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Miriem Bensalah-Chaqroun : "France - Maroc : nous incitons les grands groupes à entrainer les PME dans leur sillage "

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Un entretien express réalisé avec la patronne des patrons marocains à l'occasion du forum France Maroc qui s'est tenu à Paris le 28 mai.

Miriem Bensalah-Chaqroun : France - Maroc : nous incitons les grands groupes à entrainer les PME dans leur sillage
Miriem Bensalah Chaqroun en compagnie de Yvon Gattaz à Paris
© dr

Un grand colloque du Club de Chefs d'entreprise France-Maroc qui a réuni 300 responsables économiques et patrons s'est tenu à Paris jeudi 28 mai. Cette rencontre, organisée à l'initiative du Medef International et de la CGEM a vu la participation notamment du chef du gouvernement du Maroc Abdelilah Benkirane, du ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius, du ministre de l'industrie marocaine Moulay-Hafid El Alamy ainsi qu'un parterre de dirigeants d'entreprises françaises et marocaines de premier plan.

En marge de ce forum, L'Usine Nouvelle a réalisé une interview express de Miriem Bensalah-Chaqroun, fraichement réélue à la tête du patronat marocain sur les orientations qu'elle donnait à cette rencontre ainsi qu'à quelques défis qu'affronte le Maroc.

L'Usine Nouvelle : Quel sens accordez-vous à cette rencontre du Club de chefs d'entreprise France-Maroc ?

Miriem Bensalah Chaqroun : Nous franchissons  une étape supplémentaire dans nos relations à l'occasion de ce forum. Vous le savez, les experts ne parlent plus d’économies nationales mais bien d’économies régionales notamment autour de la Méditerranée ou du continent africain. Nous cherchons ensemble de nouveaux relais de croissance. C’est un fait affiché et nouveau. De notre côté, après le renouvellement récent des instances de la CGEM, nos futurs présidents de commissions vont travailler avec le club Maroc-France pour orienter la coopération sur les nouvelles politiques économiques et sectorielles du Maroc. Car notre pays s'oriente par exemple vers des secteurs comme les énergies renouvelables.

Avez-vous d'autres exemples de coopération ?

La formation professionnelle par exemple, car la compétitivité des entreprises ne passe pas uniquement par des mesures incitatives ou subventions mais aussi par un capital humain plus productif et plus performant pas forcément moins cher mais qui aide à l’amélioration de la productivité et donc à la compétitivité des entreprises. Ce sont des thématiques qui nous permettent d’appréhender mieux la globalisation. Je l'ai dit à la tribune, le Maroc ne vise pas une stratégie low-cost.

Quelle impulsion souhaitez-vous donner aux relations avec la France ?

La France est le premier partenaire du Maroc en terme d'investissements. Nous incitons de plus en plus les grands groupes français et marocains à entrainer dans leur sillage des PME françaises et marocaines. C’est un fait nouveau. Il y a à ce niveau une prise de conscience parce que les PME sont porteuses d’innovation et d'emploi. Ne pas les intégrer, c'est réduire un peu notre compétitivité. Mais il y a aussi le capital humain, l’innovation, la technologie...

C’est-à-dire ?

Il nous faut une offre différenciée dans le cadre des recherches de relais de croissance et comment le faire si ce n’est pas à travers un savoir faire et un prisme nouveau.   Il faut d’autres espaces et  d’autres collaborations bilatérales entre la France et le Maroc. Aujourd’hui, c’est un moment de prise de conscience, notamment sur les PME.

Une question sur l'économie du Maroc alors que va bientôt être préparée le Loi de finances 2016, le secteur productif marocain comprend toujours une part importante de l'informel. Que proposez-vous pour mieux le gérer ?

Cela reste un phénomène de grande ampleur contre lequel il est important de lutter. Il faut à mon sens élargir la base. Il faudra dresser un package incitatif et pas seulement répressif. On pense par exemple à des mécanismes liés à la formation professionnelle ou l'intégration gratuite de droits sociaux etc...

Est-ce que la mise en place prochaine du dispositif de l'autoentrepreneur va dans ce sens ?

Pour une petite partie seulement. Mon propos concerne l'outil productif qui échappe à son devoir de contribution à l'économie via l'impôt et à la communauté d'une façon générale. Celui-là, il faut l'adresser différemment.           

Autre sujet, l'acier fait débat au Maroc dans la mesure où le gouvernement a relancé des mesures de sauvegarde antidumping dans ce secteur pour venir au secours de Maghreb Steel notamment, ce qui n'est pas du goût des industries consommatrices. Etait-ce la bonne décision à prendre ?

Il faut qu'il puisse y avoir un approvisionnement correct du marché intérieur. Il faut se poser autour d'une table car il y a quand même des milliers d’emploi en jeu des différents côtés. Il faut être le plus juste possible.

Quelles démarches pourrait-on mener ?

Les entreprises qui consomment ces produits métallurgiques devraient pouvoir ne pas consommer local si les produits marocains ne sont pas compétitifs, et si ce n’est tout simplement pas possible au plan technique. Vous savez, les chefs d’entreprise sont des gens pragmatiques. Ils doivent avoir accès à une offre diversifiée de matière première. A un moment ou à un autre, c'est difficile de sauvegarder ce qui n’est pas compétitif. Mais pour repenser le modèle, il faut le faire collectivement.

En réunissant tous les acteurs ?

Oui, que ce soit les fournisseurs, les entreprises consommatrices d'acier, les importateurs, tout le monde doit se mettre autour de la table. Je pense que c’est ce qui est en train d’être fait sur ce sujet pour essayer de mettre le curseur là où il faut qu'il soit au niveau des politiques publiques ou des stratégies d'entreprise. Il faut élargir la concertation à tous les concernés et parvenir à des solutions pérennes, pas des mesures qu'on laissera tomber demain pour les remettre au goût du jour ensuite. Les défis sont importants, en termes d'emploi et de développemet de l'industrie tant du côté des producteurs d'acier que des consommateurs.

Enfin, plus globalement vous êtes optimiste sur l'année en cours au plan économique ?

Oui car comme vous le savez le Maroc devrait connaître une croissance bien plus forte en 2015 qu'en 2014.

Propos recueillis par Nasser Djama

Les conventions signés pendant la rencontre économique CGEM Medef  du 28 mai à Paris
 
Ces conventions viennent en complément ou se superposent aux très nombreux accords conclus lors de la "Rencontre de haut niveau" entre Abdelilah Benkirane et Manuel Valls ainsi que de très nombreux ministres à Paris ce même 28 mai.
 
Accord Attijariwafa Bank et Alstom 
Mise en place d’une collaboration dans le cadre des différents projets ferroviaires du groupe Alstom en Afrique subsaharienne. Signature entre Thi Mai Tran, Présidente d’Alstom Maroc et Mohamed El Kettani, PDG  d’Attijariwafa bank. 
 
Accord entre Autoroutes du Maroc et Vinci
Un protocole d’accord de coopération entre les Autoroutes du Maroc et Vinci, qui doit être signé par Fadi Selwan, Directeur Général de Vinci Concessions, et PDG de Vinci Highways   et  Anouar Benazzouz, Directeur Général des Autoroutes du Maroc. Cet accord couvre des projets de coopération, d’échanges techniques et de développement entre les deux sociétés.
 
Accord entre Business France et la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Maroc 
Accord de renouvellement de la Délégation de Service Public (DSP) entre Business France représentée par Muriel Pénicaud, Directrice Générale et la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Maroc représentée par Jean-Marie Grosbois, Président de la CCIFM
 
Accord entre l’AMICA (Association Marocaine pour l’Industrie et le Commerce de l’Automobile) – le Groupe Renault Maroc - Attijariwafa Bank - BpiFrance
L’AMICA représentée par  Hakim ABDELMOUMEN, Président, RENAULT Maroc représenté par M. Jacques PROST, Directeur Général; Bpifrance, représenté par Nicolas DUFOURQ, directeur général et le groupe Attijariwafa bank, représenté par Mohamed EL KETTANI, Président, souhaitent associer leurs atouts, à travers les termes de cette convention, pour coordonner leurs actions, définir une politique globale de soutien, de communication et d’accompagnement des acteurs du secteur Automobile (à savoir le constructeur Renault et les équipementiers Automobiles) afin de développer des partenariats financiers et industriels pour saisir, ensemble, les grandes opportunités  se présentant sur le marché et envisager de la coproduction Maroc- France.
 

 

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