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L'Usine de l'Energie

Michèle Bellon prend la tête d’ERDF

Publié le

Henri Proglio, le nouveau PDG d'EDF, s’est séparé du patron de la filiale de distribution pour la remplacer par une fidèle, qu’il a installée sous son ère Véolia.

Michèle Bellon prend la tête d’ERDF © DR

Des renouvellements de concessions musclés

Suite à l'ouverture du marché de l'énergie, la tâche de la gestion du réseau électrique est désormais entre les mains de deux filiales d'EDF : RTE (Réseau de transport électrique) et ERDF (Electricité réseau distribution France). Contrairement au réseau haute tension et très haute tension, propriété de RTE, le réseau de distribution d'électricité (basse et moyenne tensions) appartient aux communes, souvent regroupées en syndicats d'électrification ou d'énergie pour exercer leur compétence d'autorité organisatrice de la distribution de l'énergie électrique. Dans 95% des cas, ces autorités ont concédé à ERDF l'exploitation du réseau de distribution, mais elles réalisent en général elles-mêmes les extensions et les renforcements en zones rurales. ERDF est alors notamment en charge de l'entretien, de la maintenance et du renouvellement des lignes, et souvent aussi des extensions dans les communes urbaines.

A l’image des contrats de concessions que la commune peut mettre en place pour ses parkings, ses piscines, ses réseaux de télécommunications, la concession est négociée entre la collectivité et ERDF. Les conditions générales de vente telles que les frais de non paiement pour l’usager, les coupures d'électricité, sont discutées. Ce contrat constitue une délégation de service public. Le concédant confie au concessionnaire la responsabilité de gérer un service public sur son territoire. Afin de couvrir les coûts d'exploitation et le financement des investissements, le concessionnaire ERDF se rémunère sur l’usager et verse une redevance à la collectivité, propriétaire. Chaque année, le concessionnaire doit établir des provisions pour l’investissement dans le bien qui lui est concédé pour le rendre à l’état similaire dans lequel il l’a trouvé, appelées «provisions pour renouvellement». En comparaison avec un bail locatif, cela pourrait s’assimiler à un chèque de caution qui ne serait pas rendu. Le montant de ces provisions contrarie en particulier les élus, qui estiment qu'elles ne se traduisent pas en efforts concrets, le réseau étant selon eux souvent vétuste, et sous-investi.

Ce contrat est conclu pour une durée limitée qui peut être de plusieurs décennies. « Cette longue durée a pour but de diminuer, pour les usagers, l'impact annuel des investissements sur le tarif », indique ERDF. Du côté des élus, c’est un autre son de cloche. «Dans les années 90, sentant le souffle de la concurrence arriver via Bruxelles, EDF et GDF se sont empressés de renouveler les concessions pour une durée longue. Certaines collectivités ont par exemple signé des contrats de concessions pendant 20, des fois 40 ans », indique l’un d’eux.

Calendrier des renouvellements des contrats de concession



Après Paris, qui vient de renouveler son contrat de concession de distribution et fourniture d’électricité, de nombreuses communes vont suivre. ERDF sera confronté à un rythme de deux renouvellements par an dans les années qui viennent, puis à un flot massif de renouvellements à partir de 2020.

2013:
- Lyon

2014 : - Communauté urbaine du Grand-Nancy
- Syndicat intercommunal d'Energies de Maine-et-Loire

2015 :
- Syndicat départemental pour l’électricité et le gaz de la Mayenne
- Syndicat départemental d'électricité des Pyrénées-Orientales

2017 :
- Syndicat intercommunal d'énergies et d'équipement du Calvados
- Syndicat Energies Haute-Vienne

2018 :
- Ville de Nîmes
- Communauté urbaine du Grand-Toulouse
- Syndicat départemental d'électricité de la Haute-Garonne
- Syndicat départemental d’énergies du Rhône
- Syndicat départemental d'énergies du Tarn
- Syndicat départemental d'énergie de Tarn-et-Garonne

2019 :
- Ville de Bordeaux
- Ville de Rochefort
- Syndicat départemental d’énergie de Seine-Maritime

2020 :
- Syndicat intercommunal d'électricité de l'Ain
- Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication
- Syndicat intercommunal pour le gaz et l'électricité en Ile-de-France
- Paris
- Syndicat d’énergie des Yvelines

Henri Proglio n’a pas perdu de temps. Arrivé aux manettes d’EDF en novembre, il poussait depuis plusieurs mois vers la sortie le président du directoire de sa filiale de distribution ERDF, Michel Francony, qui a démissionné mardi. Le nouveau patron d'EDF lui reprochait notamment ses relations tendues avec les collectivités (voir encadré), et sa gestion du conflit social, l'an dernier. S’il a su remettre sur le devant de la scène le problème des investissements et de la qualité du réseau, Michel Francony n’a pas apaisé les relations entre ses collaborateurs, en interne. Surtout, Henri Proglio veut donner un nouvel élan à cette entité qu'il estime stratégique, ERDF étant considérée par plusieurs connaisseurs du secteur comme la partie du groupe EDF qui souffre le plus du manque de vision d'avenir. Henri Proglio a dès lors  confié la filiale à une fidèle : Michèle Bellon, directrice générale adjointe de Dalkia, la filiale commune d'EDF et de son ancienne entreprise Veolia.

Le départ d'un baron

Polytechnicien, ancien du service de la tarification, ancien patron d'EDF-GDF distribution, et ancien patron d'EDF Trading, Michel Francony fait figure de parfait baron d'EDF. En 1998, il avait participé avec l'ex-directeur général Pierre Daurès à une fronde contre l'ancien président d'EDF, Edmond Alphandéry. Cela lui avait coûté son poste. Après une traversée du désert sous l'ère François Roussely, il a rebondi sous la présidence de Pierre Gadonneix. Il s’est en particulier occupé de refroidir les ardeurs d’émancipation de la filiale de transport RTE qui était en voie d'autonomisation (sous la Présidence d’André Merlin) et d'assurer la discipline dans la partie distribution qui allait devenir plus tard, en 2007, ERDF.

Au moment de réorganiser sa garde rapprochée, Henri Proglio, proche de Michel Roussely, a demandé à André Merlin de reprendre du service comme président du conseil de surveillance, afin de chapoter le lien avec les filiales RTE et ERDF. Un mouvement qui n'est pas neutre dans le départ de Michel Francony. En effet, le mandat de Michel Francony courait jusqu'en 2012 : l’arrivée d’André Merlin n’était pas de trop au cas où le conseil aurait dû voter contre le patron d’ERDF afin de le révoquer. «Compréhensif», Michel Francony a démissionné.

Une arrivée sous turbulences

Michèle Bellon, quant à elle, est une ancienne élève de l'Ecole centrale Paris. Elle a commencé sa carrière à EDF en 1974, au sein de la direction de l'équipement de Tours, en plein lancement du programme nucléaire. Devenue en 1990 directeur adjoint du Centre national d'équipement thermique, elle prend cinq ans plus tard les postes de directeur adjoint, puis de directeur délégué à la direction du personnel et des affaires sociales d'EDF GDF de 1995 à 199. Directeur adjoint du pôle clients, puis de la division combustibles d'EDF, elle était, depuis 2001, directeur général adjoint de Veolia Energie, rebaptisé Dalkia.

Cette proche d’Henri Proglio devient présidente du directoire d'ERDF à un moment critique : la filiale est tombée dans le rouge en 2009. Surtout, la nouvelle patronne de la filiale de distribution devra prendre à bras-le-corps la difficile tâche des relations avec les concessionnaires, et l’enjeu de l’ouverture des concessions. Les élus locaux ont fait part de leur grogne après la tempête Xynthia : ces derniers soulignent que le réseau d’ERDF, que les lignards de la filiale se sont dépêchés de remettre en état, est devenu très sensible aux aléas climatiques.

En cause selon les élus : une décennie de sous-investissements, à la suite de laquelle les collectivités locales attendent un «rétablissement de la confiance entre les autorités concédantes et le concessionnaire», rappelle la FNCCR. Dernier enjeu et non des moindres, la nouvelle patronne devra peut-être piloter la séparation des activités d'ERDF et de GRDF, gestionnaire des réseaux de distribution de gaz naturel, comme l'a évoqué Henri Proglio lors de l’annonce des résultats en janvier dernier. Si les collectivités ne sont pas a priori opposées à une séparation entre ERDF et GRDF, leur principale préoccupation étant de disposer d’un bon service, il n’en est pas de même pour les syndicats. La CGT, très puissante, souhaite éviter les fermetures d’agences qu’impliqueraient nécessairement les doublons résultant d’une telle séparation. ERDF compte quelque 36.000 salariés - ou 45.000 en incluant les collaborateurs communs à GrDF.



 

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1 commentaire

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18/03/2010 - 17h52 -

Bonjour,

Je me demande quand va-t-on commencer à enterrer les lignes afin d'éviter les réparations post-tempêtes et autres ? ...

Cordialement,
Matthieu
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