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Michelin a une usine de retard en Chine

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

Le pneumaticien Michelin connaît une croissance importante dans le premier marché automobile mondial : la Chine. Son empreinte industrielle est insuffisante et l’oblige à importer des pneumatiques.

Michelin a une usine de retard en Chine © Michelin

"A terme, la Chine va devenir notre premier marché". Le constat de Claire Dorland-Clauzel, directrice de la communication, des marques et des affaires publiques de Michelin, est sans appel. Comme les constructeurs, le pneumaticien bénéficie pleinement de la croissance endémique du marché automobile chinois. Un marché qui, selon les dernières estimations de la China Association of Car Manufacturers (CAAM), pourrait atteindre les 24 millions de véhicules vendus en 2014.

Une usine de retard

"Dans le pneu tourisme, une très forte capacité se crée en Chine, relate Florent Ménégaud, numéro 2 du groupe Michelin. La densité dans les villes y est beaucoup plus forte que dans bien d’autres pays et le taux d’équipement en véhicules bien inférieur à l’Europe ou à l’Amérique du Nord. La voiture représente ici la liberté !". D’ici dix ans, en conséquence, le marché du pneumatique pourrait atteindre les 500 millions de tonnes écoulées chaque année, selon les estimations de Michelin. Face à cette croissance rapide, le groupe de Clermont-Ferrand investit pour développer son outil industriel dans le pays, sans entrer dans le détail des montants ou des parts de marché attendus. Mais malgré un rythme soutenu, Michelin a du mal à suivre. "Nous avons toujours une usine de retard par rapport à notre développement dans le pneu tourisme. Et c’est à peu près la même chose dans le poids lourd", concède Florent Ménégaud. Résultat : le groupe importe en Chine des pneus depuis ses usines européennes !

Les process les plus modernes

Michelin dispose aujourd’hui de trois usines dans le pays : une à Shanghai qui produit des pneus tourisme, une deuxième qui produit des câbles et une troisième à Shenyang, le site clé du développement de Michelin en Chine. C’est en effet dans cette ville du nord-est que le Bibendum a débuté sa production en 1998. Obligé par les autorités de fermer cette première usine, pour des questions d’urbanisme, Michelin s’est réimplanté quelques kilomètres plus loin. La nouvelle usine de Shenyang 2 produit actuellement 100 000 tonnes par an, mais est encore en montée en cadence. A terme, elle pourra en produire 250 à 300 000. "En quatre ans, ce site est devenu notre plus grosse usine. Les procédés de production les plus modernes du groupe sont à Shenyang 2", souligne Florent Ménégaud. Michelin dispose également d’un centre R&D qui comptera 200 personnes mi-2015. Son rôle est d’adapter les pneus aux conditions routières difficiles du pays, en dehors des grandes agglomérations.

La prochaine étape industrielle pour Michelin pourrait cependant se trouver plus à l’ouest. "Nous sommes installés près des constructeurs, rappelle Florent Ménégaud. Trois zones concentrent le secteur automobile : Shenyang, où nous sommes, le Grand Shanghai, où nous sommes également présents, et Chengdu-Chongqing. Nous serons donc vraisemblablement dans la région ouest".

A Chengdu, Pauline Ducamp

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