Mobilité verte et Smart city : “des changements d’une complexité folle”

La mobilité est une notion incontournable pour réfléchir à une ville plus  « intelligente ». Or, cette  « Smart city » le sera d’autant plus qu’elle intégrera l’indispensable ingrédient du développement durable. La mobilité de demain sera verte ou ne sera pas.

Partager
Mobilité verte et Smart city : “des changements d’une complexité folle”

Entretien avec Alain Kergoat, cofondateur du cabinet Urban Practices

Pour vous, qu’est-ce que la mobilité verte ?

C’est avant tout la mobilité que l’on ne consomme pas. Elle démarre par l’adaptation des usages, en réduisant par exemple les parcours pendulaires entre le domicile et son travail, totalement contre-productifs dans de nombreux cas. Ainsi, les employeurs ont une importance centrale dans le développement du télétravail. Tout comme les villes qui doivent repenser leurs fonctionnalités et leurs polarités, de manière à trouver le bon mix entre l’habitat, les commerces, les loisirs et le travail. Mais les citoyens ne vont tout de même pas être assignés à résidence ! La mobilité est une liberté individuelle fondamentale. Et pour la rendre plus durable, plus « verte », il faut la repenser en profondeur. Le grand sujet, c’est : « Mobility as a service », dans un monde plus complexe.

Quelles sont les tendances liées à cette refonte verte de la mobilité urbaine ?

La première tendance, c’est la multimodalité. Pour aller d’un point A à un point B, il faudra pouvoir passer d’un véhicule à un autre de manière à optimiser la practicité, le temps de parcours, le coût et l’impact écologique. L’objectif sous-jacent c’est : comment agréger tous les moyens de mobilité disponibles pour réduire la pression de la voiture conventionnelle sur les villes ? La deuxième tendance vient de l’explosion du e-commerce depuis une dizaine d’années, qui a généré une monstrueuse logistique du « dernier kilomètre ». Optimiser cette logistique et ses impacts est un sujet important aux multiples réponses possibles. Parmi ces solutions, la mise en service de véhicules électriques terrestres, voire même aériens. Une troisième tendance a trait à la manière de penser et de concevoir la ville « intelligente ».

Justement, comment ces tendances vont-elles se traduire sur nos villes ?

Les villes et leurs centre-villes doivent être repensés en faveur de cette « Smart city ». Le chantier est vaste, et va de l’innovation technologique à l’innovation sociale, en passant par la gouvernance des données ou encore l’évolution des usages. Environ la moitié de la superficie d’une ville comme Paris est dévolue à la voiture conventionnelle. Cela permet d’entrevoir le chemin à parcourir vers plus de fluidité et de souplesse pour l’usager, et moins de bruit et d’émissions polluantes. Réduire l’espace aujourd’hui réservé aux seules voitures, permettra mécaniquement de redonner ces territoires à d’autres usages de la ville, notamment par des mobilités douces comme le vélo ou la trottinette.

Concernant la question de la logistique du « dernier kilomètre », de nombreuses solutions sont à l’étude. La « Smart city » inclut nécessairement le « Smart building »: des collectivités travaillent sur certains quartiers pour étudier comment non seulement verdir les toits mais aussi leur permettre de recevoir des drones de livraison. Tous ces changements sont d’une complexité folle, mais doivent aller vers une ville plus vivable. Cela passera par une mobilité plus verte.

Alain Kergoat, cofondateur du cabinet Urban Practices

Contenu proposé par Dassault Systemes

Sujets associés

A LIRE AUSSI