Métaux ferreux : Arcelor se renforce au Brésil

Le géant sud-américain devient une plate-forme d'exportation majeure pour le colosse européen.

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Depuis un an, la hausse massive des tarifs du fret maritime vient modifier la donne dans la sidérurgie. Selon les analystes de Macquarie Bank, le seul transport du minerai de fer ou du charbon ajoute actuellement 25 à 30 dollars au coût de production d'une tonne d'acier. Dans ces circonstances, il n'est pas surprenant que le patron d'Arcelor, Guy Dollé, annonce la construction d'une aciérie près d'un gisement de minerai de fer.
D'une capacité annuelle de 3,5 à 4 millions de tonnes de slabs, le projet nécessitera pas moins de 1,5 milliard de dollars d'inves- tissement. Pour le réaliser, le nu-méro 1 mondial de la sidérurgie s'est associé à des partenaires de poids, Companhia Vale do Rio Doce (CVRD) et Baosteel.CVRD, le premier producteur mondial de minerai de fer et le plus important groupe minier sud-américain, souhaite se diversifier (cuivre, aluminium et nickel), afin d'abaisser, d'ici à 2010, de 81 à 55 % la part de ses revenus (Ebidta) générée par le minerai de fer. Quant à Baosteel, le plus important aciériste chinois, il multiplie accords et investissements (31 % de la consommation mondiale d'acier).
Déjà une forte présence
Le site retenu devrait se situer à Sao Luiz, dans l'Etat de Para. Un emplacement qui bénéficie de la proximité du port en eau profonde d'Itaqui et des gisements miniers de Carajas, propriétés de CVRD, qui fournira le minerai de fer.
En tout, ce sont 2 milliards de dollars qu'Arcelor investira au Brésil pour renforcer l'une de ses plates-formes d'exportation, a précisé Guy Dollé. Acteur majeur de la sidérurgie brésilienne, Arcelor détient déjà 28 % d'Acesita, 54 % de Belgo Mineira, 69 % de Vega do Sul et 30 % de Companhia Siderurgica de Tubarao (CST). Ces quatre aciéristes disposent, avec une main d'oeuvre combinée de 13 600 salariés, d'une capacité de production de 9 millions de tonnes par an. Ainsi, CST, qui en 2002 a exporté près de la moitié des 3,2 milliards de dollars de produits sidérurgiques brésiliens, verra sa production passer de 5 à 7,6 millions de tonnes d'ici à 2006.
« Les sidérurgistes brésiliens sont parmi les plus compétitifs du monde », affirme Guy Dollé. Outre les investisseurs étrangers, le brésilien Gerdau vient d'annoncer la fusion de ses activités sidérurgiques et des investissements de 1,2 milliard de dollars pour doubler sa production, à 6 millions de tonnes. Coïncidence, selon le consultant World Steel Dynamics, l'année 2004 devrait démarrer par une pénurie d'acier.
DANIEL KRAJKA
L'Usine Nouvelle N° 2895 - (27/11/2003)

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