Michelin transforme ses méthodes de travail

Le spécialiste du pneumatique Michelin est en mutation depuis deux ans. En France, cette transformation passe par un repositionnement de ces usines, mais aussi par une nouvelle organisation du travail: dimanche ouvré, compteur de réactivité... Pour concilier l'"économiquement nécessaire" au "socialement acceptable", Michelin mise sur les propositions de ses salariés.

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Photo Pascal Guittet

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Michelin est en pleine mutation. En Europe, il restructure ses usines. "En France, notre effectif industriel est maintenant stable, nous sommes passés à l'étape suivante de la réorganisation", précise Remi de Verdilhac, le directeur de Michelin France. Depuis deux ans, le spécialiste du pneu repositionne ces usines françaises sur des marchés porteurs pour gagner en compétitivité, à l'image de Roanne (Loire) spécialisée dans le pneu haut-de-gamme depuis peu. 800 millions euros d'investissement auront été réalisés d'ici 2019 pour mettre en place cette mutation. 530 millions d'euros ont déjà été dépensés. 1 000 recrutements en CDI sont à prévoir en 2016.

La transformation passe aussi par une nouvelle organisation du travail. "Nous voulons renforcer la performance et la réactivité des sites. Mais ce qui est économiquement nécessaire doit être socialement accepté", précise Benoit de la Brétèche, directeur des relations sociales France. Pour cela, le fabricant compte sur le dialogue social.

A chaque usine son accord

En France, les 15 sites de Michelin sont spécialisés: Roanne dans le pneu haut-de-gamme, La Roche-sur-Yon (vendée) dans les pneus pour poids lourds, Vannes (Morbihan) dans les composants de fabrication. "Il y a quinze ans les usines étaient multi-produits, mais aujourd'hui elles opèrent sur des marchés différents, les contraintes des salariés sont elles-aussi différentes, remarque Benoit de la Brétèche. Nous avons donc élaboré un accord de compétitivité spécifique à chaque site."

La manière de procéder reste la même: "Nous faisons un diagnostic du problème de l'usine, ensuite une partie des salariés s'organisent en groupe de travail pour faire des propositions, ces propositions sont votées et mises en place." Trois accords de compétitivité sont en cours. A Roanne, une organisation en 5/8 et un compteur de réactivité permettant aux salariés de travailler plus certains jours et de récupérer ensuite, seront mis en place. "Ces mesures ont été proposées par les salariés", précise Remi de Verdilhac. A La Roche sur Yon, la direction devrait recevoir les propositions des groupes de travail en janvier. A Vannes, les discussions ont commencé il y a quinze jours.

Donner plus d'autonomie à ses salariés

Michelin veut aussi responsabiliser ses salariés, et devenir une entreprise "libérée", même si Jean-Paul Chiochetti, directeur du service personnel France n'aime pas le terme. "Depuis un an et demi, sur le site du Puy-en-Velay, les salariés ont eux-mêmes changé le système de pilotage pour la production de pneu pour le génie civil."

Responsabilisation et dialogue social, le tableau n'est pas aussi rose dans l'ensemble des sites du pneumaticien. A Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), les syndicats s'inquiètent pour l'atelier chapetage du site de la Combaude. Ils ne sont pas prêts d'accepter un pacte avec la direction. "Ca ne va pas être facile", reconnait Jean-Paul Chiochetti.

Dans les cinq années à venir, Michelin va faire face à une vague de départs à la retraite. Le directeur de Michelin France voit ces départs comme une "opportunité". Ils évitent d'éventuels licenciements dans certaines branches d'activité peu performantes. Un autre moyen de faciliter le dialogue social.

Marine Protais

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