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Midcaps : Mon crédit d'Amérique

Arnaud Dumas ,

Publié le

Pour diversifier leurs sources de financement, des industriels français vont chercher des placements privés aux États-Unis.

En début d'année, le groupe Saft doit faire face à l'échéance d'un crédit en dollars. Pour y répondre et, surtout, pour allonger le profil de sa dette, le fabricant français de batteries décide de s'orienter vers des investisseurs américains pour émettre une nouvelle dette. Par l'intermédiaire de sa banque, il a levé en février 150 millions de dollars (120 millions d'euros) en obligations privées à échéance de 7 et 10 ans.

Les industriels français sont de plus en plus nombreux à avoir ce réflexe. Safran en février pour 1,2 milliard de dollars, Faiveley en avril à hauteur de 75 millions de dollars... Les levées de dette en dollars s'enchaînent. Depuis le début de l'année, la proportion d'émetteurs français sur le marché des placements privés américains (USPP) a bondi à 14%, pour plus de 2,2 milliards de dollars émis, contre moins de 5% auparavant. « Plusieurs raisons expliquent ce regain d'intérêt pour les USPP, estime Marc Boutin, le directeur corporate de HSBC France. Les contraintes de Bâle III qui poussent à la désintermédiation, mais aussi le fait que les entreprises ont de plus en plus de mal à trouver des dettes à maturité longue en France. Les financements bancaires supérieurs à cinq ans se font rares. » Le prix de ces opérations est aussi plus avantageux depuis les difficultés de la zone euro. HSBC estime l'écart de prix entre USPP et obligations en euros à environ 100 points de base.

Ces prêts privés ne sont par ailleurs pas cotés ou échangés en Bourse et ne nécessitent pas d'obtenir une notation de crédit. Les investisseurs américains (des assureurs et des fonds de pension) s'intéressent en outre à des montants compris entre 50 millions et 500 millions de dollars, quand il faut au moins 300 millions de dollars pour aller sur le marché obligataire. Et ils ne délaissent pas les maturités longues (jusqu'à 12 ans). Autre avantage : le marché des USPP ne s'est pas fermé au plus fort de la crise de la zone euro.

 

Dette et risque maîtrisés

Toutes les entreprises n'ont toutefois pas vocation à attirer ces placements privés. Les investisseurs s'intéressent plutôt aux grosses midcaps (dont le chiffre d'affaires est supérieur à 500 millions d'euros), avec un endettement et un profil de risque maîtrisés. « Les entreprises industrielles ou de l'agroalimentaire, plus stables, intéressent beaucoup ces investisseurs, ajoute Marc Boutin. Les sociétés familiales aussi, parce qu'elles ont plus le souci du long terme. »

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