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[Covid-19] Michelin veut traverser la crise sans aide publique

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Publié le , mis à jour le 30/04/2020 À 08H26

L'équipementier automobile Michelin a annoncé mercredi 29 avril de nouvelles mesures d'économies pour préserver ses liquidités et traverser la crise du coronavirus, qui a fait plonger de 8,3% son chiffre d'affaires au premier trimestre.

Contrairement à Renault, Michelin veut traverser la crise sans aide publique
Michelin va réaliser de nouvelles mesures d'économies pour préserver ses liquidités et traverser la crise du coronavirus.
© PHILIPPE WOJAZER

Le fabricant de pneumatiques français Michelin a décidé de réduire de 500 millions d'euros ses investissements, de suspendre ses rachats d'actions au-delà de 2020 et de diminuer ses coûts de structure, notamment via un gel des augmentations de salaires. Cette dernière mesure concerne les rémunérations les plus élevées mais ne sera pas appliquée en France, faute d'accord le permettant.

Michelin, dont les ventes trimestrielles sont ressorties à 5,327 milliards d'euros, a vu ses volumes baisser de 11,7% sur la période, et jusqu'à -21% en mars. Incapable de formuler à nouveau des prévisions pour 2020 tant le contexte est instable, le groupe disposait fin avril de 2,3 milliards d'euros de trésorerie et équivalents de trésorerie et de 1,5 milliard d'euros de lignes de crédit confirmées non tirées.

Vers une perte de volumes de -20% à -35%

Grâce à son profil crédit, Michelin a émis depuis le début mars en net un milliard de billets de trésorerie avec une maturité moyenne de 7,5 mois.

"Des tests de résistance ont montré que le groupe disposait de la liquidité suffisante sans tirer sur ses lignes de crédit confirmées de sécurité", a-t-il dit dans un communiqué le 29 avril. "Les hypothèses testées simulent notamment les effets d'une perte de volumes sur l'exercice allant de -20% à -35%."

Pas besoin de prêt garanti comme Renault

Michelin s'estime ainsi en mesure de traverser la crise sans faire appel aux aides publiques, comme le prêt garanti que Renault négocie actuellement pour cinq milliards d'euros, qui vient de recevoir l'aval de l'Union Européenne. "Nous n'avons recours à aucun prêt garanti par l'Etat, nous l'avons exclu d'emblée (...) Nous pensons que ces aides doivent d'abord être destinées à des entreprises qui en ont plus besoin", a dit le directeur financier Yves Chapot dans une interview à Reuters.

"C'est une crise sans précédent, probablement une des plus graves crises auxquelles le groupe ait à faire face depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons les moyens de traverser cette crise", a-t-il ajouté.

 

avec Reuters (Gilles Guillaume, édité par Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse)

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