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Microsoft veut marier Windows et Linux dans les grilles de calcul

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Microsoft espère marquer des points dans le HPC ("high performance computing"), un secteur historiquement dominé par les systèmes Unix. La botte secrète ? De nouvelles grilles 'mixtes" intégrant Windows et Linux. Entretien avec Jeff Wierer et Bill Hamilton, directeur et directeur sénior de l'activité HPC de Microsoft aux Etats-Unis, et Arnaud Putegnat et Muriel Barthelemy, chef de produit HPC et responsable commerciale chez Microsoft France.

Microsoft veut marier Windows et Linux dans les grilles de calcul
Jeff Wierer, directeur de l'activité HPC de Microsoft aux Etats-Unis
© DR

Usinenouvelle.com : A quoi sert le HPC ?

Jeff Wierer : HPC (« high performance computing ») est un terme générique utilisé pour définir les calculs de haute performance. Cela couvre les supercalculteurs - des machines très puissantes avec beaucoup de processeurs et de mémoire partagée – et les clusters, autrement dit les grilles de calcul mettant en réseau de nombreuses machines ordinaires afin de réaliser des calculs intensifs et coûteux. En règle générale, le HPC est utilisé pour résoudre des problèmes ne pouvant pas être adressés par une seule machine, notamment dans le secteur public (dans la défense ou dans les centres de recherche). On trouve aussi des grilles de calcul dans la finance, pour la mesure de certains risques, ou dans l'industrie, où elles sont employées pour des activités de recherche et de développement, entre autres pour la simulation.

Vous venez de sortir une nouvelle version de Windows HPC Server 2008 en bêta test. Pour quand est prévue la commercialisation de cette nouvelle mouture ?

Jeff Wierer : Windows HPC Server 2008 R2 a été présenté dans une deuxième version bêta la semaine dernière, après une première bêta sortie en novembre 2009. La version commerciale sortira cet été.

Quelles sont les nouveautés de Windows HPC Server 2008 ?

Bill Hamilton : Il y a d'abord un nouveau système de gestion de clusters de postes de travail (« cluster of workstations »), qui va aider les entreprises à mieux utiliser les infrastructures dont elles disposent déjà. Cette fonctionnalité permet de s'appuyer sur les postes qui ne sont pas utilisés durant la journée ou durant la nuit pour créer des grilles de calcul.

Les entreprises doivent-elles avoir déployé Windows 7 sur les postes de travail de leurs collaborateurs pour avoir accès à cette fonctionnalité ?

Bill Hamilton : Oui. C'est uniquement possible avec Windows 7. Nous nous sommes concentrés sur ce système pour deux raisons. La première, c'est qu'il facilite l'exécution de certaines tâches, en relation avec l'annuaire Active Directory par exemple. La seconde est liée à la performance.

Vous mettez aussi en avant une meilleure intégration des feuilles de calcul Excel sur les clusters. Pourquoi est-ce important ?

Muriel Barthelemy : Il s'avère que, particulièrement dans les institutions financières, les gens ont développé des modélisations financières très complexes dans Excel. On se retrouve aujourd'hui avec des feuilles qui font plusieurs millions de lignes et de colonnes, et qui sont utilisées en faisant des balayages paramétriques sur des valeurs. Les clusters de calculs permettent de gagner du temps, en partageant ces balayages paramétriques sur différentes machines.

Linux domine très largement le marché du HPC. Comment vous situez-vous par rapport à ce concurrent ?

Jeff Wierer : Historiquement, les supercalculateurs viennent du monde Unix et l'arrivée de Linux a offert une alternative bon marché aux systèmes Unix. Comme je l'ai précisé, le « supercomputing » a un passé riche dans le secteur public, où des centres de recherche gouvernementaux et des universités ont les compétences utiles pour développer et maintenir de tels systèmes. Mais il y a cinq ou six ans nous nous sommes aperçus qu'il y avait une réelle demande pour un système Windows dans des secteurs comme l'industrie, la finance ou le cinéma d'animation. La raison : le plus souvent les entreprises de ces secteurs n'ont pas les ressources humaines dont elles auraient besoin pour maintenir des systèmes Linux, plus complexes que ce que nous proposons. Elles veulent s'appuyer sur leurs infrastructures actuelles sous Windows Server. Avec Windows Computer Cluster Server 2003, nous avons donc souhaité démocratiser le HPC, avec une solution unique provenant d'un seul fournisseur. En un mot, nous voulons faire pour le HPC ce que nous avons fait avec les postes de travail.

Quid des entreprises qui utilisent déjà Linux pour leurs clusters ?

Jeff Wierer : Il y a une demande de certaines entreprises pour des grilles de calcul « hybrides », capables de gérer simultanément les systèmes d'exploitation Windows et Linux. Nous avons travaillé avec des partenaires, parmi lesquels Adaptive Computing et Platform Computing, pour développer des solutions permettant de déployer des grilles « hybrides » de ce type. Il y a plusieurs moyens pour cela : 1. le « dual booting », qui permet à l'administrateur de démarrer au choix un cluster sous Linux ou sous Windows. 2. les « dynamic clusters », qui vont permettre d'allouer automatiquement des « noeuds » du cluster à un système d'exploitation donné pour effectuer certaines tâches.

Avez-vous déjà des clients pour cette nouvelle version en France ?

Muriel Barthelemy : Windows HPC Server 2008 R2 vient de sortir en bêta et nous n'avons pas encore commencé les tests en France. Mais nous avons déjà des clients intéressés, par exemple Euro CFD, un bureau d'étude de Belfort spécialisé dans le calcul de mécanique des fluides, qui travaille en sous-traitance pour Alstom et PSA et a actuellement un cluster d'environ 25 serveurs. L'Ecole centrale et Renault nous ont aussi sollicités pour faire des tests.

Propos recueillis par Christophe Dutheil


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