[Mobilité] Le succès des transports publics jamais démenti

La septième édition de l’Observatoire de la mobilité a été présentée par l’UTP mardi 21 novembre 2017. L’occasion de rappeler l’attachement des Français aux transports publics.

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[Mobilité] Le succès des transports publics jamais démenti

Le bus est largement plébiscité comme moyen de transport le plus utilisé (71%) devant le métro (48%) et le tramway (37%). Et les transports publics sont utilisés régulièrement par 68% des personnes interrogées (échantillon de 1346 voyageurs de 18 ans et plus). Un chiffre stable depuis trois ans. "Les Français utilisent les transports publics car ils évitent les embouteillages et les problèmes de stationnement. C’est la garantie d’un temps de parcours régulier. Ils mettent également en avant la fréquence et la rapidité", précise Thierry Mallet, Président de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et PDG de Transdev.

L’environnement est également mis en avant. "L’an dernier, il y avait eu du buzz autour de la COP21. La bonne nouvelle c’est que la question environnementale s’est stabilisée." Et de rappeler qu’une voiture circule en moyenne avec 1,2 personne avec un temps de parcours régulièrement rallongé de 20 à 35% par la congestion. L’étude de l’UTP rappelle aussi le coût humain et financier de la pollution : 48 000 décès et 144 milliards d’euros par an. Le transport public ne contribue que pour 1% aux émissions de CO2…

Un déplacement en voiture coûte six fois plus cher à la société qu’en bus

L’UTP a également comparé les coûts des différents modes de transport. Il est dix fois plus onéreux en voiture : 3000 euros par an contre 300 euros pour le transport public. Sans parler du fait que 700 000 voitures ne sont pas assurées. Et pour la société, la comparaison est édifiante. Quand un citoyen dépense 1 euro pour se déplacer en bus, la société paie 1,50 euro. Quand un citoyen se déplace en voiture, la société paie 9,20 euros, en vélo, 0,08 euro.

Mais le prix n’est semble-t-il pas un élément différenciant. La France est un des pays européens où la contribution des usagers est la plus faible et le prix par conséquent très réduit. Ce qui n’empêche pas le Français d’être le roi de la fraude. En France, le transport public urbain coûte 12,6 milliards d’euros, dont 8 pour l’exploitation et 4,6 pour l’infrastructure. Il est financé quasiment à part égale entre la vente des titres, la contribution des collectivités locales via les impôts locaux et le versement transport des entreprises.

Dans les transports urbains en province, en vingt ans, la contribution des usagers est passée de 50% à 31%. Si on avait conservé les mêmes ratios, on dégagerait chaque année (hors Ile-de-France) 800 millions d’euros pour le réseau. Au cours des dix dernières années (2006-2017), la fréquentation des transports publics a fortement augmenté avec + 34,4% en nombre de voyageurs, tandis que les recettes clients ne progressaient que de 19,3%.

Le tramway français se développe encore et toujours

Selon les données collectées par l’UTP, près de la moitié des voyageurs (47%) dépense moins de 20 euros par mois, 27% entre 20 et 40 euros et 26% plus de 40 euros. A titre de comparaison, le prix du billet est quatre fois moins cher à Paris qu’à Londres pour un réseau comparable et la fraude serait cinq fois plus importante en France que dans les autres capitales européennes.

Et pourtant, les investissements se poursuivent. Le bus reste le mode le plus utilisé, mais passer au tout électrique a un coût. Thierry Mallet le chiffre même à "3,8 milliards d’euros. Il faut donc une aide de l’Etat." Quand un bus Euro VI vaut à l’achat 251 000 euros, un bus électrique atteint 650 000 euros (+159%). La différence est moindre si on prend le cycle de vie (+50%).

Les bus à haut service (BHNS) rencontrent un franc succès avec 31 nouvelles lignes développées au cours de ces dix dernières années. Et ils roulent en moyenne à 22 km/h en site propre contre 17 km/h pour un bus dans la circulation. Si le tramway coûte beaucoup plus cher qu’un BHNS à la construction, il est beaucoup plus capacitaire et permet de redynamiser des quartiers entiers. Aujourd’hui, 1200 km de lignes sont en service en France et 600 km sont en cours de réalisation et en projet dans de nombreuses villes. A commencer par Bordeaux qui pourrait dans les prochaines années avoir le premier réseau de France.

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