bancaire consiste à collecter de l'épargne et à assurer son emploi par le crédit. C'est un marché régulé avec ses contraintes d'analyse du risque et prudentielles. Tant qu'existera un système bancaire et des entrepreneurs, il y aura toujours de l'insatisfaction pour certains entrepreneurs qui se voient refuser des demandes de crédit.

Mais, comment évolue le secteur à ce niveau ?

En restant factuel et pragmatique, vous avez des chiffres qui sont têtus.  En 2007, l'épargne collectée par le secteur bancaire marocain, était consommée seulement à 65% en crédits à l'économie quand on prend le ratio montant des crédits accordés sur montant des dépôts collectés. Fin décembre 2014, nous sommes à 105 %. On ne peut pas dire que le secteur bancaire n'est pas derrière le financement de l'économie nationale.

Faut-il changer la perception des PME à l'égard du crédit ?

Toutes les banques mènent des stratégies commerciales agressives en matière du financement d'investissement. Les dernières études faites en termes d'opinion auprès des chefs d'entreprises montrent d'ailleurs que ce n'est pas l'accès au financement qui est le principal obstacle mais effectivement la perception. Sur ce terrain, les banques ne cessent de gagner des points.

Le crédit bancaire concerne aussi le secteur de l'immobilier. Est-il en crise au Maroc ?

Je ne peux pas le confirmer dans sa globalité. En revanche, il y a des entreprises qui passent par des moments difficiles en termes de trésorerie. Elles se voient engagées dans de grands programmes d'offres de logement et constatent par la suite que l'écoulement de logements ne se réalise pas à la vitesse espérée. Cela se manifeste par une lourdeur en terme de liquidité. Le secteur de l'immobilier continue malgré tout sa progression. Sans nier les variations saisonnières, on sent une reprise au niveau de la consommation de ciment.

Qu'est-ce qui vous permet d'être confiant pour ce secteur ?

Les crédits acquéreurs sont en train de reprendre et ont enregistré une croissance de plus de 5% de fin avril 2014 à fin avril 2015. C'est l'une des plus fortes augmentations de ce premier semestre en matière de croissance des crédits. C'est un indicateur de reprise.

Nous sommes quand même loin de la croissance de ces dernières années

Certes, mais c'est une situation qui peut s'expliquer. Sur le marché, il y a une offre importante face à une demande qui est certes là mais encore insuffisante. Prenez par exemple tous les jeunes ménages qui arrivent sur le marché et qui souhaitent s'équiper en logement. Il y a par ailleurs une réflexion anticipative de la part de certains promoteurs immobiliers qui se déploient sur le logement intermédiaire pour les classes moyennes. Là aussi, il y a un problème d'adéquation de l'offre à la demande.

Et concernant le niveau du stock disponible ?

Dans le secteur de l'immobilier, on a assisté à une décélération de certaines natures de stock d'immobilier parce qu'il y avait une surproduction par rapport à la demande.

La demande solvable en logement social est-elle épuisée  comme le pensent certains ?

Nous connaissons tous les mois une croissance en matière de crédits acquéreurs distribués par le secteur bancaire. Mais tout ne va pas à la même vitesse que celle qui était enregistrée les années antérieures. C'est donc concevable dans la mesure où les grands promoteurs immobiliers sont arrivés sur le marché avec une surproduction. Les gros opérateurs de leur côté ont alors pris la décision sage qui a été de ralentir volontairement la production nouvelle pour déstocker ce qui a été construit les deux dernières années.

Comment se situe votre taux de défaut sur l'immobilier ainsi que sur les entreprises du BTP ?

Le taux de créance en souffrance au Maroc est le plus bas au niveau du continent africain. Cela veut dire que le Maroc dispose d'un secteur bancaire fortement encadré par la Banque centrale.

N y a-t-il pas aussi concentration de risques ?

Prenez le cas de la promotion immobilière. En dehors d'un ou deux cas difficiles, il n y a pas de dérive significative en terme de coût du risque.

Le climat des affaires au Maroc est-il un frein à l'investissement ?

Durant les cinq dernières années, dans les indicateurs du Doing business qui sont publiés par le World economic forum, le Maroc progresse dans le classement. Le Maroc a certes des faiblesses, mais a aussi des forces sur lesquelles il capitalise.

La commission mixte sur le climat des affaires pilotée par le chef du gouvernement et par la présidente de la CGEM est un levier qui a été créé entre le patronat et le gouvernement dans le but d'améliorer les indicateurs concernés. Je crois que les années à venir, on constatera des évolutions favorables du Maroc dans le classement du Doing business.

Propos recueillis par Nasser Djama

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle