METIERSIngénieur métrologueLe garant du process qualitéDans la course aux normes ISO, l'ingénieur métrologue joue un rôle clé. Car la maîtrise des instruments de mesure donne toute sa crédibilité au système d'assurance qualité.

Publié le

METIERS

Ingénieur métrologue

Le garant du process qualité

Dans la course aux normes ISO, l'ingénieur métrologue joue un rôle clé. Car la maîtrise des instruments de mesure donne toute sa crédibilité au système d'assurance qualité.



Débit, pression, masse, force, longueur, température, fréquence... Autant de préoccupations quotidiennes pour l'ingénieur métrologue, puisque son rôle, précisément, consiste à quantifier ces paramètres au plus près. Là où ils interviennent : sur le produit ou dans le processus de fabrication. La métrologie reste fréquemment associée à des technologies complexes : spectophotométrie, chromatographie, photogrammétrie. Elle possède pourtant, pour ceux qui l'exercent, l'attrait du concret. " Dans un siècle où l'on mesure tout, des indices de satisfaction au coefficient intellectuel des individus, cette vieille discipline qu'est la métrologie se voit consacrée, car elle s'intéresse à ce qui est mesurable par un nombre : une grandeur physique, physico-chimique ou chimique. Elle cherche à réduire les marges d'erreur, toujours associées au résultat chiffré ", précise Jean Regnault, délégué dans le Nord du Laboratoire national d'essais. Science des incertitudes, la métrologie, et toute sa panoplie d'instruments, constitue aujourd'hui un outil indispensable pour la maîtrise de la qualité au sein de l'entreprise. Et le train de la certification, mené tambour battant par les industriels depuis quelques années, a mis en évidence le rôle, discret jusqu'alors, tenu par les métrologues, véritables garants de la conformité des produits et des process. En témoigne le nombre d'associations ou de clubs de métrologie qui poussent comme des champignons depuis dix ans dans toute la France. Avec des créations récentes, comme le Collège de la métrologie mis sur pied par le Mouvement français pour la qualité en 1991. Ou le Club de métrologie du Nord - Pas-de-Calais, qui draine, depuis 1989, des adhérents de la France entière.

Une fonction stratégique

Et cette vitalité, révélatrice des besoins, concerne tous les secteurs d'activité. La mécanique, l'aéronautique, l'électronique, bien sûr, soumises depuis longtemps aux dures lois des habilitations militaires ! Mais aussi le secteur pétrolier, la chimie, la parachimie et les industries agro-alimentaires, qui s'ouvrent aujourd'hui aux normes ISO. Encore considérée sous l'angle des compétences plutôt que comme un véritable métier - aux Etats-unis, c'est une profession -, la fonction de métrologue devient stratégique. Et recherchée, même si elle est parfois partagée, comme à la Société générale des eaux minérales de Vittel, entre un diplômé ingénieur et un technicien. " Aujourd'hui, les entreprises ont compris qu'il fallait maîtriser et gérer la qualité avant de l'assurer ", affirme Patrick Robineau, responsable du département métrologie-qualité à l'Ecole des mines de Douai. Un mouvement qui semble s'accélérer depuis trois ans, au vu des demandes de stage exprimées par les industriels du Nord auprès de l'école. Dans cette perspective, l'ingénieur occupe une place centrale. A la tête, ou dans un laboratoire, c'est lui qui veille à l'excellent état de toute l'instrumentation dans l'entreprise. De fait, il appartient à une chaîne bien particulière : celle qui permet de raccorder les étalons utilisés dans l'industrie aux étalons nationaux. " Notre laboratoire est reconnu par le Bureau de métrologie national ", souligne Jean-Claude Lyon, ingénieur au laboratoire de métrologie d'Aérospatiale, près de Bordeaux, et qui gère, entre autres, près de quatre mille instruments de mesure. Du coup, les ingénieurs métrologues sont des experts auprès des sous-traitants, pour valider les outillages. A Décines, près de Lyon, dans un autre laboratoire central, celui de Rhône-Poulenc Industrialisation, l'ingénieur métrologue, expertise, audite, propose des méthodes d'étalonnage, des bases de calcul d'incertitude, des techniques d'analyse et de contrôle de procédés industriels. L'un d'entre eux, Jean-Claude Gallio, insiste sur la nécessité de posséder le vocabulaire de normes internationales, de s'informer et d'informer ses correspondants sur les autres sites du groupe. Mais aussi, de participer à des campagnes de confrontation avec d'autres métrologues. Car toute la difficulté réside dans l'analyse des résultats de la mesure. Et là, le doute est plus que jamais permis !







D'OU VIENNENT-ILS?

Formation initiale :

Ecole des mines de Douai, qui propose une option métrologie-qualité.

Université technologique de Compiègne, via la filière contrôle qualité industriel en génie mécanique.

Université de Nancy, qui prépare au DEA métrologie, automatique, électro-technique.

Formation continue :

L'Institut des techniques d'ingénieurs de l'industrie, à Auxerre, propose une option qualité-métrologie.

Conservatoire national des arts et métiers, qui propose, entre autres, un DEA systèmes physiques et métrologie.



Combien gagnent-ils ?

Débutants : comme la moyenne des ingénieurs.

Confirmés : 250 000 francs, et souvent au-delà.



OU VONT-ILS?

Vers des responsabilités dans le suivi de la qualité ou dans celui de la production.

Vers la direction d'un laboratoire de métrologie intégré ou extérieur.



Le Témoin

François Roth, responsable de l'unité prototypes à CMS (Peugeot Sochaux)

" Le métrologue est un juge de paix "

"Rigueur, méthodes, réactivité et même adhésion aux objectifs sont les qualités que nous demandons aux métrologues qui sont nos partenaires. Car nous travaillons pour des clients exigeants : les services des études et des méthodes du groupe PSA, Peugeot Sports, voire des entreprises extérieures. Et comme nous intervenons toujours en phase de prototypage, pour usiner des pièces-moteur à partir de plans détaillés selon leur demande, chaque livraison de pièces est accompagnée d'une synthèse des résultats de mesure dimensionnelle et de conformité. Avec, le cas échéant, mention des anomalies constatées. Cette validation revient à l'ingénieur métrologue et à son équipe. Et, en cas de litige, ce qu'ils ont dit n'est pas contestable. Comme chez un juge de paix ! Mais nous souhaitons aussi qu'ils nous conseillent sur l'acquisition de nouveaux outillages de contrôle. Qu'ils nous éclairent sur leur méthodologie de spécialistes et qu'ils nous forment pour travailler avec eux dans une démarche de qualité totale. "

USINE NOUVELLE - N°2454 -

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte