Quotidien des Usines

MetalTemple Aquitaine pourrait être liquidée

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Jeudi 19 février, les ouvriers de l’usine de Fumel (Lot-et-Garonne) de MetalTemple Aquitaine, spécialisée dans les pièces complexes en acier et en fonte pour l’industrie mécanique, ont installé une dizaine de bonbonnes de gaz autour d’un site touristique pour faire pression sur la justice et les potentiels repreneurs. Lundi, le tribunal de Chambéry (Savoie) pourrait décider de liquider l’entreprise.

MetalTemple Aquitaine pourrait être liquidée © DR

En début de semaine, le tribunal de commerce de Chambéry (Savoie) a jugé insuffisante l'offre de reprise de l’usine de Fumel (Lot-et-Garonne) de MetalTemple Aquitaine présentée par un ancien directeur du site, Francis Pozas, et un commercial de MetalTemple Aquitaine, Alain Royer. Ces derniers proposent de se concentrer sur l'activité acier et de ne garder qu’une vingtaine des 136 salariés de l’entreprise. Le projet n’a pas convaincu les magistrats. Car, l’entreprise est aujourd’hui endettée à hauteur de 20 millions d’euros.

Une situation causée par la perte du principal client, l’Américain Caterpillar, qui représentait 50 % du chiffre d’affaires global de l’entreprise (environ 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013). Durant la période de redressement judiciaire, l'actionnaire majoritaire, Gianpiero Colla, n’a pas pu redresser les comptes.

Les ouvriers menacent de tout faire exploser

Le tribunal de Chambéry a tout de même accordé un sursis d’une semaine aux potentiels repreneurs pour leur permettre de réunir davantage de garanties financières, en l’occurrence 400 000 euros.

De leur côté, les ouvriers sont à bouts de nerf et redoutent plus que jamais une liquidation. Pour faire pression sur la justice, le préfet de région, le conseil régional et les potentiels repreneurs, des salariés ont installé jeudi 19 février une dizaine de bonbonnes de gaz autour du bâtiment à Fumel (Lot-et-Garonne).

Le bâtiment abrite la machine soufflante, dite machine de Watt, un fleuron industriel classé. Cette machine de fonte et de bronze, utilisant l'énergie de la vapeur, est un ultime témoignage dans sa catégorie de la grande ère industrielle française et européenne du XIXème siècle. Elle est aujourd'hui la seule existante en France encore en état de fonctionner. "Plutôt en prison qu'à la rue !", scandent les ouvriers, qui menacent de tout faire exploser.

Créée en 1847, l'usine métallurgique de Fumel a mobilisé jusqu'à 5 500 emplois directs et indirects. Elle a essuyé deux dépôts de bilan en 2003 et en 2009, ainsi qu’une mise en cessation de paiement en 2013. En février dernier, l’usine avait connu un plan social, qui avait entraîné le départ de 67 personnes. Lundi, le tribunal de commerce de Chambéry se prononcera une dernière fois sur le sort de MetalTemple Aquitaine, dont la fin semble toute proche.

Nicolas César

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