Quotidien des Usines

Michelin réorganise son outil industriel en France

Pauline Ducamp , ,

Publié le

Pour faire face à la baisse du marché poids lourds, le pneumaticien Michelin va cesser la production de pneus sur son site de Joué-les-Tours. Il prévoit 800 millions d’euros d’investissement d’ici 2019 dans l’Hexagone.

Michelin réorganise son outil industriel en France © D.R.

Après plusieurs alertes depuis le début de l’année sur la question de la compétitivité, Michelin a annoncé lundi 10 juin un plan de réorganisation industrielle concernant ses activités de production de pneus poids lourds, génie civil et agricole en France. La principale décision touche le site de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), où la production de pneus poids lourds s’arrêtera au premier semestre 2015. Cette activité sera transférée à 250 kilomètres, dans l’usine de La Roche-sur-Yon (Vendée).

Pôle de production poids lourds

"Michelin prévoit de sauvegarder la compétitivité de son activité de production de pneus poids lourd en France en transformant le site de La Roche-sur-Yon en un pôle industriel capable de produire 1,6 millions de pneus par an", précise dans un communiqué le groupe clermontois, qui investira 100 millions d’euros pour moderniser l’usine vendéenne. La Roche-sur-Yon deviendra alors un pôle européen majeur de la production de pneus poids lourds, avec une capacité de 1,6 millions d’unités par an.

930 salariés travaillent actuellement à Joué-les-Tours, dont 730 concernés par la fermeture de l’atelier poids lourds. Michelin envisage un aménagement de fin de carrière pour 250 d’entre eux. Les 480 autres se verront proposer des postes dans d’autres ateliers en France. Environ 150 salariés de Joué-les-Tours ont débrayé ce matin dans l’attente des annonces. L’activité ne cessera pas totalement à Joué-les-Tours. Michelin conservera sur place un atelier de produits semi-finis pour fabriquer des tissus métalliques et des membranes. Il emploiera 200 personnes. Michelin annonce un investissement de 22 millions d’euros sur son site d’Indre-et-Loire.

Marché en chute libre

Comme les autres acteurs du secteur, Michelin fait face à une forte baisse du marché européen des pneus poids lourds depuis la crise de 2008/2009. Les transporteurs roulent moins, le marché de pneu de remplacement est directement touché. "250 000 tonnes de pneus industriels ont été produits en France l’année dernière selon l’INSEE, rappelle Bruno Muret, directeur économique du Centre français du caoutchouc et des polymères. Nous sommes sur des volumes inférieurs à ceux de 2007, avant la crise, voire inférieurs à ceux du début des années 2000".

800 millions d’euros d’investissements

La restructuration de Michelin en France ne s’arrête pas à la région Centre. Le pneumaticien a annoncé un investissement global de 800 millions d’euros d’ici 2019 dans l’Hexagone, dont 270 millions consacrés à la modernisation d’ici six ans de son centre de R&D de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Le pneumaticien va également augmenter la capacité de production de deux sites spécialisés dans les gommes pour le génie civil. A Blanzy près de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), Michelin investira 95 millions d’euros pour augmenter de 40% la capacité de production. 160 emplois devraient être créés. 45 millions d’euros seront aussi investis dans l’atelier de produits semi-finis du site. A Blavozy près du Puy-en-Velay (Haute-Loire), le pneumaticien mettra sur la table 50 millions d’euros. A la clé, une capacité de production 30% plus élevée et 90 emplois créés. "Le génie civil est très porteur ces dernières années grâce à une demande soutenue des industries extractives, car ce sont des pneus à haute technicité, même si c’est un segment beaucoup plus petit en volumes", souligne Bruno Muret.

Spécialisation des sites

Plus largement, Michelin compte investir 260 millions d’euros dans tous ses sites français, afin de les moderniser. "Michelin continue à spécialiser ses sites en regroupant les activités industrielles de même nature pour développer des pôles industriels de référence, compétitifs et fortement exportateurs", précise le pneumaticien dans un communiqué.

Pauline Ducamp

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte