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MICADDe la simulation des produits et procédés à l'aide à l'innovationPlus encore que les années précédentes, le grand rendez-vous annuel de la CAO-CFAO a été placé sous le signe de la diversité, avec une foule de nouveautés dans les applications périphériques à la conception. Une grande vedette,...

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MICAD

De la simulation des produits et procédés à l'aide à l'innovation

Plus encore que les années précédentes, le grand rendez-vous annuel de la CAO-CFAO a été placé sous le signe de la diversité, avec une foule de nouveautés dans les applications périphériques à la conception. Une grande vedette, la maquette virtuelle.



L'inspiration des grands leaders du marché de la CAO se tarirait-elle ? Toujours est-il que, dans les allées du Micad, entre les 9 et 12 février, certains ne se privaient pas de dire qu'ils seraient surtout occupés à préserver leurs parts de marché et à acheter concurrents et start-up. La question favorite étant : " Qui sera le prochain acheté ? " " En fait, tout le monde pourrait être acquis. Il suffirait d'y mettre le prix ", résume un vieux routier de la CAO. L'ironie du propos traduit l'ambiance du secteur de la conception assistée par ordinateur et des technologies associées depuis qu'il est touché par les fusions-acquisitions. Mais il est aussi vrai que les Parametric Technology (PTC) et autres Dassault Systèmes, qui ont annoncé l'an dernier de nouvelles gammes de produits - les solutions de gestion Windchill chez PTC, ou Enovia, Catia V5 et Catweb chez l'éditeur français - se concentrent aujourd'hui sur leur commercialisation. En fait, le Micad donne l'impression que la conception proprement dite atteint une certaine maturité, et que l'innovation éclôt surtout dans les domaines périphériques, par exemple l'échange et la gestion de données, la maquette numérique ou virtuelle, la visualisation. Autant d'outils qui répondent à une préoccupation commune : innover plus vite et à moindre coût. Parmi les approches novatrices, le concept de VPDM (Virtual Product Development Management, ou gestion du développement de produit virtuel) figure en bonne place. Avec OneSpace, CoCreate, la filiale de Hewlett-Packard spécialisée en CAO, ambitionne d'introduire de nouveaux standards. Cette solution d'ingénierie fondée sur le Web permet aux intervenants impliqués dans un projet de conception de collaborer de manière interactive en temps réel sur un modèle 3D. En clair, cela signifie qu'un concepteur français peut travailler simultanément avec un collègue américain sur un modèle 3D et le modifier, indépendamment des logiciels de CAO utilisés. Séduisant sur le papier, ce concept semble tenir ses promesses. Tant pour des motifs de délais que de coûts, réduire le nombre de maquettes physiques apparaît comme l'un des grands enjeux actuels. Au sein d'une offre qui s'enrichit, on retiendra entre autres celle de l'éditeur allemand Tecoplan Informatik, représenté en France par Formédia Ingénierie. Indé-pendante des fournisseurs de CAO, sa gamme de produits Virtual Workshop figure parmi les plus attractives du marché. Elle dis-pose d'un certain nombre de fonctions avancées, par exemple en vérification de montage et démontage en dynamique avec détection des collisions en temps réel. Elle se distingue aussi par son intégration des technologies Internet-Intranet pour la collaboration entre partenaires.

Ingénierie simultanée : une cote en hausse chaque année

Sous le signe de l'" usine numérique ", autre déclinaison du même concept, Tecnomatix a annoncé Dyanmo/Pad, conçu pour traiter le " packaging " - il s'agit là non pas d'emballage, mais d'architecture produit -, valider le produit en tenant compte du process et conduire des revues de projet. Tecnomatix vient aussi de faire l'acquisition d'AnySIM, une société allemande avec qui elle collaborait déjà. L'éditeur, qui avait fait de la modélisation humaine l'une de ses spécialités, voit la concurrence se multiplier. L'américain EAI (Engineering Auto-mation Inc.), positionné à l'origine sur le marché des technologies de visualisation 2D et 3D, étend son champ d'activité vers le prototypage virtuel. La mise en place d'une offre globale est liée à une politique d'acquisition soutenue : pas moins de sept en une année. " EAI devient plus industrielle ", remarque Yves Coze, directeur de la filiale française. Etablie en France en 1998, EAI était nouvelle sur le Micad. Avec un " héros " : Jack, personnage principal de Transom Jack, un logiciel graphique 3D permettant de créer ou d'importer des infrastructures, notamment de la géométrie issue de systèmes de CAO, de peupler l'environnement de modèles humains et d'interagir avec la scène virtuelle. Avec ses cinq doigts, ses phalanges et ses seize vertèbres, Jack est aussi réaliste qu'un mannequin virtuel peut l'être. Il est susceptible de prendre toutes les tailles et toutes les formes que l'utilisateur souhaite, ses mensurations étant gérées par un simple tableur. Ce genre de développement peut sembler anecdotique aux non-initiés. Pourtant, il ouvre des voies intéressantes pour approfondir les études d'ergonomie, par exemple.

Le leader des solutions de design industriel et d'animation Alias/ Wavefront entre sur le marché du plan de forme avec SurfaceStudio. Ce logiciel offre des fonctionnalités de modélisation avancée, de " reverse engineering ", de diagnostic temps réel et une technologie de traitement de données scannées de haut niveau. Filiale du constructeur Silicon Graphics, Alias/Wavefront a profité du Micad pour réaffirmer son attachement à son indépendance vis-à-vis des éditeurs de logiciels. Contrairement à ce qu'auraient pu laisser entendre certaines déclarations, la société " n'est pas à vendre ", a confirmé son P-DG, Warren Pratt. " Notre position d'indépendance est renforcée par notre présence chez plusieurs constructeurs d'automobiles, comme Ford, General Motors ou Renault, ainsi que par nos accords de partenariat technique avec des grands fournisseurs de CAO, comme Dassault Systèmes, SDRC ou Unigraphics ", précise Michel Pinon, directeur général France. Si les Alias/Wavefront ou Tecno-matix sont de plus en plus attaqués par la concurrence ou font l'objet de déclarations controversées, cela prouve à tout le moins qu'ils sont devenus des valeurs sûres de leurs marchés respectifs. Mais, alors que les positions semblent bien établies sur le haut de gamme de la CAO 3D et certains créneaux, l'arrivée ininterrompue de nouveaux éditeurs sur plusieurs segments de marché prouve qu'il y a encore des places à prendre. La vogue des solutions intégrées de conception favorise en effet le développement d'entreprises comme SimTech, une petite société française de huit personnes qui a doublé son chiffre d'affaires en 1998. Focalisée à l'origine sur la simulation d'emboutissage avec son logiciel Simex, elle se positionne aujourd'hui dans une perspective plus large de conception intégrée produit-process. Elle distribue également les produits de la société américaine Altair Computing. Parmi eux figure Optistruct. Déjà adopté par les constructeurs d'automobiles français, ce logiciel automatise la conception de pièces mécaniques en proposant au dessinateur une topologie de structures déjà optimisée.

Des SGDT de plus en plus présents

Le Micad aura d'autre part confirmé la vivacité du marché des SGDT (systèmes de gestion de données techniques), ou PDM (Product Data Management), selon l'acronyme américain, de plus en plus utilisé - il reflète mieux la notion de produit, estiment certains. Après avoir été entachés d'une réputation d'" usine à gaz " - en réalité, les produits tenaient plus de la boîte à outils que du progiciel -, tout se passe comme si les fournisseurs voulaient à tout prix persuader les utilisateurs de la simplicité des SGDT. L'offre se renouvelle, le marché s'étend et se consolide. Le stand du pionnier Sherpa a été remplacé par Inso. Inconnu jusqu'ici en France, cet éditeur américain d'outils de publication électronique et de gestion de contenus pour les informations stratégiques des entreprises est le repreneur de Sherpa. Il devrait poursuivre les développements de SherpaWorks, solution gérant tout les types d'informations générées tout au long du cycle de vie du produit, et exploiter la complémentarité avec ses propres logiciels. Présente pour la première fois sur le Micad - en tant que partenaire de SolidWorks -, Agile Software occupe, sur le marché américain, où elle a enregistré une croissance de 500 % l'an dernier, le rôle de la start-up qui remet en cause les habitudes. Après avoir construit son succès sur une offre très ciblée (gestion de configuration, en particulier), elle entend aujourd'hui déplacer le champ d'application du PDM et s'apprête à lancer une solution au carrefour de la supply chain et du e-business. Elle est fondée sur XML (eXtensible Markup Language), un langage adapté au Web, cousin du HTML et que certains voient comme son successeur. L'idée d'Agile Software paraît astucieuse : elle consiste à permettre d'échanger des données industrielles de toute nature (nomenclatures, modifications, dossiers de fabrication, etc.) de la même manière qu'on échange des commandes commerciales entre entreprises. Le concept vise en priorité l'industrie électronique, où les modifications sont particulièrement fréquentes, mais peut s'adapter à d'autres secteurs industriels. Il n'est certes pas destiné à pallier les problèmes d'échange de données techniques. Il semble qu'il faille plutôt le percevoir comme une solution complémentaire, notamment dans la perspective d'une convergence entre la CAO et les ERP, via les systèmes de gestion de données. Autre arrivant sur le marché français, l'israélien SmartSolutions, éditeur de SGDT de la génération 100 % Windows, se positionne sur le créneau des SGDT abordables et faciles à utiliser, et entend proposer un " dénominateur commun " aux applications utilisées dans l'entreprise.

Les nouveaux venus réussissent leur implantation

Dans un tout autre domaine, celui de la CFAO, Cimatron confirme le dynamisme des éditeurs venus d'Isra'l. Son implantation, par la création d'une filiale, en décembre 1997, semble réussie, puisque l'entreprise occupe aujourd'hui quatorze personnes et a gagné plus de trente nouveaux clients en un an. Cimatron, qui présentait la version 10 de son logiciel du même nom, a notamment réussi une percée sur son segment de marché favori, celui des moulistes, auxquels elle propose une solution intégrée, caractérisée par des fonctions avancées de Design for Manufacturing et de fabrication assistée par ordinateur. Enfin, on retiendra encore de ce Micad la surprenante réussite d'Invention Machine. Surprenante dans la mesure où cette société américaine, débarquée l'an dernier avec un concept d'innovation assistée par ordinateur, semble être en passe de créer une nouvelle niche de marché. Son produit, TechOptimizer, qui aide les ingénieurs à innover, a vaincu le scepticisme initial et déjà séduit une trentaine de clients français, dont plusieurs grands groupes industriels. Il s'est notamment enrichi d'un assistant Internet qui offre un accès aux bases de brevets. Dans un futur proche, la gestion des connaissances - avec des outils comme ceux d'Invention Machine, Kade-Tech ou KTI -, la gestion de données et la simulation pro- duit-process pourraient bien occuper autant de place que la modélisation. Laurent Viel



Le " nouveau " Matra Datavision déjà présent

L'accord annoncé en décembre dernier entre Matra Datavision (MDTV), Dassault Systèmes et IBM (voir " L'Usine Nouvelle " du 17-12-98, n'aura pas mis longtemps à se matérialiser aux yeux du public. Dans le catalogue officiel du salon, les premières lignes de la rubrique " Produits et services " résumaient on ne peut mieux le nouveau visage de l'entreprise : " En tant que partenaire stratégique d'IBM, Matra Datavision assure la commercialisation et le support des logiciels d'ingénierie Catia, CatWeb et Enovia de Dassault Systèmes et des solutions e-business d'IBM. " Cela avant même de préciser que MDTV " offre une gamme étendue de logiciels industriels ", s'appuyant notamment sur Euclid 3, Euclid Styler, Cas. Cade, etc. Simultanément au Micad, MTDV achève le parcours légal qui accompagne sa métamorphose. Officiellement, tout se passe pour le mieux, car il n'y a pas de " casse ", en termes d'emploi. " Nous sommes même sur un rythme d'une dizaine d'embauches par mois depuis décembre, déclare Denis Senpéré, directeur général adjoint, précisant qu'il s'agit d'ingénieurs qui interviendront pour des prestations de services chez les clients. Le stand MDTV présentait déjà les produits Catia de Dassault Systèmes. En revanche, les conditions commerciales des offres de migration des produits Euclid (MDTV) vers Catia restent encore à définir. " Les clients MDTV pourront migrer à des prix préférentiels. Le surcoût sera abordable ", assure Denis Senpéré. Sur un plan technologique, on estime que cette migration ne devrait pas être trop délicate. Il existe naturellement une certaine parenté entre les produits de Dassault Systèmes et ceux de MTDV, du simple fait qu'ils ont été conçus par des développeurs qui ont été formés dans les mêmes écoles et appartiennent tous à une certaine " école française de la CFAO ".

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