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Mistral : Saint-Nazaire veut croire que la suspension du contrat russe n'est que temporaire

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La décision de François Hollande, qui conditionne la livraison des porte-hélicoptères russes à l’application d’un cessez-le-feu en Ukraine et la signature d’un accord entre Ukrainiens et Russes, suscite la perplexité à Saint-Nazaire. Les salariés et les fournisseurs du chantier naval s’interrogent sur les conséquences d’une éventuelle annulation de la commande et espèrent que cette suspension ne sera que temporaire. 

Mistral : Saint-Nazaire veut croire que la suspension du contrat russe n'est que temporaire © DCNS

A Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), on s’est habitué à la présence de 400 marins russes venus se former à la manœuvre du Vladivostok et du Sebastopol, les deux bâtiments de projection et de commandement (BPC), en cours de construction par le chantier STX France. En dépit des tensions en Urkraine, la présence de ces militaires est ici perçue avec bienveillance… comme tout client de l’industrie navale, prépondérante à Saint-Nazaire. Chacun sait que 300 à 400 salariés et sous-traitants de STX France sont encore mobilisés pour la construction de ces deux porte-hélicoptères de type Mistral, le premier devant être livré fin octobre et le second un an plus tard.

Hier, le communiqué de l’Elysée évoquant une éventuelle suspension de la livraison de ces deux navires, a donc suscité une vague d’inquiétudes dans la cité navale. Pourtant, l’Elysée a pesé chaque mots en indiquant que "les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC ne sont pas à ce jour réunies". S’il ne s’agit donc pas d’une suspension pure et dure ni d’une directive pour arrêter les navires, le syndicat Force ouvrière s’est immédiatement déclaré "stupéfait" et "scandalisé" par cette volte-face, alors que le Vladivostok s'apprête à sortir en mer, le 10 septembre, pour une nouvelle campagne d'essais.

"Cela nous pendait au nez"

Jusqu’à présent, la France résistait aux critiques étrangères et semblait déterminée à mener le contrat à son terme. "Si l’annonce du Président se concluait par l’arrêt de la construction, ce serait des centaines d’emplois qui seraient mis en difficulté aussi bien chez STX que chez les sous-traitants", affirme Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint de FO chez STX France. "En même temps, au vue de la situation internationale, cela nous pendait au nez", dit un autre syndicaliste.

"Le deuxième bateau est quasiment fait, il entre en phase d’armement. La charge est donc derrière nous, nuance François Janvier, de la CFE-CGC. Le vrai sujet est que ces navires sont constitutifs des budgets sur 2014 et 2015… On n’a quasiment que cela à livrer. Une annulation aurait donc des conséquences économiques et ce n’est pas à nous de les payer, car entre nous et les Russes, il y a DCNS, les organismes d’import-export et les Etats."

Sur ce contrat de 1,2 milliard d'euros, signé en 2011, STX France intervient en effet en tant que sous-traitant de DCNS. Saint-Nazaire s'est vu confier la construction de la partie “avant“ des deux bâtiments. La partie arrière a été fabriquée par les chantiers russes OSK de Saint-Petersbourg (Russie), le contrat revêtant un important volet de transfert de technologies.

"Seule la date de livraison pourrait être remise en cause"

A Saint-Nazaire, contacté par L'Usine Nouvelle, le maire (PS) David Samzun s’efforce de dédramatiser l'annonce présidentielle. "Les contrats sont toujours en cours, le président me l’a confirmé, a indiqué jeudi 3 septembre l’élu après une conversation téléphonique avec François Hollande. La vie des contrats va se poursuivre, les essais en mer dans quelques jours et la poursuite de la construction du second navire qui est cours. Le Président m’a confirmé que les contrats étaient toujours en cours et qu’ils se dérouleront normalement. Le seul point nouveau, c’est la date de livraison qui pourrait être remise en cause."

Entre temps, un collectif baptisé Mistral Gagnons, proche de l'extrême-droite, a appelé à une manifestation dimanche pour protester contre l’éventuelle suspension de la livraison des navires russes. Une autre association, No Mistrals for Putin, appelle, également, à une manifestation ce même jour, mais pour que la commande soit formellement annulée.

Chez STX France (2 200 salariés), l’incertitude liée aux navires russes s’ajoute à celle de l’annonce, lundi, aux salariés, de la suspension d’un autre contrat important, celui d’un ferry GNL de 270 millions d’euros, le client, la coopérative Sica, actionnaire de Brittany Ferries, n’ayant pas pour l’instant réuni le financement nécessaire pour cette commande.

De notre correspondant, Emmanuel Guimard

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