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MICRO-INFORMATIQUEIBM VEUT RECONSTITUER SON EMPIREPrise de contrôle de Lotus et annonce de micro-ordinateurs bâtis sur le PowerPC. Après avoir restructuré son activité PC, IBM entend reprendre l'initiative dans la micro-informatique. C'est vital.

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MICRO-INFORMATIQUE

IBM VEUT RECONSTITUER SON EMPIRE

Prise de contrôle de Lotus et annonce de micro-ordinateurs bâtis sur le PowerPC. Après avoir restructuré son activité PC, IBM entend reprendre l'initiative dans la micro-informatique. C'est vital.



"Impossible de Bousculer Microsoft!" S'agissant de micro-informatique, c'est le développement du sigle IBM qui semble convenir le mieux. Son OPA sur Lotus Development Corp., qui s'est réglée en une semaine, et l'annonce, le 19juin, de la gamme de micros fondée sur la puce PowerPC (du trio IBM, Apple, Motorola), montrent que, après avoir redressé le géant, Louis Gerstner, P-DG depuis deux ans, ne renonce pas à reprendre la main dans la micro face à Intel-Microsoft.C'est même "la" priorité affichée. Car les bénéfices retrouvés (3milliards de dollars en 1994 et 1,3milliard au premier semestre de cette année) masquent en réalité une situation préoccupante. IBM est encore loin d'avoir effectué sa transition du monde déclinant du mainframe vers les créneaux porteurs du client-serveur et de la micro-informatique. En 1994, c'est encore et toujours des grands systèmes qu'il tire le gros de son chiffre d'affaires et plus de la moitié de ses bénéfices. Quant à la PC Company, qui regroupe depuis 1992 les activités de micro-informatique (hors logiciel), elle a non seulement perdu des parts de marché, mais a sombré dans le rouge avec une perte estimée par les analystes à 1milliard de dollars, sur la dizaine de milliards de chiffre d'affaires qu'elle réalise. Dans le logiciel, la situation n'est guère plus souriante. Deux tiers environ des impressionnants 11milliards réalisés dans le software sont liés aux grands systèmes. L'offre IBM pèche dans le domaine en forte croissance du client-serveur, tandis que, en micro-informatique, l'entreprise, hors du coup dans les logiciels d'applications, engloutit des centaines de millions de dollars dans le développement d'OS/2, le système d'exploitation qu'elle peine à imposer. Ce contexte justifie amplement la volonté avec laquelle IBM s'est lancé dans sa première OPA hostile. Une OPA qui n'a rien d'une initiative isolée. Elle fait suite à un colossal effort de reconception de ses produits (les nouvelles gammes ont vu le nombre de composants différents diminuer des deux tiers) et de restructuration de ses unités de production de PC sur trois sites seulement (aux Etat-Unis, au Japon et en Ecosse). Ironiquement, après avoir souffert d'une offre peu adaptée et trop chère, IBM a été victime du succès de ses lignes de produits portables et domestiques, se montrant incapable de satisfaire la demande. L'OPA succède également au chamboulement intervenu dans le top management en janvier dernier et qui a vu l'éviction d'Ellen Hancock, vice-présidente en charge du logiciel et des réseaux, et la création d'une nouvelle entité logiciels, confiée à John Thompson. Ceci - le départ d'Ellen Hancock - explique peut-être cela - l'OPA sur Lotus. Car, en s'attaquant à Lotus, c'est avant tout Notes, son logiciel de partage d'information en réseau, que vise IBM. Et, jusqu'ici, les discussions entamées de longue date avec Lotus n'avaient abouti qu'au développement, en interne, d'un produit concurrent. Avec la prise de contrôle de Lotus, la nouvelle équipe va droit au but et frappe Microsoft là où cela fait mal. Car Notes est (avec Quicken, le logiciel financier d'Intuit que Microsoft a dû renoncer à absorber) l'une des rares épines dans le pied de Bill Gates. Possédant plus de 1million d'utilisateurs et connaissant une très forte croissance, Notes, devenu synonyme de "groupware", ne connaît aucun concurrent sérieux (à part Internet, qui, une fois sécurisé, pourrait lui jouer des tours) et jouit d'une avance technologique de près de deux ans sur les prétendants. Notamment sur Microsoft, qui essaie tant bien que mal de freiner son expansion en promettant un challenger baptisé Exchange. Outre son succès et son adéquation aux besoins en émergence de l'informatique, Notes présente un autre intérêt majeur pour IBM. Il a été développé à l'origine pour tourner sur serveur OS/2, son système d'exploitation micro.

Une énorme force de frappe pour imposer Notes

L'affaire semble donc bonne pour IBM, qui, outre la panoplie de logiciels bureautiques et la messagerie "cc:mail" de Lotus, disposera d'une "killer App" dans l'univers explosif de la micro en réseau. Et le numéro1 possède une autre force de frappe que Lotus pour imposer Notes. A condition de savoir garder les "cerveaux" de Lotus. A cet égard, la conclusion heureuse de l'OPA, rapidement acceptée par Lotus, et la confirmation à son poste de Jim Manzi, P-DG de Lotus, qui deviendrait également l'un des vice-présidents d'IBM, est plutôt un signe positif. Mais un certain scepticisme peut être de mise sur le long terme. Scepticisme aussi sur la capacité d'IBM de maîtriser les pratiques de marketing des éditeurs micro, aux antipodes des pratiques du monde du mainframe. Louis Gerstner semble en tout cas bien averti des problèmes. "We are terrible marketers of software", confiait-il dans une récente interview à "Business Week". Et "terrible" signifiait bien "terriblement mauvais"! Cela dit, au-delà de Lotus, la grande affaire en micro-informatique commencera à se jouer le 19juin avec l'annonce d'une gamme de PC de bureau et de portables (les serveurs suivront en 1996) intégrant le PowerPC, la puce anti-Intel. Des machines qui feront tourner les systèmes AIX, Windows NT et OS/2 (en attendant Solaris et Mac OS). "Le client choisira", dit IBM, qui, naturellement, n'a d'yeux que pour OS/2. Avec cette gamme, il ne s'agit pas tant de contrer le couple Windows-Pentium dans les applications d'informatique individuelle que de se protéger de l'envahissante montée en puissance de ses concurrents. Mis à mal dans le monde du PC, IBM ne tient pas à être progressivement délogé de ce qui était autrefois la chasse gardée de la mini-informatique. C'est pourtant bien le dessein de Microsoft avec son système d'exploitation Windows NT et celui de constructeurs comme Compaq, qui se positionnent désormais clairement sur le créneau des serveurs de haut de gamme. A mesure que l'informatique s'identifie aux seuls PC, IBM, pour reconstruire son empire, veut avoir les mains totalement libres. Il possède déjà tous les maillons technologiques de la chaîne PC, des mémoires aux écrans. Pas question que systèmes d'exploitation et processeurs lui échappent. Pas question non plus de prendre le risque de voir demain Lotus faire la loi sur les réseaux, comme Microsoft le fait aujourd'hui dans les systèmes d'exploitation. Dans cette optique, d'autres étoiles montantes, comme Informix dans les bases de données ou Novell sur les systèmes d'exploitation réseau, pourraient un jour ou l'autre faire à leur tour les frais de cette soif de reconquête. Franck BARNU





USINE NOUVELLE N°2507

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