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Méthodes AGILE : effet de mode ou révolution durable ?

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Tribune Le monde du management n’échappe pas au phénomène de bulles qui gonflent, dopées par un engouement massif, puis éclatent violemment dans un mouvement de panique. Les méthodes AGILE constituent-elles une bulle bousculant le sacrosaint Cycle en V ? Avis d’expert par Christophe Coupé & d’Olivier Feingold de Vinci Consulting.

Méthodes AGILE : effet de mode ou révolution durable ? © D.R.

Entre hasard et nécessité : le besoin d’agilité
Tous les projets informatiques ne sont pas des succès ! Régulièrement, à l’heure du bilan, l’équipe projet est tenue de constater avec regret l’ampleur des dégâts : planning et budget pas maîtrisés ; multiples bugs à la livraison ; inadéquation avec les réels besoins…

Appliquant en ingénierie logicielle des principes empruntés au Lean Manufacturing du modèle Toyota, les méthodes AGILE ont émergé à partir des années 90, pour répondre à un besoin "d’agilité" (réactivité, souplesse). En réaction aux méthodes classiques, elles proposent un développement itératif et interactif, avec une priorité au code et aux tests.

Au coeur d’AGILE : 4 valeurs
Plus que des méthodes, il s’agit d’un ensemble de bonnes pratiques, dont les plus connues sont actuellement Scrum et XP (eXtreme Programming). Pour être AGILE, une pratique doit respecter 4 valeurs :
- Privilégier les individus et leurs intéractions plutôt que les processus et les outils
- Collaborer avec les clients plutôt que de négocier un contrat
- Livrer des logiciels qui fonctionnent plutôt qu'une documentation exhaustive
- S’adapter plutôt que de suivre un plan

Retour au sens : informatique et sémantique
Les partisans des méthodes AGILE reprochent aux méthodes classiques leur incapacité à gérer des cycles de développement courts et à prendre en compte la volatilité des exigences clients. Si ces attaquent mettent l’accent sur les dérives constatées, elles n’en constituent pas pour autant un argument : rien n’empêche d’alléger la gestion de projet classique ; la volatilité des exigences n’est-elle pas liée au manque de sérieux, de méthode et de professionnalisme des acteurs en phase amont ?

Pour comprendre ce qui est véritablement en jeu, il faut s’attarder sur le sens des mots. En 1962 Philippe Dreyfus, ingénieur chez Bull, invente le mot informatique, construit par contraction du mot "information" et du mot "automatique". Pour rappel, un automate est une machine qui réalise des opérations pour lesquelles elle a été conçue. Au sens étymologique, informer signifie "mettre en forme, mettre dans des conditions voulues pour savoir". Un système informatique est donc un ensemble de moyens techniques (matériel, logiciel) permettant la collecte, le stockage, le traitement, le transport et la diffusion de données sous forme électronique. Une donnée informatique devient une information dès lors qu’un utilisateur récupère, interprète et utilise cette donnée pour agir.

Quadrature du cercle : concilier méthode et information
Quand on introduit un système informatique afin d’accroître la productivité (gains de temps, réduction des coûts…), on transforme par conséquent de manière plus ou moins significative les échanges d’information et la méthode de travail.

Si la méthode de travail est simple (ex. tâches répétitives), l’automatisation pourra être réalisée sans difficulté : les gains de productivité seront importants et les utilisateurs soulagés.

Si la méthode de travail est complexe (ex. ingénierie, gestion commerciale), si le processus dans lequel s’inscrit la méthode fait intervenir de multiples acteurs (ex. ingénierie / production / service après-vente), alors l’automatisation se confronte à deux difficultés majeures :
- Comment connaître la méthode à automatiser et la manière dont l’utilisateur traite l’information ? Peut-on la récupérer à partir de la documentation existante et/ou à partir d’un travail de récolte auprès des utilisateurs ?
- Quel sera l’impact d’un automate sur la méthode de travail et la gestion de l’information ? Comment appréhender et prévoir la réaction de l’utilisateur face au nouvel outil ? Comment "informer" efficacement l’utilisateur ?

Une révolution en route
En définitive, ce qui différencie les deux approches (Cycle en V versus AGILE) est la réponse apportée à la question de la connaissance. D’un côté l’hypothèse qu’il est possible de connaître et de formaliser a priori (antérieurement à toute expérience) un système complexe. De l’autre, les méthodes AGILE qui réfutent implicitement cette hypothèse et proposent des pratiques intégrant une connaissance a posteriori des systèmes complexes. Nous vivons tout simplement un changement de paradigme.

Notre conviction est double : plus le système automatisé est complexe, plus les méthodes AGILE sont pertinentes et efficaces ; tous les systèmes simples de l’entreprise ont déjà été automatisés et les gisements de productivité résident désormais dans l’automatisation des systèmes les plus complexes. C’est la raison pour laquelle, loin d’être un effet de mode, l’émergence des méthodes AGILE a ouvert un vaste champ de réflexion et d’action, dont l’avenir reste à écrire…

Par Christophe Coupé & d’Olivier Feingold de VinciConsulting

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