Mise en vente de Photowatt : la direction s’explique

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Mise en vente de Photowatt : la direction s’explique

La semaine dernière, « L’Usine Nouvelle » relayait la mise en vente de la seule usine française de panneaux photovoltaïques, située à Bourgoin-Jallieu (Isère), et évoquait les restructurations à venir au sein de l’entreprise Photowatt International. Suite à cet article, Thierry Miremont, le directeur général de Photowatt, a souhaité réagir.

ÉVÈNEMENT
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L’UN. Où en est le processus de vente de Photowatt ?

Thierry Miremont. Contrairement à ce qui est paru dans la presse, le processus de vente de l’usine de Photowatt de Bourgoin-Jallieu n’est pas nouveau. Il a été enclenché dès 2009 et n’a engendré aucun plan social. En réalité, notre maison-mère canadienne ATS pâtit de la mauvaise performance de Photowatt, en partie due à l’émergence de producteurs chinois, qui ont massivement investi dans le photovoltaïque et inondent le marché avec des produits à très bas prix.

Parallèlement à cela, ATS a choisi de se recentrer sur son activité « automatisme » d’ici la fin de l’année et, ainsi, de se séparer de sa branche solaire, composée de Photowatt Ontario et de Photowatt France. Le comité d’entreprise de Photowatt a été informé du processus de cession et de cette idée de séparation d’ATS.

A l’heure qu’il est notre dossier a été présenté à des repreneurs potentiels. Il n’est pas certain qu’ATS arrive à trouver un acquéreur. Si cette situation devait arriver, ATS se séparerait de Photowatt par spin off. Mais, quoi qu’il arrive, Photowatt ne fera bientôt plus partie d’ATS.

Avez-vous frappé à la porte des grands énergéticiens français ?

Les grands opérateurs français ont été approchés. Pas un seul n’a montré d’intérêt pour Photowatt. EDF Energies Nouvelles souhaite privilégier les solutions de First Solar, Total s’est associé à SunPower, GDF n’a pas encore statué sur sa stratégie en matière de photovoltaïque, Schneider Electric s’investit avec Soitec, et Saint-Gobain opte pour des solutions à l’étranger. Et nous, là-dedans ?

C’est malheureux pour l’industrie française que personne ne s’intéresse à Photowatt, d’autant que nous sommes le seul fabricant intégré de panneaux photovoltaïques [qui maîtrise la chaîne de production d’un bout à l’autre, ndlr], à la différence d’autres opérateurs qui n’ont pas le label Made in France, parce qu’ils importent les cellules qu’ils assemblent en France.

Quelles sont les solutions qui s’offrent à vous à présent ?

Depuis l’an dernier déjà, nous avons fait appel à des banques d’affaires, sans rencontrer beaucoup d’écho, car l’entreprise n’était pas compétitive. Nous avons donc cherché dans un premier temps à nous restructurer. D’où le plan social [qui visait près de 200 postes, ndlr] lancé au 1er trimestre 2011 et actuellement en phase d’exécution.

Comme nous n’avons pas les moyens d’augmenter nos capacités de production pour les mettre au niveau de nos concurrents chinois nous capitalisons sur d’autres atouts. Nos concurrents internationaux ont certes une capacité de production dix fois supérieure à la nôtre, mais nous misons sur la qualité plutôt que la quantité. Nous cherchons sans cesse à améliorer l’efficacité de nos cellules et de nos panneaux pour fournir au client des produits haut-de-gamme. Un autre levier possible pour améliorer notre compétitivité est la sous-traitance à l’étranger de l’assemblage de nos panneaux faits avec nos cellules qui resteront produites en France. A ce titre, nous sommes le seul acteur français à pouvoir bénéficier du label ‘Made in France’ car nous y générons l’essentiel de notre valeur ajoutée. Là encore ça sera un atout pour Photowatt.

Il nous faut pour autant trouver un autre moyen de rebondir. Surtout que le moratoire sur le photovoltaïque complique fortement les choses et nécessite que nous trouvions d’autres marchés pour rebondir. Sachant que le gouvernement limite à 500 MW le volume annuel d’installations photovoltaïques en France, et que la moitié des modules viennent de Chine, il ne nous reste que l’export. Heureusement, la demande augmente fortement au niveau mondial, encore plus depuis Fukushima, puisque de nombreux pays prennent actuellement la décision de sortir du nucléaire. C’est une chance pour la filière photovoltaïque. Une des solutions se trouve donc dans le développement de l’export. Nos prévisions tablent sur un retour à l’équilibre financier d’ici fin mars 2012.


Propos recueillis par Laura Heulard

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