Mitsubishi décidé à en découdre avec Embraer et Bombardier

L’avionneur japonais va démarrer l’assemblage de son appareil d’ici quelques semaines. Son appareil s’attaque au marché des turbojets de moins de 100 places dominé par Embraer et Bombardier.

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Mitsubishi décidé à en découdre avec Embraer et Bombardier

Une cabine pour les passagers plus spacieuse, des moteurs moins bruyants et respectant déjà les prochaines règlementations, et surtout un appareil 20% moins gourmand en kérosène… La présentation du MRJ, le futur avion régional de Mitsubishi Aircraft (une JV détenue à 64% par le groupe Mitsubishi et à 36% par un consortium d’entreprises japonaises dont Toyota et Sumitomo) a presque tourné au clip de publicité comparative.

Sûr de la supériorité de son appareil qu’il doit commercialiser en 2015, l’avionneur basé à Nagoya et Tokyo n’hésite pas à jouer la comparaison avec les jets régionaux de ses concurrents Embraer (Embraer 170 et 190) et Bombardier (CRJ700 et 900). "Notre avion est plus performant car nous sommes partis d’une feuille blanche pour le concevoir. Embraer doit tenir compte par exemple de sa gamme existante et procède plutôt par améliorations", explique Yugo Fukuhara, directeur marketing de l’avionneur. Ainsi Mitsubishi Aircraft promet aux compagnies un appareil capable de leur faire économiser 1,5 millions de dollars par an sur leur facture de carburant par rapport à la génération d’avion actuelle.

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165 commandes fermes

Toutefois le flux des commandes s’est tari. Le compteur des commandes bloque à 165 unités fermes et presque autant d’options de la part de la compagnie de japonaise ANA et de deux compagnies occidentales (Trans States, Skywest). Selon ses estimations, il devrait se vendre plus de 5 000 appareils de moins de 100 sièges dans les vingt prochaines années. "Sur cette période, la flotte d’avions régionaux va doubler. Et sur de nombreuses routes, notre avion est mieux positionné que les avions monocouloirs qui sont surdimensionnés (comme l’A320 ou le 737, ndlr) et que les turbopropres (comme l’ATR à hélices) sous-dimensionnés", estime le dirigeant.

Premier vol avant la fin de l'année

Pour l’heure, l’avion n’existe pas encore. Les phases d’assemblage des ailes, des tronçons de fuselage, de l’empennage ont démarré. L’assemblage de l’appareil va commencer dans les semaines qui viennent. Le premier vol doit avoir lieu avant la fin de cette année, soit 5 ans après le démarrage du programme en 2008. Deux appareils assureront les tests au sol et cinq autres les 2 500 heures de tests en vol.

La conception de l’avion n’a pas été sans mal. Ainsi l’avionneur a été contraint d’abandonner l’idée d’équiper son appareil d’ailes en matériaux composites pour revenir au bon vieux métal. "Les bénéfices des matériaux composites pour des avions de moins de 100 places ne sont pas suffisamment significatifs", explique Toshi Kawashi, vice-président de Mitsubishi Aircraft en charge des ventes.

Pour Mitsubishi, le lancement du MRJ constitue un pari important. Le groupe japonais a déboursé 1,8 milliard de dollars pour développer l’appareil.

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