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Mitsubishi se joint à Siemens pour racheter Alstom

Manuel Moragues , , ,

Publié le

Siemens et Mitsubishi Heavy Industries ont annoncé, ce mercredi 11 juin, qu’ils étudiaient une offre commune pour le rachat du pôle énergie d’Alstom. Le japonais serait intéressé par les activités dans le charbon et les réseaux électriques.

Mitsubishi se joint à Siemens pour racheter Alstom

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Siemens veut passer par le Japon pour récupérer le français Alstom. Le géant allemand et le conglomérat japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) ont annoncé dans un communiqué commun, mercredi 11 juin, qu’ils avaient "joint leurs forces pour évaluer une offre potentielle sur certains actifs" d’Alstom. Ils décideront de faire une offre, ou pas, d’ici au 16 juin, ajoute le communiqué.

Cette échéance avait été fixée par Siemens fin mai et réaffirmée par le président de Siemens France la semaine dernière. De son côté, General Electric avait reporté la validité de son offre ferme de rachat de l’ensemble du pôle énergie d’Alstom pour 12,35 milliards d’euros jusqu’au 23 juin.

Un découpage radical

Siemens et MHI confirment ainsi les informations publiées par Bloomberg. Une option, évoquée mais non confirmée, de l’offre commune Siemens-MHI serait que le japonais récupère les activités dans le charbon d’Alstom (les turbines à vapeur) ainsi que celles dans les réseaux électriques. Siemens récupérerait les turbines à gaz, une activité dans laquelle Alstom n’a jamais réussi à percer depuis dix ans. Resterait à attribuer l’hydroélectricité, l’éolien et d’autres plus petites activités.

Ce découpage radical verrait la principale activité d’Alstom (le charbon), et la large base d’équipements installés qui fournit aujourd’hui au groupe la moitié de son chiffre d’affaires dans le thermique sous forme de services, échapper à Siemens.

Crash de "l’Airbus de l’énergie"

Le principal avantage pour Siemens de cette alliance serait de résoudre le problème posé à l’allemand par les réseaux électriques, une activité dans laquelle Siemens et Alstom sont très présents, surtout en Europe. La possible opposition des autorités de la concurrence au rapprochement de ces deux géants de la haute-tension jetait un doute sur la faisabilité du rachat par Siemens.

Reste que la contrepartie paraît conséquente : le séduisant "Airbus de l’énergie" tant mis en avant par Siemens prend du plomb dans l’aile avec la reprise de pratiquement la moitié du pôle énergie d’Alstom par un japonais. Ce que n’a pas manqué de relever le français : "On parlait d'un projet européen…", a ironisé l'entourage d'Alstom auprès de l’AFP. Et de pointer : "Alstom est sceptique et choqué. (...) Ce serait un démantèlement".

Manuel Moragues

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1 commentaire

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11/06/2014 - 17h17 -

donc...finalement, le champion européen adoubé d’avance par le ministre de l’économie ne peux finalement y aller seul, et devrait céder un des cœurs de métier à un nippon...encore un fois, l’analyse industrielle et stratégique ministérielle époustoufle par sa clairvoyante pertinence...
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