Mobilité : les cadres attendent des jours meilleurs

Comme chaque semestre, l’Association pour l’emploi des cadres publie son baromètre sur le moral des cadres. Plutôt bien dans leur entreprise actuelle, ils prévoient d’y rester… tout en se préparant à la quitter quand la conjoncture sera meilleure.

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Mobilité : les cadres attendent des jours meilleurs

Quand la conjoncture se dégrade, les cadres sont moins tentés par le grand large. C’est ce que confirme le baromètre semestriel réalisé par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Ils ne sont que 27 % à se dire prêts à quitter volontairement leur entreprise, quand ils étaient 31 % il y a un an à répondre de même. Bonne nouvelle pour les DRH ? Pas si sûr, car cette fidélité semble plus forcée que volontaire. Autrement dit, si les cadres ne vont pas voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, c’est d’abord parce qu’elle ne leur semble pas l’être. Premier indice : la note moyenne qu’ils donnent de la situation économique s’établit à 4,1 sur 10. 63 % des cadres qui ont répondu donnent une note inférieure à 4.

Un tiers considère que son entreprise est en difficulté

Dans ce contexte guère folichon, presqu’un tiers (31 %) considère que son entreprise est en difficulté économique, soit 7 points de plus qu’il y a un an. Comme le verre d’eau à moitié vide ou à moitié plein selon la façon dont on le regarde, ce tiers d’inquiets induit deux tiers de cadres considérant que la situation de leur entreprise n’est pas si mauvaise. Ils sont ainsi 28 % à répondre que leur entreprise est en développement et 40 % à répondre qu’elle n’est ni en développement ni en recul.

Rien d’étonnant alors si, comme l’écrit l’Apec, le nombre de cadres "optimistes" recule encore un peu même s’ils restent largement majoritaires. Ils ne sont que 59 % à se dire optimistes sur leur avenir professionnel dans les douze prochains mois. C’est le plus bas niveau enregistré depuis deux ans, soit deux points de moins qu’en mai 2013 et 9 points de moins qu’en mai 2011. La tendance n’est donc pas à l’euphorie chez les cadres. L’Apec note que la proportion d’optimistes décroit notamment avec l’âge du cadre et son ancienneté de l’entreprise.

Satisfaits aujourd’hui mais inquiets pour l’avenir

Une conjoncture économique dégradée, un pessimisme record et une relative confiance sur son employeur, voilà qui contribue à expliquer la relative fidélité dont témoignent les cadres à l’encontre de leur entreprise. D’autant qu’ils s’y sentent plutôt bien : ils sont 74 % à se dire satisfaits de l’intérêt de leur travail, 55 % de leur charge de travail et seulement 40 % de la politique RH. Surtout, ils s’inquiètent de ce qui va advenir dans un proche avenir. Un tiers d’entre eux anticipent une dégradation de leurs perspectives de carrière (36 % une amélioration) et 43 % prévoient une évolution négative des conditions de travail. Sans oublier les 37 % (+4 points par rapport à mai dernier mais 6 points de moins que l’an dernier) qui s’inquiètent pour leur rémunération.

Tout semble indiquer que les cadres se préparent surtout pour la reprise. Interrogés sur les stratégies professionnelles qu’ils vont mettre en œuvre : ils sont 53 % (+4 par rapport à mai) à vouloir enrichir leur réseau professionnel. 71 % des cadres jugent utiles de suivre une formation courte dans les prochains mois, 42 % une formation longue, c’est-à-dire de plus d’un mois, quand 44 % feraient bien un bilan de compétences. Autant de signes qui révèlent que rester dans la même entreprise dans les mois qui viennent ne signifie pas que les cadres ne vont pas travailler leur employabilité, au contraire. La fidélité annoncée pourrait bien être davantage de la résignation qu’une adhésion totale à l’entreprise qui les emploie. Par mauvais temps, les cadres ont choisi de faire le gros dos, en attendant des jours meilleurs.

Christophe Bys

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