Métaux : Chine, ce n'est qu'un début...

"L'Usine Nouvelle" organisait le 16 octobre une rencontre sur les métaux ferreux et non-ferreux. En ligne de mire : la Chine. Marcel Genet, dirigeant de Laplace Conseil, citait un dirigeant chinois : Nous n'entamons que la deuxième décennie de nos trente

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Métaux : Chine, ce n'est qu'un début...
L'importance prise par la Chine sur les marchés des métaux est actuellement illustrée par une demande globale toujours forte alors que les Etats-Unis, frappés par la crise du subprime voient leur consommation reculer et que l'Europe subit un fort ralentissement. A elle-seule, la Chine assure l'essentiel de la demande additionnelle de métaux, expliquait Jim Lennon de Macquarie Research, lors de la rencontre sur les métaux organisée par « L'Usine Nouvelle ». Cette faiblesse de la demande des pays occidentaux se reflète dans la baisse des premium (prime à la livraison) appliqués dans ces zones.

Entre 2000 et 2006 la Chine a représenté pas moins de 65% de la demande additionnelle d'acier, 57% de celle de l'aluminium, 71% pour le nickel et 93% de celles du cuivre et du zinc. Résultat, entre 2000 et 2006 la demande mondiale de métaux a crû au rythme annuel moyen de 4,3% tirée par une consommation chinoise qui s'appréciait de 18,1% par an. Durant cette période le reste du monde poursuivait une croissance moyenne de 1,5%, en ligne avec les 1,6% enregistrés pendant les deux précédentes décennies. De plus, note Jim Lennon, les évolutions de la demande chinoise se font souvent à contretemps de celle des pays occidentaux. La baisse des cours provoquée par une moindre demande ramène les entreprises chinoises à l'achat, ce qui tend à limiter les possibilités de baisse des prix.

Cette demande chinoise est alimentée par l'industrialisation à marche forcée du pays et le développement de ses infrastructures, mais encore plus par le plus gigantesque mouvement d'urbanisation qu'ait entrepris l'humanité. Selon une étude de Goldman Sachs, la population urbaine en Chine, actuellement de 532 millions devrait passer à 658 millions en 2010 pour atteindre 970 millions en 2020. Pas étonnant qu'un sac de ciment sur deux soit utilisé en Chine. Le pays n'échappera pas bien sûr aux aléas des cycles, mais, finançant lui-même ses investissements grâce à un niveau d'épargne particulièrement élevé il bénéficie, selon Lennon, d'une sécurité supérieure à ceux qui doivent se financer sur les marchés internationaux de capitaux.

Une demande qui peine à suivre l'offre

Depuis quelques années les analystes et les acteurs du marché se sont massivement trompés dans leurs prévisions sur l'évolution de la production, rappelle Lennon. Leurs prévisions pour les métaux, comme d'ailleurs pour le pétrole, ont été largement supérieures aux résultats enregistrés par la production. En 2005 le manque à produire dans le cuivre atteignait ainsi 1 million de tonnes, soir 6% de l'offre mondiale, de quoi bouleverser les fondamentaux et provoquer un envol des cours. Surpris par la vigueur de la demande au début du cycle haussier, les mineurs et les producteurs se sont ensuite heurtés à la pénurie d'équipements et de main d'œuvre qualifiée. L'offre a également subi des grèves, la météo, des accidents, et la baisse en teneur du minerai. Des perturbations qui devraient perdurer et qui, face à une croissance de la demande toujours forte, empêcheront la formation de surplus susceptibles de faire plonger les cours. D'autant que si la Chine va garder le rôle principal, d'autres pays émergents - Inde, Russie, Moyen-Orient, Amérique Latine - montent en puissance.

« L'accroissement de la demande conduit en outre à lancer l'exploitation de gisements moins productifs ou plus éloignés, donc plus cher, ce qui contribuera à la hausse des prix », souligne Marcel Genet. De même la Chine, pour compenser une offre inférieure aux besoins, n'a pas hésité à relancer des capacités minières marginales avec des coûts nettement plus élevés. Pour alimenter ses alumineries et ses raffineries d'alumine elle doit importer au prix fort de la bauxite d'Indonésie. Paradoxalement la Chine qui a les coûts de production les plus élevés dans la filière aluminium est le pays qui a le plus augmenté ses capacités de production. La fermeture de ces capacités en cas de recul des prix - elles deviendraient alors largement déficitaires - rétablirait rapidement l'équilibre du marché en limitant l'offre et stopperait la chute des cours. Mais c'est l'aluminium, le métal qu'elle n'a pas besoin d'importer, qui a subi les hausses les moins importantes parmi les métaux de base.

Les fonds accroissent la volatilité des cours, concède Lennon qui souligne que leur influence est plus importante sur un petit marché comme celui du nickel. Avant l'été les hedge funds avaient prix des positions courtes sur les métaux, ce qui n'a pas empêché le rebond des cours. Depuis, ils se sont remis à l'achat suite à la baisse des taux directeurs décidée par la Fed. Toutefois, pour Lennon, ce sont bien les fondamentaux qui ont poussé les prix des métaux vers des niveaux aussi élevés.

Daniel Krajka

RÉSERVÉ À NOS ABONNÉS

(Numéro d'abonné indispensable : il figure sur le film d'emballage du magazine)
Pour les abonnés aux Indices & Cotations, vous pouvez recevoir ces documents par mail : contact dkrajka@gisi.fr
CLIQUEZ ICI

RENCONTRE SUR LES MATIERES PREMIERES du 16 octobre

  • Prévisions : où en est-on dans le cycle ?
  • Les stratégies des producteurs
  • Comment couvrir le risque de prix sur les matières premières ?

  • Partager

    LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

    LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

    ARTICLES LES PLUS LUS