MétiersIngénieur plasturgiste, un métier tout neuf

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Ingénieur plasturgiste, un métier tout neuf

En juin prochain, l'Ecole supérieure de plasturgie de la vallée d'Oyonnax va sortir sa première promotion: douze ingénieurs de conception. Les promotions suivantes en compteront davantage, jusqu'à un maximum de cent chacune. En Normandie, l'Institut supérieur d'Alençon, qui formait jusqu'ici des bac+4, a accueilli l'automne dernier ses premiers candidats au titre d'ingénieur, qui leur sera délivré dès 1996. Ceux-là s'orienteront plutôt vers la production. Ces deux écoles, complémentaires, ont été voulues et créées par la profession, qui manque cruellement d'ingénieurs capables de maîtriser tous les aspects du processus industriel de la plasturgie. Même en période de récession! Les industriels, en effet, estiment leurs besoins à trois cents ingénieurs par an d'ici à l'an 2000. Car les polymères sont partout: de la maroquinerie à l'automobile ou l'avion, en passant par l'emballage et la chirurgie. La centaine d'ingénieurs plasturgistes aujourd'hui en poste ne suffisent pas à la tâche. Les entreprises s'appuient encore largement sur des autodidactes au savoir empirique. Qui règlent leurs machines comme on règle un moteur, au "ressenti". Précisément, l'un des rôles clés du plasturgiste consiste à apporter une démarche plus scientifique dans l'atelier. Et à intervenir dès la conception du produit. Il lui faut connaître les vingt-trois techniques de transformation du plastique (extrusion, injection, soufflage...) et suivre la sophistication croissante de la gestion de la production. Proche de la recherche, surveillant l'apparition de nouveaux matériaux (en fonction, notamment, de leur utilisation possible au regard de la législation sur le recyclage), il connaît toute la filière. Mais on le découvre tout aussi bien dans les fonctions qualité ou logistique de l'entreprise. La jeunesse du métier explique l'ascension rapide, voire fulgurante, de ces ingénieurs. Il n'est pas rare de les retrouver directeur d'une unité de deux cents salariés ou patron d'un petit laboratoire d'application, après trois ans d'expérience seulement. Et, depuis décembre dernier, les embauches semblent repartir!

Marie-Madeleine Sève



LE RECRUTé

Sabine Eybert-Bérard,

ingénieur plasturgiste, chez Allibert-Industrie

"Le mélange de la science et du terrain me séduit"

Je suis le spécialiste de la rhéologie dans l'entreprise. Un nouveau poste créé à Méru en 1992. J'ai donc été embauchée pour l'étude de l'écoulement de la matière plastique dans les moules. A l'aide de l'outil informatique, je calcule la meilleure position possible des points d'injection. Car de leur emplacement dépend l'excellente qualité finale des pièces pour l'automobile fabriquées par Allibert sur ce site. Elles doivent résister aux chocs et présenter un bel aspect sans jamais se déformer. Mais je ne travaille pas seule. Je parle beaucoup avec les outilleurs. Les moulistes de la vallée d'Oyonnax, par exemple. Je me déplace pour les rencontrer lors des essais. Je leur explique alors les raisons scientifiques des défauts. De leur côté, ils m'exposent les résultats de leurs observations et m'indiquent leurs moyens d'apporter des corrections. Ce mélange de science et de terrain m'attire toujours. Mais toute décision doit être prise très vite!



LE RECRUTEUR

Jacques Bourgine, P-DG d'Augros

"Se confronter au quotidien de l'entreprise"

Nos industries ont surtout besoin de cadres moyens spécialisés. Dans notre PMI, spécialiste du bouchage pour la parfumerie et la cosmétologie, l'ingénieur plasturgiste participe au développement et à la fabrication du produit. Il peut, par exemple, aménager le design des maquettes que nous confient les donneurs d'ordres; avec les chefs de projet du bureau d'études, il en réalise la faisabilité technique (conception des moules, capacités de l'outil de production). Il intervient également dans le choix des résines les plus économiques et dans la qualité pour répondre au cahier des charges clients. Mais ses connaissances techniques ne suffisent pas. Il doit apprendre à se confronter au quotidien de l'entreprise. A animer et à motiver le personnel, sans négliger la délégation. A transmettre son savoir et ses capacités d'analyse; ce qui reste difficile pour les autodidactes, encore nombreux dans la profession. Et surtout, j'apprécie qu'il travaille en direct avec ses homologues des autres services de l'entreprise. Il s'agit là d'une nécessité en termes d'efficacité et de réactivité de l'entreprise.



d'oÙ viennent-ils?

Les écoles les plus citées

Institut supérieur de la plasturgie d'Alençon ; Ecole supérieure de la plasturgie, à Bellignat (Ain) ; Ecole d'application des hauts polymères de Strasbourg. Institut textile et chimique de Lyon ; Ecole nationale supérieure des mines de Douai; Université de technologie de Compiègne ; Ecole supérieure d'ingénieurs en emballage et conditionnement de Reims ; Ecole nationale supérieure des arts et métiers de Paris.



OÙ VONT-ILS?

Vers la direction d'usine ou d'établissement ;

Vers la responsabilité d'un laboratoire de contrôle ou d'un service méthodes et développement.



combien gagnent-ils ?

Débutants : 140 000 à 180000 francs, selon qu'il existe des possibilités de carrière rapides ou non;

Confirmés : 250000 à 300000francs.

USINE NOUVELLE - N°2450 -

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